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Code pratique de l’unité islamique

Découvrez comment la dissension dans le monde islamique a évolué depuis les origines, et comment chaque schisme a engendré de nouvelles dérives loin du droit chemin tracé par le Prophète.

Code pratique de l’unité islamique

L’aperçu historique du mouvement de schisme dans le monde islamique

La dissension dans le monde islamique a connu une évolution significative tout au long de son mouvement historique… et chaque phase de schisme a constitué la conséquence de la déviation du droit chemin et la cause en soi du dédoublement de ladite déviation. Les musulmans, qui sont tombés du sommet de l’unicité, lequel est incarné par le traité de réconciliation de Médine (rédigé des mains du noble Prophète – salut et paix sur lui et sur sa famille –), sont entraînés vers le précipice du schisme et vers un déclin certain.

Il est notifié, dans l’une des clauses du traité de réconciliation de Médine : « Ces écrits sont un acte d’engagement de la part de Mohammad, le Prophète, ainsi que des croyants et des musulmans de la tribu de Qurayshite, du peuple de Médine et de ceux qui sont fidèles aux musulmans, lesquels leur sont alliés et combattent à leur côté, dans le chemin de Dieu ; ceux-ci constituent, entre eux et ensemble avec d’autres gens, une communauté… Les alliés de l’Islam ne doivent pas, dans l’acquittement du prix du sang et dans la situation difficile, abandonner le musulman… Toute personne juive qui s’allie à nous, aucune injustice et aucune discrimination ne seront commises à son égard et elle jouira d’une assistance équivalente à celle du musulman. La réconciliation concerne tous les croyants sur un même pied d’égalité. Le croyant ne doit pas, pendant la bataille dans le chemin de Dieu, se séparer des autres croyants, sauf sur la base de l’égalité et de la justice entre eux, en se réconciliant avec l’ennemi… »

La déviation qui, dans la marche de la communauté, a favorisé la prolifération des doctrines au sein de cette dernière, est apparue à l’époque de Mu‘awiyah et à celle d’après lui, avec le changement dans le système politique musulman et la mutation du système de Khalifat au système monarchique. L’avènement de l’autocratie et du pouvoir héréditaire a causé la multiplicité des doctrines qui, à leur tour, ont assuré la pérennité et la campagne de cette autocratie. Cette dernière s’est introduite, graduellement, dans le monde islamique et, en affaiblissant les musulmans, elle a préparé le terrain à la domination, à la colonisation étrangère mongole et au renversement du Khalifat des Abbassides.

La domination coloniale mongole a fait surgir, cette fois-ci dans les systèmes politico-sociaux, avec le morcellement des pays islamiques et des musulmans, une nouvelle phase du schisme. Bien que les Mongols, dans l’absorption du riche culture islamique, en aient été assimilés, vers les dix-neuvième et vingtième siècles, cette fois-ci, une autre forme du colonialisme venant de l’Occident, avec une culture dévastatrice, a envahi et a accru son influence sur le monde islamique ; celle-ci a fait apparaître la forme la plus sombre et la plus hypothétique du schisme et de la dissension, et a intégré les musulmans dans son propre système d’unions politico-sociale et économique. Elle a ainsi établi l’une des frontières les plus solides du schisme entre les musulmans.

Les racines et les causes du schisme

Les causes du schisme et la recherche de l'unité islamique

Les différents types de causes du schisme doivent être étudiés dans le cadre de la recherche des voies et moyens pour établir l'unité islamique. On peut, dans une classification générale, répartir ces causes en plusieurs catégories, selon des centres politique, doctrinal et idéologique :

  • Causes lointaines : L'hypocrisie féconde, la mauvaise pensée et la cupidité. Ainsi, l'Imam 'Ali (paix sur lui), dans Nahjul'balagha, indiquant la racine principale du schisme des musulmans, a dit :
    « Ma farqu baynakum illa khubsu sara'ir wa su'u dhamair » (Rien ne peut causer votre dissension, sauf l'hypocrisie féconde et la mauvaise pensée.)
  • Causes de discernement : Elles sont de trois sortes :
    • Les différences dans les sources d'acquisition des connaissances ;
    • Les différences dans les méthodes pédagogiques concernant l'acquisition des connaissances ;
    • L'ignorance.
  • Les transformations sociales : Les différences et les contradictions dans l'interprétation et l'approche de rencontre et de rapport des musulmans avec ces réalités.
  • La divergence et la pluralité de directions : La séparation nette de la direction en différents types (direction politique et direction religieuse).

