Chapitre
1 - حدثنا الشيخ الجليل أبو جعفر محمد بن علي بن الحسين بن موسى ابن بابويه القمي (رضي الله عنه)، في دار السيد أبي محمد، قال: حدثنا إبراهيم بن إسحاق الطالقاني (رضي الله عنه)، قال: حدثنا أبو أحمد عبد العزيز بن يحيى بن أحمد بن عيسى الجلودي البصري بالبصرة سنة سبع عشرة وثلاث مائة، قال: حدثنا الحسين بن حميد، قال: حدثنا يحيى بن عبد الحميد الحماني، قال: حدثنا قيس بن الربيع، عن الاعمش، عن عباية بن ربعي، عن ابن عباس، قال: قال رسول الله (صلى الله عليه وآله): إن الله عزوجل قسم الخلق قسمين: فجعلني في خيرهما قسمة، وذلك قوله عزوجل في ذكر أصحاب اليمين وأصحاب الشمال، وأنا من أصحاب اليمين، وأنا خير أصحاب اليمين، ثم جعل القسمين أثلاثا، فجعلني في خيرها ثلثا، وذلك قوله عزوجل: (فأصحاب الميمنة ما أصحاب الميمنة * وأصحاب المشئمة ما أصحاب المشئمة * والسابقون السابقون) (1)، وأنا من السابقين، وأنا خير السابقين، ثم جعل الا ثلاث قبائل، فجعلني في خيرها قبيلة، وذلك قوله عزوجل: (وجعلناكم شعوبا وقبائل لتعارفوا إن أكرمكم عند الله أتقاكم) (1)، فأنا أتقى ولد آدم وأكرمهم على الله جل ثناؤه ولا فخر، ثم جعل القبائل بيوتا، فجعلني في خيرها بيتا، وذلك قوله عز وجل: (إنما يريد الله ليذهب عنكم الرجس أهل البيت ويطهركم تطهيرا) (2).
IsnādLe noble cheikh Abū Jaʿfar Muḥammad ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn ibn Mūsā Ibn Bābawayh al-Qummī (que Dieu l’agrée) nous a rapporté, dans la demeure du sayyid Abī Muḥammad, disant : Ibrāhīm ibn Isḥāq al-Ṭālaqānī (que Dieu l’agrée) nous a rapporté, disant : Abū Aḥmad ʿAbd al-ʿAzīz ibn Yaḥyā ibn Aḥmad ibn ʿĪsā al-Julūdī al-Baṣrī nous a rapporté à Baṣra en l’an trois cent dix-sept, disant : al-Ḥusayn ibn Ḥumayd nous a rapporté, disant : Yaḥyā ibn ʿAbd al-Ḥamīd al-Ḥimmānī nous a rapporté, disant : Qays ibn al-Rabīʿ nous a rapporté, d’al-Aʿmash, de ʿAbāya ibn Ribʿī, d’Ibn ʿAbbās, qui a dit :
Le Messager de Dieu (que la prière de Dieu soit sur lui et sur sa Famille) a dit : « Dieu — qu'Il est Puissant et Majestueux — a divisé la création en deux parts : Il m’a placé dans la meilleure des deux divisions. C’est là la parole de Dieu — qu'Il est Puissant et Majestueux — évoquant les gens de la droite et les gens de la gauche ; je fais partie des gens de la droite, et je suis le meilleur des gens de la droite. Puis Il a fait des deux parts trois tiers : Il m’a placé dans le meilleur des trois, selon la parole de Dieu — qu'Il est Puissant et Majestueux : “Les gens de la droite — que sont les gens de la droite ! Les gens de la gauche — que sont les gens de la gauche ! Et les devanciers devanciers.” (1) Je suis parmi les devanciers, et je suis le meilleur des devanciers. Puis Il a fait des trois tribus [ou : des nations] (qabā’il) : Il m’a placé dans la meilleure tribu, selon la parole de Dieu — qu'Il est Puissant et Majestueux : “Nous vous avons faits peuples et tribus pour que vous vous connaissiez ; le plus noble d’entre vous auprès de Dieu est le plus pieux.” (1) Je suis donc le plus pieux des fils d’Adam et le plus noble d’entre eux auprès de Dieu — que Sa louange soit exaltée — et je ne tire pas orgueil de cela. Puis Il a fait des tribus des maisons (buyūt) : Il m’a placé dans la meilleure maison, selon la parole de Dieu — qu'Il est Puissant et Majestueux : “Dieu ne veut que faire disparaître de vous la souillure, ô gens de la maison (Ahl al-Bayt), et vous purifier complètement.” (2) »
2 - حدثنا أبي (رضي الله عنه)، قال: حدثنا عبد الله بن الحسن المؤدب، عن أحمد بن علي الاصبهاني، عن إبراهيم، بن محمد الثقفي، قال: حدثنا محمد بن علي، قال: حدثنا ابن هراسة الشيباني، قال: حدثنا جعفر بن زياد الاحمر، عن زيد بن علي ابن الحسين بن علي (عليهم السلام)، أنه قرأ: (وكان أبوهما صالحا فأراد ربك أن يبلغا أشدهما ويستخرجا كنزهما) (3) ثم قال زيد: حفظهما الله بصلاح أبيهما، فمن أولى بحسن الحفظ منا! رسول الله جدنا، وابنته أمنا، وسيدة نسائه جدتنا، وأول من آمن به وصلى معه أبونا (4).
