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Biographie de l'Ayatollah al-Sayyid Ali Al-hussaini al-Sistani ok 211125

Issu de l'école du Grand Ayatollah al-Khoïe, une figure marquante de la pensée islamique chiite vous est présentée. Découvrez le parcours exceptionnel d'un savant ayant atteint les plus hauts degrés de l'ijtihad.

Biographie de l'Ayatollah al-Sayyid Ali Al-hussaini al-Sistani ok 211125

Biographie

Introduction

Pour plus de la moitié d'un siècle, l'école du défunt Grand Ayatollah Imam Abul Qassim al-Khoïe a été une source d'enrichissement incontestable de la pensée islamique et du savoir. Dans son école graduèrent des douzaines de juristes, hommes de religion et dignitaires qui avaient personnellement assuré de poursuivre sa voie idéologique, pleine de réussites et de sacrifices au service de la foi, de la science et de la société. Parmi ceux-là se trouvent de remarquables professeurs des écoles paroissiales, surtout en ce qui concerne le saint Najaf et Qom.

Certains parmi eux avaient atteint le niveau de l'ijtihad, la capacité d'établir un jugement légal indépendant leur permettant d'assumer le rôle des autorités religieuses suprêmes. D'autres atteignirent des niveaux élevés leur permettant d'endosser les responsabilités d'enseigner et d'éduquer.

Le plus distingué parmi ces imposantes figures est son éminence le Grand Ayatollah al-Sayyid Ali al-Hussaini al-Sistani. Il est classé parmi les plus éveillés, les plus qualifiés, les plus savants des anciens étudiants de l'Imam al-Khoïe. Dans le résumé suivant, nous essayons de tracer une image de son mérite ecclésiastique.

Sa naissance et son éducation

Il est né le mois de Rabi' ul Awwal, 1349 A.H. (1930 A.D.) à Mechhed, le lieu saint de l'Imam Ali al-Réza (a.s.). Sa famille est renommée pour son savoir, sa piété, son engagement. Il fut élevé dans la tradition des musulmans ecclésiastiques chiites et des savants.

Après avoir étudié les niveaux préliminaires (Muqqadimat) et secondaires (Sutooh), il étudia les sciences rationnelles et la connaissance divine sous la surveillance de plusieurs docteurs de cette école ecclésiastique. Il participa aux recherches externes (batitel - khari) – classes de graduation – dans la même école théologique. Il fut au service de la pensée et de la critique textuelle du défunt savant al-Mirza Mahdi al-Esfahani.

Il déménagea alors à Qom, centre d'apprentissage religieux durant la vie de son recteur, l'autorité suprême religieuse du défunt Grand Ayatollah al-Sayyed Hussein al-Borudjerdi, en 1368 A.H. Il y étudia la jurisprudence sous son égide. Il utilisa à bon escient l'expertise juridique d'al-Burujardi et ses théories dans les biographies des transmetteurs de hadith (traditions prophétiques). Il assista également aux conférences du défunt juriste al-Kuhkaman.

En 1371 A.H., al-Sistani se rendit à Najaf, la cité sainte où réside la célèbre école ecclésiastique. Il continua d'assister aux cercles d'étude des hommes de pensée et de savoir comme l'Imam al-Hakim, al-Chaikh Hussain al-Hilli et l'Imam al-Khoïe. Il assistait régulièrement aux conférences de l'Imam al-Khoïe dans la jurisprudence et les fondements de la jurisprudence pendant plus de dix années. En ce qui concerne al-Chaikh al-Hilli, il étudia sous sa surveillance une étude complète dans la jurisprudence.

Il s'est apprêté à la recherche et à l'enseignement depuis 1381 A.H., commençant par la jurisprudence, s'inspirant de l'interprétation du grand juriste al-Chaikh al-Ansari dans son livre al Makasib. Il a également mis en avant le livre intitulé al-Urwat ul-Wuthqa du juriste al-Sayyid al-Tabatabaï. Il commença par donner des conférences dans les fondements de la jurisprudence durant Cha'ban 1384 A.H. Il termina sa troisième année en 1411 A.H. (1990 A.D.). Ses conférences couvrant les deux sujets ont été enregistrées par certains de ses étudiants.

Son excellente science

Al-Sistani surpassa ses confrères, surtout par l'extrême force de ses interjections, sa vivacité d'esprit, sa recherche prolifique dans la jurisprudence et les biographies des transmetteurs, et le fait qu'il tenait à cœur plusieurs théories dans différents aspects des sciences théologiques. Il y avait une grande compétitivité entre lui et le martyr Ayatollah Mohammed Baqir al-Sadr.

En 1380 A.H., en reconnaissance de ses mérites, il lui fut attribué une licence par l'Imam al-Khoïe ainsi qu'une autre par al-Chaikh al-Hilli, certifiant qu'il avait atteint le niveau de l'ijtihad (déduction des jugements légaux en matière de religion). Dans la même année, le distingué savant traditionnel al-Chaikh Agha Bozorgue al-Téherani lui accorda un diplôme prouvant ses capacités dans la science de ilm-é-ridjal (les biographies des hadiths, les traditions prophétiques, les narrateurs du hadith). Il était alors âgé de 31 ans.

Ses travaux

Durant les 34 années passées, al-Sayyid a enseigné les différentes disciplines dans l'école ecclésiastique, a pratiqué des recherches et, par la même occasion, a écrit plusieurs livres sur la jurisprudence, les fondements du système judiciaire et les transactions, ainsi que 12 traités à propos de certains actes d'adoration, une critique sur le traité d'Aradabili parlant de rectifier la chaîne de l'autorité des transmetteurs des hadith, et un traité sur la conduite des savants qui ont l'autorité de rapporter. Ceci s'ajoute à plusieurs manuscrits et manuels religieux de dérogation servant de référence aux imitateurs (Muqallid[s]).