La question identitaire

S'agissant de l'origine de l'éclosion de différents types de frontières dans le monde islamique, il existe des réponses divergentes et variées. Lorsque le musulman se heurte, dans son système de croyance, à la question : « Qui sommes-nous et moi, suis-je membre de quel nous ? », les frontières entre les musulmans apparaissent clairement selon la tournure que prend la réponse à cette question identitaire. Voici quelques réponses à cette question :

  • Première réponse : Une frange des musulmans perçoit le « moi » individuel comme membre à part entière du « nous » sectaire et doctrinaire. Les adeptes de cette croyance répondent d'abord : « Moi, je suis chiite et membre de la communauté chiite » ou « je suis sunnite et membre de la communauté sunnite ».
  • Deuxième réponse : Un autre groupe de musulmans perçoit son identité (« Qui suis-je ») dans son appartenance ethnique. Il se considère, avant toute autre forme d'identification, comme Arabe, Perse, Turc, Kurde, etc. Pour les tenants de cette idée, l'appartenance à une doctrine (chiite ou sunnite) importe peu, de même que le fait d'être musulman ou chrétien. Il suffit que l'on soit en communion avec l'appartenance ethnique pour être considéré comme une partie intégrante de sa société.
  • Troisième réponse : Au vingtième siècle, plus précisément après la Première Guerre mondiale, une autre réponse fut donnée à la question identitaire : le principe de production est devenu la nouvelle forme des frontières entre les musulmans. Avec l'introduction du modèle politico-social dans l'identité nationale, les musulmans sont classifiés dans des formes et configurations nouvelles de frontières dans le monde islamique.

Identité sociale et politique dans le monde musulman moderne

La conception traditionnelle de l'identité nationale

L'idée maîtresse qui a guidé le regard des musulmans sur leur traversée de cette période, en rapport avec leur propre identité sociale, fut influencée et représentée par deux éléments principaux : le système politique (l'État) et l'unité sociale moderne (la Nation). Ainsi, ceux qui vivent à l'intérieur des frontières nationales, sous la juridiction d'un système politique – l'entité administrative en question – sont appelés Nation. En mettant de côté la religion, la doctrine, l'appartenance ethnique et autres considérations, on se considère, dans la providence et dans les profits nationaux distincts et autonomes, comme une unité sociale indépendante des nations voisines.

Différentes réponses furent avancées au cours du vingtième siècle. L'essentiel des musulmans – iraniens, irakiens, turcs, afghans, jordaniens et autres – a donné une réponse à cette question identitaire ; la plupart d'entre eux ont toujours réservé cette même réponse. (8)

Vers une nouvelle réponse identitaire : l'identité islamique supérieure

Quant à l'ensemble des facteurs qui, dans la période comprise entre les deux et les trois dernières décennies, ont attiré les musulmans du monde vers une nouvelle réponse, néanmoins authentique, à la question identitaire – à savoir que l'identité islamique est supérieure à la doctrine, à l'appartenance ethnique, à la nationalité et autres – voici quelques facteurs révélateurs de cette nouvelle réponse :