Isnād2 - Rapporté par mon père (que Dieu soit satisfait de lui), qui dit : Abd Allah ibn al-Ḥasan al-Muʾaddib nous a rapporté, d'après Aḥmad ibn ʿAlī al-Iṣbahānī, d'après Ibrāhīm ibn Muḥammad al-Thaqafī, qui dit : Muḥammad ibn ʿAlī nous a rapporté, d'après Ibn Harātha al-Shaybānī, qui dit : Jaʿfar ibn Ziyād al-Aḥmar nous a rapporté, d'après Zayd ibn ʿAlī ibn al-Ḥusayn ibn ʿAlī (que la paix soit sur eux), qu'il a récité :
« Et leur père était un homme vertueux ; ton Seigneur voulut qu'ils atteignent leur maturité et qu'ils extraient leur trésor » (Coran, 18:82). Puis Zayd dit : « Dieu les préserva par la vertu de leur père. Qui donc est plus digne de la bonne préservation que nous ? Le Messager de Dieu est notre grand-père, sa fille est notre mère, la souveraine de ses femmes est notre grand-mère, et le premier à avoir cru en lui et prié avec lui est notre père. »
3 - وبهذا الاسناد، عن إبراهيم بن محمد الثقفي، عن علي بن هلال الاحمسي، قال: حدثنا شريك، عن عبد الملك بن عمير، قال: بعث الحجاج إلى يحيى بن يعمر، فقال له: أنت الذي تزعم أن ابني علي ابنا رسول الله؟ قال: نعم. وأتلو عليك بذلك قرآنا، قال: هات. قال: أعطني الامان. قال: لك الامان. قال: أليس الله عزوجل يقول: (ووهبنا له إسحاق ويعقوب كلا هدينا ونوحا هدينا من قبل ومن ذريته داود وسليمان وأيوب ويوسف وموسى وهارون وكذلك نجزى المحسنين) (5) ثم قال: (وزكريا ويحيى وعيسى) (6)، أفكان لعيسى أب؟ قال: لا. قال: فقد نسبه الله عزوجل في الكتاب إلى إبراهيم. قال: ما حملك على أن تروي مثل هذا الحديث؟ قال: ما أخذ الله على العلماء في علمهم أن لا يكتموا علما علموه (1).
IsnādPar cette chaîne de transmission, d'après Ibrāhīm ibn Muḥammad al-Thaqafī, d'après ʿAlī ibn Hilāl al-Aḥmasī, qui dit : nous a rapporté Sharīk, d'après ʿAbd al-Malik ibn ʿUmayr, qui dit :
Al-Ḥajjāj envoya chercher Yaḥyā ibn Yaʿmar et lui dit : « Es-tu celui qui prétend que les deux fils de ʿAlī sont les fils du Messager de Dieu (que la paix soit sur lui) ? » Il répondit : « Oui, et je peux réciter à ton sujet un verset du Coran. » Il dit : « Apporte-le. » Il dit : « Accorde-moi l'aman (sauvegarde). » Il dit : « Tu as l'aman. » Il dit : « Dieu, le Très-Haut, ne dit-Il pas : “Et Nous lui avons donné Isaac et Jacob, et Nous les avons tous guidés. Et Noé, Nous l'avons guidé avant, et parmi sa descendance, David, Salomon, Job, Joseph, Moïse et Aaron. Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants.” (Coran 6:84) Puis Il dit : “Et Zacharie, Jean et Jésus.” (Coran 6:85) — Jésus avait-il donc un père ? » Il dit : « Non. » Il dit : « Dieu (que Sa majesté soit exaltée) l'a bien rattaché dans le Livre à Abraham. » Il dit : « Qu'est-ce qui t'a poussé à rapporter un tel hadith ? » Il dit : « Ce que Dieu a pris comme engagement envers les savants dans leur science : qu'ils ne dissimulent aucune science qu'ils ont apprise. »
4 - حدثنا محمد بن موسى بن المتوكل (رضي الله عنه)، قال: حدثنا محمد ابن أبي عبد الله الكوفي، عن موسى بن عمران النخعي، عن عمه الحسين بن يزيد النوفلي، عن علي بن سالم، عن أبيه، عن أبي حمزة الثمالي، عن سعد الخفاف، عن الاصبغ بن نباتة، عن عبد الله بن عباس، قال: قال رسول الله (صلى الله عليه وآله): لما عرج بي إلى السماء السابعة ومنها إلى سدرة المنتهى، ومن السدرة إلى حجب النور، ناداني ربي جل جلاله: يا محمد، أنت عبدي وأنا ربك، فلي فاخضع، وإياي فاعبد، وعلي فتوكل، وبي فثق، فإني قد رضيت بك عبدا وحبيبا ورسولا ونبيا، وبأخيك علي خليفة وبابا، فهو حجتي على عبادي، وإمام لخلقي، به يعرف أوليائي من أعدائي، وبه يميز حزب الشيطان من حزبي، وبه يقام ديني، وتحفظ حدودي، وتنفذ أحكامي، وبك وبه وبالائمة من ولده أرحم عبادي وإمائي، وبالقائم منكم اعمر أرضي بتسبيحي وتهليلي وتقديسي وتكبيري وتمجيدي، وبه اطهر الارض من أعدائي وأورثها أوليائي، وبه أجعل كلمة الذين كفروا بي السفلى وكلمتي العليا، وبه احيي عبادي وبلادي بعلمي، وله (2) اظهر الكنوز والذخائر بمشيئتي، وإياه أظهر على الاسرار والضمائر بإرادتي، وأمده بملائكتي لتؤيده على إنفاذ أمري وإعلان ديني، ذلك ولي حقا، ومهدي عبادي صدقا (3).