Sa recherche et son enseignement méthodologique constituent une méthode unique concernant les « Fondements ». Sa méthodologie est caractérisée par les points suivants :

  • Discussion sur l'histoire de la recherche qui établit ses racines et sert de pivot en matière de raisonnement philosophique, idéologique, doctrinal et politique. Par exemple, sa recherche sur la question du ta'hadul proportionnel et du taraajeh prépondérant, dans laquelle il explique que les différences dans les textes de tradition proviennent du conflit idéologique et du climat politique prévalant aux temps des Imams. L'approfondissement devait être clair à la révélation des différents aspects du problème et des notions discutées.
  • La relation entre la pensée théologique et les cultures contemporaines. Dans son traité sur la différence entre la compréhension nominale et littérale, et si elle est subjective ou perçue, il prône l'interprétation de l'auteur du Kifayetelusol qui maintient que la différence est perçue ; toutefois, il le justifie en se référant à la théorie moderne philosophique de la réalisation intellectuelle accumulative qui tourne autour de l'activité du cerveau humain et sa créativité, dans laquelle on pourrait couvrir deux perspectives différentes.
  • Une indépendance claire qui est exprimée comme un « nom » et l'autre par les moyens du mécanisme et de la contraction exprimée par « lettre ». Il prend le même chemin lorsqu'il discute du conflit entre les savants à propos du « temps », citant certains exemples.
  • Donner du poids à l'exploration des origines de la jurisprudence et laisser aller avec l'indulgence dans la recherche sans fruit qui est jusqu'à présent en excès, comme ses bénéfices d'agrandir l'horizon des juristes en discutant le statut de la connaissance et les problèmes inhérents à la définition de la « connaissance » des philosophes.

Créativité et approche moderne

En dépit des professeurs traditionnels de théologie qui n'ont aucune tendance à être créatifs, al-Sayyid et le martyr al-Sayyid al-Sadr constituent une classe. À part cela, ils vont beaucoup plus loin lorsqu'ils donnent une réponse à un problème donné et ont toujours l'intérêt de la recherche à l'esprit. Notamment, al-Sistani approche le problème de l'usage du mot dans différents aspects comme une recherche rationnelle et philosophique, alors qu'il en parle comme une perspective de fréquence, parce qu'une telle discussion offre la plus grande preuve de la possibilité.

Il en parle également à partir de la signification évidente du texte et de son sens caché. Quand il s'apprête à discuter de la question de la proportionnalité et de la prépondérance, il maintient que l'idée principale de la discussion réside dans les causes de variations des textes de tradition. Si ces causes sont examinées en usant de l'évidence historique, et les différences dans les textes légaux montrent bien le problème complexe que le juriste doit confronter, le chercheur et toute personne voulant utiliser les textes du Prophète et de sa progéniture disparue, en retour, cela rendrait le rapport sur la prépondérance et le changement superflu. La même question fut traitée par le martyr al-Sadr qui en parle seulement d'un point de vue rationnel.

La comparaison entre les différentes écoles de pensée afin de promouvoir une étude poussée sur n'importe quel sujet. Al-Sayyid al-Sistani a comparé ses recherches avec celles d'Al-Mirza Mahdi Al-Esfahani (l'un des oulémas de l'école de pensée de Mechhed), d'al-Sayyid Al-Burujardi (symbole de l'école de pensée de Qom), et des trois critiques textuelles contemporaines, ainsi que d'al-Chaikh Hussain al-Hilli et d'al-Sayyid al-Khoïe comme représentants de l'école de pensée de Najaf.

Sa méthodologie juridique

Sa méthodologie juridique possède les caractéristiques distinctes suivantes :

  • Jurisprudence comparative entre le chiisme et le sunnisme : Avoir la connaissance de la pensée contemporaine juridique du sunnisme par rapport au temps du texte, comme le contenu du Malik Muwatta et Abu Yusuf Khimaj, nous élucide les opinions et les buts des Imams (a.s.) à leurs époques. C'est le cas dans ses références concernant les lois irakiennes, égyptiennes et françaises où il discute du livre intitulé Le contrat de la vente et le droit d'annuler. Cela nous permet d'élargir nos horizons en analysant les principes juridiques, d'agrandir leurs buts et de répandre son utilité pratique.

La créativité dans l'approche

Contrairement aux ecclésiastiques traditionnels qui suivent littéralement ce qui leur a été enseigné, l'approche d'al-Sayyid al-Sistani des principes juridiques est caractérisée par le fait qu'il donne du poids à ces principes en les réinterprétant. Citant un exemple, le principe d'ILZAM de la contrainte est expliqué par certains juristes : un musulman pratiquant pourrait avoir recours à d'autres écoles de pensée des lois islamiques afin que ses intérêts personnels soient le mieux servis, malgré que son école de pensée ne l'approuve pas. Al-Sayyid al-Sistani interprète cette pratique sur la base du « respect (ihtiram) », c'est-à-dire montrer du respect pour d'autres croyances et opinions.

Il a établi son interprétation sur la liberté d'expression, comme lorsque l'on dit : « Chaque personne a sa propre façon de mener son mariage », alors que « l'absence de loi dans le mariage pour un polythéiste » en analysant le texte dans son contexte social et en l'analysant dans son climat social et les circonstances affectant son implication permet de mieux le comprendre et nous permet d'en déduire un profond jugement légal. Voilà l'approche d'al-Sistani. Citons lorsqu'il traita du hadith rapporté sur la tradition du saint Prophète (p.) à Khayber « interdire la viande » : son interprétation est qu'une telle interdiction devrait être réduite à cet événement particulier à ce moment précis.