  • La révolution islamique en Iran : La révolution, avec la jonction du qualificatif islamique, revêt le sens d'une hyper doctrine et d'un hyper chiisme. Ainsi, les effets engendrés par celle-ci sont visibles dans la région du Moyen-Orient et dans le monde islamique. Elle a constitué, en résumé, le facteur le plus important. (9)
  • La mondialisation : Le développement des outils de relation sociale dans le monde et au sein des musulmans, ainsi que la mondialisation et ses conséquences dans différents centres culturels, économiques, politiques et autres, a changé graduellement les réponses identitaires et a suscité, au vingt et unième siècle, de nouvelles classes identitaires parmi les peuples du monde, entre autres les musulmans. (10)
  • La question de la Palestine : La question d'Al-Qods et de la Palestine, en tant que question internationale, dans l'apogée des luttes islamiques, a mobilisé le peuple palestinien sous l'enseigne de l'Intifada et sous les auspices permanents de l'Iran islamique, en tant que pôle d'influence chiite à l'idéal de la Palestine – dans laquelle la majorité des habitants est constituée de sunnites – et a eu beaucoup d'influences dans la renaissance de l'identité religieuse islamique ou l'identité de l'unique communauté islamique parmi les musulmans.

L’islamophobie

Venant de l’Occident, la culture islamophobe, ainsi que ses médias de masse, après les événements du 11 septembre, a pris des proportions inquiétantes. Ayant fait du fondement de l’islam – c’est-à-dire la cause commune de l’identité de tous les musulmans – le sujet d’attaque, elle est considérée comme l’inspiratrice et la restauratrice de l’identité commune des musulmans, même si elle n’a en aucune manière suscité, dans leur milieu, une action, une réaction et un appui scientifique.

Quoique le rapport des musulmans avec les doctrines et les appartenances ethniques fût différent, avec l’avènement de « l’islamophobie », il est devenu plus proche et plus concret (pareil pour les minorités en Europe et en Amérique du Nord). Leur identité islamique commune, extranationale, extra-doctrinale et extra-communautaire, est devenue plus visible. (11)

Le plan aérien de répartition des musulmans

La préparation, ainsi que l’élaboration, du plan aérien de répartition des musulmans constitue l’un des impératifs dans la rédaction du code pratique de l’unité. Les configurations et les portions de leurs frontières, dans le plan aérien de répartition d’un demi-milliard de musulmans, sont fractionnées et réparties en différentes unités naturelles et subjectives. (12)

L’unité, au sens du mouvement orienté vers la réflexion sur l’incidence dans les frontières et la suppression ou la réduction des frontières de différence et de divergence entre les musulmans, nécessite la connaissance des types de frontières existantes et la classification de celles-ci, sur la base de la possibilité de changement et d’incidence sur ces dernières.

Il est probable, dans une classification générale des types de frontières existantes entre les musulmans, que les hommes soient susceptibles d’être scindés en deux catégories : ceux qui ne sont pas sujets au changement et ceux qui le sont :

  • La couleur, la race, l’appartenance ethnique, etc., sont parmi les différences et les frontières séparatrices des musulmans ; celles-ci restent en dehors du cercle de transformation et d’évolution de l’homme, et demeurent également en dehors de cette notion d’unité, dans le sens de suppression des frontières et des différences.
  • Quant aux types de frontières, de différences et de divergences sujets au changement, ceux-ci, en rapport avec la nature et la contrainte de celle-ci, se divisent en deux configurations : naturelle et artificielle.

Une série de frontières et de différences naturelles

Une série de frontières et de différences se découvre naturellement dans la nature, tels un modèle architectural, une couverture, ou encore une langue et une pluralité de dialectes. Cette suite de différences et de frontières de divergence entre les musulmans est sujette au changement ou à l’effacement, bien qu’elle ait pris racine dans le cercle de l’évolution de l’homme. D’autre part, l’Islam reconnaît cette multitude et cette diversité, du fait qu’elle est issue de la nature même (environnementale, géographique, etc.).

Si la différence, dans le modèle architectural d’une mosquée en Chine avec celui d’une mosquée en Afrique centrale, disparaissait totalement, à quel point les deux mosquées perdraient-elles de leur intérêt principal ? Puisque chacune d’elles est construite conformément aux conditions climatiques de la région, l’architecture ne fait qu’obéir à ces conditions. De même, le climat des pays scandinaves exige un genre et un type particuliers d’habillement ; la tenue des musulmans de cette région diffère nécessairement de celle des pays arabes du golfe Persique.