Isnād4 - Nous a rapporté Muhammad ibn Mūsā ibn al-Mutawakkil (que Dieu l'agrée), dit-il : nous a rapporté Muhammad ibn Abī ʿAbd Allāh al-Kūfī, d'après Mūsā ibn ʿImrān al-Nakhaʿī, d'après son oncle al-Ḥusayn ibn Yazīd al-Nawfalī, d'après ʿAlī ibn Sālim, d'après son père, d'après Abū Ḥamza al-Thumālī, d'après Saʿd al-Khaffāf, d'après al-Aṣbagh ibn Nubāta, d'après ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās, dit-il :
Le Messager de Dieu (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui et sur sa Famille) a dit : « Lorsque je fus élevé jusqu'au septième ciel et de là jusqu'au Lotus de la Limite (Sidrat al-Muntahā), et du Lotus jusqu'aux Voiles de Lumière, mon Seigneur — glorifiée soit Sa Majesté — m'appela : “Ô Muhammad, tu es Mon serviteur et Je suis ton Seigneur. À Moi, soumets-toi ; Moi seul, adore ; sur Moi, place ta confiance ; en Moi, aie foi. Car Je t'ai agréé comme serviteur, aimé, messager et prophète, et J'ai agréé ton frère ʿAlī comme vicaire (khalīfa) et porte (bāb). Il est Ma preuve (ḥujja) sur Mes serviteurs et l'imam (guide) de Ma création. C'est par lui que Mes amis sont distingués de Mes ennemis, par lui que le parti de Satan est séparé de Mon parti ; par lui que Ma religion est établie, que Mes limites (ḥudūd) sont préservées et que Mes jugements sont exécutés. C'est par toi, par lui et par les imams issus de sa descendance que Je fais miséricorde à Mes serviteurs et à Mes servantes. C'est par le Qāʾim (Celui qui se lèvera) issu de vous que Je peuplerai Ma terre de Ma glorification (tasbīḥ), de Ma proclamation d'unicité (tahlīl), de Ma sanctification (taqdīs), de Ma magnification (takbīr) et de Ma louange (tamjīd). C'est par lui que Je purifierai la terre de Mes ennemis et que J'en ferai hériter Mes amis. C'est par lui que Je ferai de la parole de ceux qui mécroient en Moi la plus basse et de Ma parole la plus haute. C'est par lui que Je donnerai vie à Mes serviteurs et à Mes contrées par Ma science. C'est pour lui que Je ferai apparaître les trésors et les réserves par Ma volonté. C'est lui que Je rendrai témoin (maître) des secrets et des consciences par Ma volonté. Je le soutiendrai de Mes anges afin qu'ils l'assistent pour l'exécution de Mon ordre et la proclamation de Ma religion. Celui-ci est véritablement Mon ami (walī) et le guide (mahdī) véridique de Mes serviteurs.” »
5 - حدثنا محمد بن علي ماجيوليه (رضي الله عنه)، قال: حدثنا علي بن إبراهيم بن هاشم، عن أبيه، عن محمد بن أبي عمير، قال: ما سمعت ولا استفدت من هشام بن الحكم في طول صحبتي إياه شيئا أحسن من هذا الكلام في صفة عصمة الامام، فإني سألته يوما عن الامام، أهو معصوم؟ قال: نعم. فقلت: وما صفة العصمة فيه، وبأي شئ تعرف؟ قال: إن جميع الذنوب لها أربعة أوجه لا خامس لها: الحرص والحسد، والغضب، والشهوة، فهذه منفية عنه، فلا يجوز أن يكون حريصا على هذه الدنيا وهي تحت خاتمه، لانه خازن المسلمين، فعلى ماذا يحرص؟ ولا يجوز أن يكون حسودا، لان الانسان إنما يحسد من هو فوقه، وليس فوقه أحد، فكيف يحسد من هو دونه؟ ولا يجوز أن يغضب لشئ من أمور الدنيا، إلا أن يكون غضبه لله عزوجل، فإن الله عزوجل قد فرض عليه إقامة الحدود، وأن لا تأخذه في الله لومة لائم ولا رأفة في دينه حتى يقيم حدود الله عزوجل، ولا يجوز أن يتبع الشهوات ويؤثر الدنيا على الآخرة، لان الله عزوجل حبب إليه الآخرة كما حبب إلينا الدنيا، فهو ينظر إلى الآخرة كما ننظر إلى الدنيا، فهل رأيت أحدا ترك وجها حسنا لوجه قبيح، وطعاما طيبا لطعام مر، وثوبا لينا لثوب خشن، ونعمة دائمة باقية لدنيا زائلة فانية؟ (1).
IsnādRapporté par Muḥammad ibn ʿAlī Mājīlawayh (que Dieu l'agrée), qui dit : rapporté par ʿAlī ibn Ibrāhīm ibn Hāshim, d'après son père, d'après Muḥammad ibn Abī ʿUmayr
Je n'ai rien entendu ni rien recueilli de Hishām ibn al-Ḥakam tout au long de ma fréquentation de lui de plus beau que ce propos sur la description de l'ʿiṣma (impeccabilité) de l'imam. Un jour, je l'interrogeai au sujet de l'imam : « Est-il maʿṣūm (impeccable) ? » Il répondit : « Oui. » Je dis : « Quelle est la description de l'ʿiṣma en lui et par quoi est-elle reconnue ? » Il dit : « Tous les péchés ont quatre aspects, sans cinquième : la convoitise, l'envie, la colère et la passion. Or ceux-ci sont exclus de l'imam. Il n'est pas possible qu'il soit avide de ce bas monde, alors que celui-ci est sous son sceau, car il est le trésorier des musulmans : de quoi serait-il avide ? Il n'est pas possible qu'il soit envieux, car l'homme n'envie que celui qui est au-dessus de lui, et nul n'est au-dessus de lui ; comment envierait-il quelqu'un qui est en dessous de lui ? Il n'est pas possible qu'il se mette en colère pour quelque chose de ce bas monde, sauf si sa colère est pour Dieu — qu'Il soit puissant et exalté — car Dieu — qu'Il soit puissant et exalté — lui a imposé l'application des peines légales (ḥudūd), et il ne doit, en Dieu, être saisi ni par le blâme d'un blâmeur ni par la compassion dans Sa religion, jusqu'à ce qu'il applique les peines légales de Dieu — qu'Il soit puissant et exalté. Il n'est pas possible qu'il suive les passions et préfère ce bas monde à l'Au-delà, car Dieu — qu'Il soit puissant et exalté — lui a rendu l'Au-delà aimable comme Il nous a rendu ce bas monde aimable. Ainsi, il regarde l'Au-delà comme nous regardons ce bas monde. As-tu jamais vu quelqu'un abandonner un beau visage pour un visage laid, une nourriture agréable pour une nourriture amère, un vêtement doux pour un vêtement rude, et une grâce permanente et éternelle pour un bas monde périssable et éphémère ? »
1004 / 6 - حدثنا محمد بن إبراهيم بن إسحاق (رضي الله عنه)، قال: حدثنا محمد ابن حمدان الصيدلاني، قال: حدثنا محمد بن مسلمة الواسطي، قال: حدثنا يزيد بن هارون، قال: أخبرنا خالد الحذاء، عن أبي قلابة عبد الله بن زيد الجرمي، عن ابن عباس، قال: لما مرض رسول الله (صلى الله عليه وآله) وعنده أصحابه، قام إليه عمار بن ياسر (رضي الله عنه)، فقال له: فداك أبي وأمي يا رسول الله، من يغسلك منا، إذا كان ذلك منك؟ قال: ذاك علي بن أبي طالب، لانه لا يهم بعضو من أعضائي إلا أعانته الملائكة على ذلك. فقال له: فداك أبي وأمي يا رسول الله، فمن يصلي عليك منا إذا كان ذلك منك. قال: مه رحمك الله. ثم قال لعلي (عليه السلام): يا بن أبي طالب، إذا رأيت روحي قد فارقت جسدي فاغسلني وأنق غسلي، وكفني في طمري هذين، أو في بياض مصر، وبرد يمان، ولا تغال في كفني، واحملوني حتى تضعوني على شفير قبري، فأول من يصلي علي الجبار جل جلاله من فوق عرشه، ثم جبرئيل وميكائيل وإسرافيل في جنود من الملائكة لا يحصي عددهم إلا الله عزوجل، ثم الحافون بالعرش، ثم سكان أهل سماء فسماء، ثم جل أهل بيتي ونسائي الاقربون فالاقربون، يومئون إيماء، ويسلمون تسليما، لا تؤذوني بصوت نادبة ولا رنة (1). ثم قال: يا بلال، هلم علي بالناس، فاجتمع الناس فخرج رسول الله (صلى الله عليه وآله) متعصبا بعمامته، متوكئا على قوسه حتى صعد المنبر، فحمد الله وأثنى عليه، ثم قال: معاشر أصحابي، أي نبي كنت لكم! ألم أجاهد بين أظهركم، ألم تكسر رباعيتي، ألم يعفر جبيني، ألم تسل الدماء على حر وجهي (2) حتى لثقت (3) لحيتي، ألم أكابد الشدة والجهد مع جهال قومي، ألم أربط حجر المجاعة على بطني؟ قالوا: بلى يا رسول الله، لقد كنت لله صابرا، وعن منكر بلاء الله ناهيا، فجزاك الله عنا أفضل الجزاء. قال: وأنتم فجزاكم الله. ثم قال: إن ربي عزوجل حكم وأقسم أن لا يجوزه ظلم ظالم، فناشدتكم بالله أي رجل منكم كانت له قبل محمد مظلمة إلا قام فليقتص منه، فالقصاص في دار الدنيا أحب إلي من القصاص في دار الآخرة على رؤوس الملائكة والانبياء. فقام إليه رجل من أقصى القوم يقال له سوادة بن قيس (4)، فقال له: فداك أبي وأمي يا رسول الله، إنك لما أقبلت من الطائف استقبلتك وأنت على ناقتك العضباء وبيدك القضيب الممشوق (1)، فرفعت القضيب وأنت تريد الراحلة فأصاب بطني، فلا أدري عمدا أو خطأ. فقال معاذ الله أن أكون تعمدت. ثم قال: يا بلال، قم إلى منزل فاطمة فأتني بالقضيب الممشوق. فخرج بلال وهو ينادي في سكك المدينة: معاشر الناس، من ذا الذي يعطي القصاص من نفسه قبل يوم القيامة؟ فهذا محمد (صلى الله عليه وآله) يعطي القصاص من نفسه قبل يوم القيامة! وطرق بلال الباب على فاطمة (عليها السلام) وهو يقول: يا فاطمة، قومي فوالدك يريد القضيب الممشوق. فأقبلت فاطمة (عليها السلام) وهي تقول: يا بلال، وما يصنع والدي بالقضيب، وليس هذا يوم القضيب؟ فقال بلال: يا فاطمة، أما علمت أن والدك قد صعد المنبر وهو يودع أهل الدين والدنيا! فصاحت فاطمة (عليها السلام) وهي تقول: واغماه لغمك يا أبتاه، من للفقراء والمساكين وابن السبيل يا حبيب الله وحبيب القلوب؟ ثم ناولت بلالا القضيب، فخرج حتى ناوله رسول الله (صلى الله عليه وآله)، فقال رسول الله (صلى الله عليه وآله): أين الشيخ؟ فقال الشيخ: ها أنا ذا يا رسول الله، بأبي أنت وأمي؟ فقال: تعال فاقتص مني حتى ترضى. فقال الشيخ: فاكشف لي عن بطنك يا رسول الله، فكشف (صلى الله عليه وآله) عن بطنه، فقال الشيخ: بأبي أنت وامي يا رسول الله، أتأذن لي أن أضع فمي على بطنك؟ فأذن له، فقال: أعوذ بموضع القصاص من بطن رسول الله من النار يوم النار. فقال رسول الله (صلى الله عليه وآله): يا سوادة بن قيس، أتعفو أم تقتص؟ فقال: بل أعفو يا رسول الله. فقال (صلى الله عليه وآله): اللهم اعف عن سوادة بن قيس كما عفا عن نبيك محمد. ثم قام رسول الله (صلى الله عليه وآله) فدخل بيت ام سلمة وهو يقول: رب سلم أمة محمد من النار، ويسر عليهم الحساب. فقالت أم سلمة: يا رسول الله، ما لي أراك مغموما متغير اللون! فقال: نعيت إلي نفسي هذه الساعة، فسلام لك مني في الدنيا، فلا تسمعين بعد هذا اليوم صوت محمد أبدا. فقالت أم سلمة: واحزناه حزنا لا تدركه الندامة عليك يا محمداه. ثم قال (صلى الله عليه وآله): ادعي لي حبيبة قلبي (1)، وقرة عيني فاطمة تجئ. فجاءت فاطمة (عليها السلام) وهي تقول: نفسي لنفسك الفداء، ووجهي لوجهك الوقاء يا أبتاه، ألا تكلمني كلمة؟ فإني أنظر إليك وأراك مفارق الدنيا، وأرى عساكر الموت تغشاك شديدا. فقال لها: يا بنية، إني مفارقك، فسلام عليك مني. قالت: يا أبتاه، فأين الملتقى يوم القيامة؟ قال: عند الحساب. قالت: فإن لم ألقك عند الحساب؟ قال: عند الشفاعة لامتي. قالت: فإن لم ألقك عند الشفاعة لامتك؟ قال: عند الصراط، جبرئيل عن يميني، وميكائيل عن يساري، والملائكة من خلفي وقدامي ينادون: رب سلم أمة محمد من النار، ويسر عليهم الحساب. فقالت فاطمة (عليها السلام): فأين والدتي خديجة؟ قال: في قصر له أربعة أبواب إلى الجنة. ثم أغمي على رسول الله (صلى الله عليه وآله)، فدخل بلال وهو يقول: الصلاة رحمك الله، فخرج رسول الله (صلى الله عليه وآله) وصلى بالناس، وخفف الصلاة. ثم قال: ادعوا لي علي بن أبي طالب وأسامة بن زيد، فجاءا فوضع (صلى الله عليه وآله) يده على عاتق علي (عليه السلام)، والاخرى على اسامة، ثم قال: انطلقا بي إلى فاطمة. فجاءا به حتى وضع رأسه في حجرها، فإذا الحسن والحسين (عليهما السلام) يبكيان ويصطرخان (2) وهما يقولان: أنفسنا لنفسك الفداء، ووجوهنا لوجهك الوقاء. فقال رسول الله (صلى الله عليه وآله): من هذان يا علي؟ قال: هذان ابناك الحسن والحسين. فعانقهما وقبلهما، وكان الحسن (عليه السلام) أشد بكاء، فقال له: كف يا حسن، فقد شققت على رسول الله. فنزل ملك الموت (عليه السلام)، فقال: السلام عليك يا رسول الله. قال: وعليك السلام، يا ملك الموت، لي إليك حاجة. قال: وما حاجتك يا نبي الله؟ قال: حاجتي أن لا تقبض روحي حتى يجيئني جبرئيل (عليه السلام) فيسلم علي واسلم عليه، فخرج ملك الموت وهو يقول: يا محمداه، فاستقبله جبرئيل في الهواء، فقال: يا ملك الموت، قبضت روح محمد؟ قال: لا يا جبرئيل، سألني أن لا أقبضه حتى يلقاك فتسلم عليه ويسلم عليك. فقال جبرئيل: يا ملك الموت، أما ترى أبواب السماء مفتحة لروح محمد، أما ترى الحور العين قد تزين لروح محمد؟ ثم نزل جبرئيل (عليه السلام) فقال: السلام عليك يا أبا القاسم. فقال: وعليك السلام يا جبرئيل، ادن مني حبيبي جبرئيل، فدنا منه، فنزل ملك الموت فقال له جبرئيل: يا ملك الموت، احفظ وصية الله في روح محمد، وكان جبرئيل عن يمينه وميكائيل عن يساره وملك الموت آخذ بروحه (صلى الله عليه وآله)، فلما كشف الثوب عن وجه رسول الله (صلى الله عليه وآله) نظر إلى جبرئيل (عليه السلام)، فقال له: عند الشدائد تخذلني! فقال: يا محمد، إنك ميت وإنهم ميتون، كل نفس ذائقة الموت. فروي عن ابن عباس أن رسول الله (صلى الله عليه وآله) في ذلك المرض كان يقول: ادعوا لي حبيبي، فجعل يدعى له رجل بعد رجل فيعرض عنه، فقيل لفاطمة (عليها السلام): امضي إلى علي، فما نرى رسول الله (صلى الله عليه وآله) يريد غير علي (عليه