Les séries évoquées, les divergences et les frontières entre les musulmans sont en dehors du cercle de l’étude sur le code pratique de l’unité islamique. Ce dernier vise la série pour laquelle les différences et les frontières sont, premièrement, sujettes au changement et, deuxièmement, non issues de la nature et de la sollicitation du tempérament humain. Au contraire, elles résultent de l’imposition de certaines personnes, de certains groupes et systèmes politiques sur la communauté islamique tout au long de l’histoire.

Par exemple : la différence de nationalité, les sectes, le nombre de systèmes politiques et l’opposition, ainsi que la contradiction de croyance persisteraient tant que les uns considéreraient les autres comme étant en dehors de la religion.

La nécessité de l’union et les obligations du code pratique de l’unité islamique

Lorsqu’on réalise que le seul regard que l’on doit avoir sur la vie est bel et bien le regard social, c’est à ce moment que l’on saisit le mieux la nécessité de l’unité et de la concorde islamique. L’individualisme démesuré, ainsi que l’individualisme présomptueux — qui est la forme la plus pernicieuse d’individualisme — est une chaîne posée sur le pied de l’esprit et du corps des musulmans.

L’individualisme présomptueux s’entend comme la pratique d’une religion individuelle et l’observation d’une démarche individuelle distinctes du commun des mortels, dans le domaine de la vie et dans la voie de la perfection idéale. La personne qui se nourrit de cette forme de croyance, dans laquelle il est possible de progresser seul vers la perfection, sans aucune collaboration ni relation avec les autres, est, en principe, en dehors de l’inévitable cercle des ressources vitales. Elle ne ressent pas le besoin d’établir des relations sociales, jusqu’à ce qu’apparaisse la nécessité d’une unité plurielle et communautaire.(13)

Le jugement et la croyance des religieux musulmans face à l’unité islamique

Au cours du siècle dernier, le jugement et la croyance des religieux musulmans ont été affectés par un fléau : ils ne saisissaient pas assez la nécessité de l’unité islamique. L’éclaircissement de cette nécessité et l’élimination de ce fléau, en ce qui concerne les obligations du code pratique de l’unité, font partie intégrante du système de croyance des musulmans.

Le mécanisme du mouvement vire, théoriquement, de la situation existante vers la situation idéale, dans le cadre du code pratique de l’unité. Parmi les obstacles à l’acquisition de ce mécanisme, on trouve :

  • La complexité dans l’analyse de la situation existante au sein du monde islamique, d’une part ;
  • La difficulté dans la représentation de la situation idéale, en vue d’imaginer la stratégie et le code pratique de l’unité.(14)

Le manque de détermination et de désignation précise de l’exécutif et du système exécutif, ainsi que la permanence de cette situation de manque, constitue l’obstacle le plus important dans l’avancement de la rédaction d’un tel code et dans toute forme d’adoption de stratégie relative à l’unité islamique.

Toute forme de mouvement nécessite la connaissance complète de l’ensemble de ses membres et la conviction dans sa continuité. Si le code pratique de l’unité est réservé seulement à la République Islamique d’Iran, cette difficulté est supprimée, étant donné que les membres, le système exécutif et sa continuité sont clairement spécifiés. Quant à la rédaction du code en tant que mécanisme de fonctionnement de la communauté, dans une voie pleine d’embûches et de tournants, le passage de la situation existante à l’idéale, sans la désignation et la distinction précises des guides et du système exécutif, s’avère extrêmement difficile.

Pour cette raison, ce manque doit aussi, en tant que l’une des réalités dans l’avancement du code pratique, entrer en ligne de compte et faire l’objet de débats, afin de parvenir à s’abstenir, avec son insertion à côté des autres réalités, de l’idéalisme démesuré dans les obligations et les prohibitions — c’est-à-dire dans l’ordonnance de ce qu’il faut faire et de ce qu’il ne faut pas faire.

De même, il paraît que, dans la République Islamique, cette réalité fut le fondement de la stratégie de rédaction de la perspective des vingt années du gouvernement de la République Islamique et le début de la marche de l’Iran dans cette direction. En ce sens que, bien avant la rédaction du code pratique de l’unité islamique — qui est lié, généralement, à une durée non encore déterminée et à un système exécutif non encore connu —, la perspective des vingt années du gouvernement de la République Islamique fut déjà rédigée.