السلام)، فبعثت فاطمة إلى علي (عليه السلام) فلما دخل فتح رسول الله (صلى الله عليه وآله) عينيه وتهلل وجهه، ثم قال: إلي يا علي، إلي يا علي، فما زال (صلى الله عليه وآله) يدنيه حتى أخذه بيده، وأجلسه عند رأسه، ثم أغمي عليه، فجاء الحسن والحسين (عليهما السلام) يصيحان ويبكيان حتى وقعا على رسول الله (صلى الله عليه وآله) فأراد علي (عليه السلام) أن ينحيهما عنه، فأفاق رسول الله (صلى الله عليه وآله) ثم قال: يا علي، دعني اشمهما ويشماني، وأتزود منهما ويتزودان مني، أما إنهما سيظلمان بعدي ويقتلان ظلما، فلعنة الله على من يظلمهما، يقول ذلك ثلاثا. ثم مد يده إلى علي (عليه السلام) فجذبه إليه حتى أدخله تحت ثوبه الذي كان عليه، ووضع فاه على فيه، وجعل يناجيه مناجاة طويلة حتى خرجت روحه الطيبة (صلى الله عليه وآله)، فانسل علي (عليه السلام) من تحت ثيابه، وقال: أعظم الله أجوركم في نبيكم، فقد قبضه الله إليه. فارتفعت الاصوات بالضجة والبكاء، فقيل لامير المؤمنين (عليه السلام): ما الذي ناجاك به رسول الله (صلى الله عليه وآله) حين أدخلك تحت ثيابه؟ فقال: علمني ألف باب، يفتح لي كل باب ألف باب (1).
IsnādNous a rapporté Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn Isḥāq (que Dieu l'agrée), qui dit : nous a rapporté Muḥammad ibn Ḥamdān al-Ṣaydalānī, qui dit : nous a rapporté Muḥammad ibn Maslama al-Wāsiṭī, qui dit : nous a rapporté Yazīd ibn Hārūn, qui dit : nous a informé Khālid al-Ḥudhā’, d’après Abū Qilāba ‘Abd Allāh ibn Zayd al-Jarmī, d’après Ibn ‘Abbās
Il (Ibn ʿAbbās) dit : Lorsque le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) tomba malade et que ses Compagnons étaient auprès de lui, ʿAmmār ibn Yāsir (que Dieu l'agrée) se leva et lui dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés, ô Messager de Dieu ! Qui parmi nous te lavera, lorsque cela arrivera ? » Il répondit : « ʿAlī ibn Abī Ṭālib, car il ne touchera aucun de mes membres sans que les anges ne l’y aident. » Il lui dit alors : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés, ô Messager de Dieu ! Alors qui parmi nous priera sur toi, lorsque cela arrivera ? » Il dit : « Chut ! Que Dieu te fasse miséricorde. » Puis il dit à ʿAlī (que la paix soit sur lui) : « Ô fils d’Abū Ṭālib, lorsque tu verras mon âme avoir quitté mon corps, lave-moi et lave-moi soigneusement, enveloppe-moi dans ces deux vêtements (ṭamr) que voici, ou dans un vêtement blanc d’Égypte (bayāḍ Miṣr) et une étoffe yéménite (barad Yamān), et ne sois pas excessif dans mon linceul. Puis portez-moi jusqu’à me déposer sur le bord de ma tombe. Le premier à prier sur moi sera le Tout-Puissant (al-Jabbār) – que Sa majesté soit exaltée – depuis au-dessus de Son Trône, puis Jibrāʾīl (Gabriel), Mīkāʾīl (Michel) et Isrāfīl (Séraphiel) avec des cohortes d’anges dont nul ne connaît le nombre sinon Dieu – Puissant et Majestueux –, puis ceux qui entourent le Trône (al-ḥāffūn bi-l-ʿarsh), puis les habitants des cieux, ciel après ciel, puis la plupart des gens de ma maisonnée et de mes femmes, les plus proches puis les suivants ; ils feront des signes de la tête (īmā’) et salueront par des paroles de paix (taslīm). Ne me causez pas de peine par la voix d’une pleureuse ou par un gémissement. » Puis il dit : « Ô Bilāl, amène-moi les gens. » Les gens se rassemblèrent, et le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) sortit, la tête ceinte de son turban (mutʿaṣṣiban bi-ʿimāmatihi), appuyé sur son arc, jusqu’à monter en chaire (minbar). Il loua Dieu et Le glorifia, puis dit : « Ô assemblée de mes Compagnons ! Quel prophète n’ai-je pas été pour vous ! N’ai-je pas lutté (jāhadtu) au milieu de vous ? N’ai-je pas eu ma dent cassée (kussirat rubāʿiyyatī) ? Ma joue n’a-t-elle pas été couverte de poussière ? Le sang n’a-t-il pas coulé sur le noble de mon visage (ḥarr wajhī) jusqu’à coller ma barbe ? N’ai-je pas supporté l’épreuve et la peine avec les ignorants de mon peuple ? N’ai-je pas attaché une pierre de faim sur mon ventre ? » Ils dirent : « Si, ô Messager de Dieu ! Tu as été patient pour Dieu, et tu as interdit le mal de l’épreuve de Dieu. Que Dieu te récompense par la meilleure des récompenses de notre