En outre, dans la rédaction du code pratique de l’unité, on doit adopter la stratégie de suppression de la contradiction parmi les acteurs œuvrant pour l’unité du monde islamique. La forme et le choix de relation de la République islamique avec les pays, les nations islamiques et tous les acteurs de la place de l’unité constituent en soi une partie de la mise en œuvre du code pratique de l’unité ; ils entrent en ligne de compte avant la rédaction de cette dernière.

La mondialisation et l’unité islamique

L’unité du point de vue de l’architecte de l’idée « le code pratique de l’unité islamique » (le Guide de la révolution islamique)

Voici quelques principes de pensée et une partie des points de vue les plus importants du Guide de la révolution islamique, au sujet de l’unité islamique :

  • L’unité entre chiite et sunnite est vitale, mais ne nécessite pas une intégration doctrinale :
    « En plus, le sens de l’unité islamique est clair. L’idée ne consiste pas du tout dans la fusion des doctrines en une seule. Certaines personnes, pour parvenir à l’unité des musulmans, rejettent les doctrines ; pourtant, le rejet de celles-ci ne résout nullement le problème ; par contre, leur affirmation contribue à la résolution du problème. »
  • L’affirmation de la différence islamique dans la communion des principes : L’unicité de Dieu, de la direction, du livre et du Prophète.
    « À notre avis, la différence entre chiite et sunnite, en réalité, n’existe pas ; puisque dans les principes de base de l’islam – lesquels, si on les ignore, on n’est pas compté parmi les musulmans – il y a une véritable communion, c’est-à-dire que les deux doctrines admettent une seule direction, confessent la foi en un seul Dieu, croient en un seul Prophète, approuvent un seul livre et observent les mêmes jugements et les mêmes principes. »
  • L’appartenance ethnique n’est pas du tout le critère de détermination identitaire :
    « L’islam affirme que l’appartenance ethnique ne constitue, en aucune manière, un critère de différenciation et d’identification. L’islam atteste que l’appartenance ethnique n’est pas une référence dans la distinction et la reconnaissance : 'Certes, le plus noble d’entre vous, auprès d’Allah, est le plus pieux.' L’islam soutient que les musulmans sont des frères et qu’ils doivent se comporter comme tels ; cependant, il n’a pas restreint cette fraternité entre chiites ou entre les partisans d’une autre doctrine quelconque. »

L’unité bénéficie d’un traitement de faveur parmi toutes les nécessités et les priorités du monde islamique

Le noble Prophète (paix sur lui et sur sa famille) est le ciment de l’unité de la communauté islamique : « En tant que pivot de l’unité du monde islamique, on peut faire de l’existence sacro-sainte du Prophète une marque de croyance pour tous et un point d’accumulation d’affections de tous les humains. Nous musulmans, nous n’avons aucun symbole aussi manifeste qu’universel que l’existence sacro-sainte du Prophète. »

La question du guide dans le monde islamique

La situation réglementaire de la direction, dans le monde islamique, constitue d’une part la cause et, de l’autre, la conséquence du schisme des musulmans. Dans la mesure où le manque d’un système de direction, ainsi que l’inexistence d’une représentation véritable pour chacune des parties de la communauté, s’avère être un obstacle majeur dans la rédaction du code pratique de l’unité.

Parmi les questions principales qui se présentent à l’esprit des concepteurs du code pratique de l’unité :

  • Quelles sont les personnes dignes de poser leurs signatures en bas de la page du code pratique de l’unité, une fois que la rédaction touche à sa fin ?
  • Quel niveau de représentation réel ces personnes jouissent-elles auprès des musulmans ?
  • Quel critère sera-t-il sujet à l’approbation du public, des sectes, des nations et des appartenances ethniques diverses ?

Il semble qu’en tenant compte du plan aérien de répartition des musulmans, ces ambassadeurs doivent représenter les différentes couches identitaires des musulmans : les appartenances ethniques, les doctrines, les différents sectes, les nations, etc. La mise en vigueur du code pratique de l’unité, dans le monde islamique, nécessite l’affectation d’une partie du code au mécanisme, au modèle et au système de direction.

La capacité de la loi organique de la République islamique

La raison de la non-application émane souvent de l’absence de décisions et d’approbations des conférences sur l’unité dans les différents pays islamiques et du manque d’appui juridique et de garantie suffisante d’application dans le texte des lois des pays islamiques. Mais la loi organique de la République islamique a suppléé à ce manque et a comblé ce vide juridique, en plus de la démonstration des capacités et de l’offre des garanties d’application adéquates dans la rédaction et l’application du code pratique.

Analyse de l'article 11 de la loi organique

L'article 11 de la loi organique de la République islamique d'Iran stipule clairement :

« Selon l'ordre du noble verset : "Certes, cette communauté qui est la vôtre est une communauté unique, et Je suis votre Seigneur. Adorez-Moi donc." Tous les musulmans constituent une seule communauté. Le gouvernement de la République islamique d'Iran est tenu d'orienter sa propre politique sur la base de la coalition et de l'union de la nation islamique. Il ne ménage aucun effort dans cette entreprise qui consiste en la réalisation de l'unité politique, économique et culturelle du monde islamique. » (24)

Préambule de la loi organique

De même, dans le préambule de la loi organique, il est écrit :

« La loi organique, compte tenu de l'essence islamique de la révolution iranienne dont le mouvement s'est traduit par la victoire de tous les déshérités sur les arrogants, a planifié, à l'intérieur et à l'extérieur du pays, le champ du rayonnement de cette révolution ; plus particulièrement, dans le développement des relations internationales avec d'autres mouvements islamiques et les peuples, sur ce terrain, ils ne ménagent aucun effort pour qu'ensemble ils puissent construire une seule communauté universelle… » (25)

Principes de secours et de protection

En plus des précisions évoquées dans la loi organique, certains alinéas et articles de cette dernière renferment des principes de secours et de protection du gouvernement de la République islamique aux musulmans du monde, ainsi que ceux d'engagement fraternel envers eux.

  • Dans l'alinéa 16 de l'article numéro trois de la loi organique, il est stipulé que « l'engagement fraternel envers tous les musulmans et la protection sans contrariété des déshérités du monde » fait partie des devoirs du gouvernement de la République islamique.
  • De même, il est stipulé dans les articles 152 et 154, dans lesquels l'accent est mis sur « la défense des droits de tous les musulmans » (26) et aussi sur « le soutien à la lutte de revendication des droits des déshérités contre les arrogants, dans tous les coins du monde ».

Conclusion

Le code pratique de l’unité islamique

Le code pratique de l’unité islamique, compte tenu de l’ensemble des conditions internes et régionales, peut servir de base adéquate dans l’adoption de stratégie, en ce qui concerne les relations de la République islamique avec les différents organes des pays islamiques (États, nations, personnalités, élites, etc.).

La capacité avérée de la loi organique de la République islamique, le besoin sans cesse croissant du monde islamique au principe de l’unité, la position singulière et croissante du gouvernement de la République islamique au niveau régional et du monde islamique, ainsi que l’acquisition d’une compréhension relative et commune parmi la classe des élites islamiques dignes de considération (savants et intellectuels religieux) au sujet de l’unité, tous ces facteurs ont fourni un ensemble d’opportunités pour faire face aux menaces croissantes de dissension à l’encontre des musulmans et de la République islamique.

Dans ces conditions et cette ambiance, très sagement, la voie la plus sûre pour tous les partis dans le monde de l’islam est la rédaction du code, à partir des obligations et des prohibitions, sur la base d’analyses réalistes des dispositions existantes.

Éléments de la rédaction du code

  • La préparation et l’élaboration du plan aérien de répartition de la communauté, à côté des réponses données aux questions relatives au phénomène de la mondialisation, figure parmi les réalités de l’avancement de la rédaction du code pratique.
  • La désignation du système exécutif, la fixation des garanties et l’élaboration des mécanismes d’application du contenu du code figurent parmi les mesures de base dans la rédaction et la préparation dudit code.