part ! » Il dit : « Et vous aussi, que Dieu vous récompense ! » Puis il dit : « Certes, mon Seigneur – Puissant et Majestueux – a décrété et juré que l’injustice d’un injuste ne Le dépasse pas. Je vous adjure par Dieu : que tout homme qui a une injustice (maẓlima) envers Muḥammad se lève et en exerce la rétribution (yaqtaṣṣ minhu). Car la rétribution (al-qiṣāṣ) dans la demeure d’ici-bas m’est plus agréable que la rétribution dans la demeure de l’Au-delà, à la vue des anges et des prophètes. » Un homme du fond de l’assemblée, nommé Suwāda ibn Qays, se leva et lui dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés, ô Messager de Dieu ! Lorsque tu revenais de Ṭā’if, je t’ai rencontré alors que tu étais sur ta chamelle al-ʿAḍbā’, tenant en main la baguette fine (al-qaḍīb al-mamshūq) ; tu as levé la baguette, voulant frapper la monture, et elle atteignit mon ventre. Je ne sais si c’était délibéré ou par erreur. » Il dit : « Dieu me préserve d’avoir agi délibérément ! » Puis il dit : « Ô Bilāl, va à la maison de Fāṭima et apporte-moi la baguette fine. » Bilāl sortit en criant dans les ruelles de Médine : « Ô gens ! Qui donne la rétribution de lui-même avant le Jour de la Résurrection ? Voici Muḥammad (que Dieu prie sur lui et sa famille) qui donne la rétribution de lui-même avant le Jour de la Résurrection ! » Bilāl frappa à la porte de Fāṭima (que la paix soit sur elle) en disant : « Ô Fāṭima, lève-toi, ton père veut la baguette fine. » Fāṭima (que la paix soit sur elle) vint en disant : « Ô Bilāl, que fera mon père de la baguette ? Ce n’est pas le jour de la baguette ! » Bilāl dit : « Ô Fāṭima, ne sais-tu pas que ton père est monté en chaire et fait ses adieux aux gens de la religion et du monde ! » Fāṭima (que la paix soit sur elle) cria en disant : « Ô mon chagrin pour ton chagrin, ô mon père ! Qui sera pour les pauvres, les nécessiteux et le voyageur, ô bien-aimé de Dieu et bien-aimé des cœurs ? » Puis elle tendit la baguette à Bilāl, qui sortit et la remit au Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille). Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) dit : « Où est le cheikh (le vieillard) ? » Le cheikh dit : « Me voici, ô Messager de Dieu, que mon père et ma mère te soient sacrifiés ? » Il dit : « Viens, exerce la rétribution sur moi jusqu’à ce que tu sois satisfait. » Le cheikh dit : « Découvre-moi ton ventre, ô Messager de Dieu. » Il (que Dieu prie sur lui et sa famille) découvrit son ventre, et le cheikh dit : « Que mon père et ma mère te soient sacrifiés, ô Messager de Dieu ! M’autorises-tu à poser ma bouche sur ton ventre ? » Il le lui permit, et il dit : « Je cherche refuge, par l’endroit de la rétribution (al-qiṣāṣ) sur le ventre du Messager de Dieu, contre le Feu, au Jour du Feu. » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) dit : « Ô Suwāda ibn Qays, pardonnes-tu ou exerces-tu la rétribution ? » Il dit : « Je pardonne, ô Messager de Dieu. » Il (que Dieu prie sur lui et sa famille) dit : « Ô Dieu, pardonne à Suwāda ibn Qays comme il a pardonné à Ton prophète Muḥammad. » Puis le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) se leva, entra dans la maison d’Umm Salama, disant : « Seigneur, préserve la communauté de Muḥammad du Feu, et facilite-leur le jugement (ḥisāb) ! » Umm Salama dit : « Ô Messager de Dieu, pourquoi te vois-je triste et le teint changé ? » Il dit : « Mon âme vient de m’être annoncée (nuʿiyat ilayya nafsī) à cet instant. Ainsi, que la paix soit sur toi de ma part en ce bas monde : tu n’entendras plus jamais la voix de Muḥammad après ce jour. » Umm Salama dit : « Ô tristesse, tristesse que nul regret ne peut atteindre pour toi, ô Muḥammad ! » Puis il (que Dieu prie sur lui et sa famille) dit : « Appelle-moi la bien-aimée de mon cœur (ḥabībat qalbī) et la prunelle de mes yeux (qurrat ʿaynī), Fāṭima, qu’elle vienne. » Fāṭima (que la paix soit sur elle) vint en disant : « Que mon âme soit la rançon de ton âme, et que mon visage soit la protection de ton visage, ô mon père ! Ne me diras-tu pas une parole ? Car je te regarde et te vois quitter ce monde, et je vois les armées de la mort t’assaillir violemment. » Il lui dit : « Ô ma fille, je vais te quitter. Que la paix soit sur toi de ma part. » Elle dit : « Ô mon père, où sera le lieu de rencontre au Jour de la Résurrection ? » Il dit : « Auprès du jugement (al-ḥisāb). » Elle dit : « Et si je ne te rencontre pas au jugement ? » Il dit : « Auprès de l’intercession pour ma communauté. » Elle dit : « Et si je ne te rencontre pas à l’intercession pour ta communauté ? » Il dit : « Auprès du Pont (al-ṣirāṭ) : Jibrāʾīl à ma droite, Mīkāʾīl à ma gauche, et les anges derrière et devant moi, criant : “Seigneur, préserve la communauté de Muḥammad du Feu, et facilite-leur le jugement !” » Fāṭima (que la paix soit sur elle) dit : « Et où est ma mère Khadīja ? » Il dit : « Dans un palais qui a quatre portes donnant sur le Paradis. » Puis le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) perdit connaissance. Bilāl entra en disant : « La prière, que Dieu te fasse miséricorde ! » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) sortit, dirigea la prière des gens et l’allégea. Puis il dit : « Appelez-moi ʿAlī ibn Abī Ṭālib et Usāma ibn Zayd. » Ils vinrent, et il (que Dieu prie sur lui et sa famille) posa une main sur l’épaule de ʿAlī (que la paix soit sur lui) et l’autre sur Usāma, puis dit : « Emmenez-moi chez Fāṭima. » Ils l’amenèrent jusqu’à ce qu’il pose sa tête sur ses genoux. Voici que Ḥasan et Ḥusayn (que la paix soit sur eux) pleuraient et criaient, disant : « Que nos âmes soient la rançon de ton âme, et que nos visages soient la protection de ton visage ! » Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) dit : « Qui sont ceux-ci, ô ʿAlī ? » Il dit : « Ce sont tes deux fils, Ḥasan et Ḥusayn. » Il les embrassa et les serra contre lui. Ḥasan (que la paix soit sur lui) pleurait plus fort, et il lui dit : « Cesse, ô Ḥasan, car tu m’as peiné, moi, le Messager de Dieu. » L’Ange de la Mort (Malak al-Mawt, que la paix soit sur lui) descendit et dit : « Que la paix soit sur toi, ô Messager de Dieu. » Il dit : « Et sur toi la paix, ô Ange de la Mort. J’ai un besoin à te demander. » Il dit : « Et quel est ton besoin, ô Prophète de Dieu ? » Il dit : « Mon besoin est que tu ne prennes pas mon âme avant que Jibrāʾīl (que la paix soit sur lui) ne vienne à moi, me salue et que je le salue. » L’Ange de la Mort sortit en disant : « Ô Muḥammad ! » Jibrāʾīl le rencontra dans les airs et dit : « Ô Ange de la Mort, as-tu pris l’âme de Muḥammad ? » Il dit : « Non, ô Jibrāʾīl. Il m’a demandé de ne pas la prendre avant qu’il ne te rencontre, que tu le salues et qu’il te salue. » Jibrāʾīl dit : « Ô Ange de la Mort, ne vois-tu pas les portes des cieux ouvertes pour l’âme de Muḥammad ? Ne vois-tu pas les ḥūr al-ʿīn (femmes du Paradis) parées pour l’âme de Muḥammad ? » Puis Jibrāʾīl (que la paix soit sur lui) descendit et dit : « Que la paix soit sur toi, ô Abā al-Qāsim. » Il dit : « Et sur toi la paix, ô Jibrāʾīl. Approche-toi de moi, mon bien-aimé Jibrāʾīl. » Il s’approcha de lui. L’Ange de la Mort descendit, et Jibrāʾīl lui dit : « Ô Ange de la Mort, observe le testament de Dieu concernant l’âme de Muḥammad. » Jibrāʾīl était à sa droite, Mīkāʾīl à sa gauche, et l’Ange de la Mort prenait son âme (que Dieu prie sur lui et sa famille). Lorsqu’on découvrit le vêtement du visage du Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille), il regarda Jibrāʾīl (que la paix soit sur lui) et lui dit : « Dans les difficultés, tu m’abandonnes ? » Il dit : « Ô Muḥammad, certes tu es mortel et ils sont mortels. Toute âme goûtera la mort. » Il est rapporté d’après Ibn ʿAbbās que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille), durant cette maladie, disait : « Appelez-moi mon bien-aimé. » On lui appelait homme après homme, mais il se détournait. On dit à Fāṭima (que la paix soit sur elle) : « Va trouver ʿAlī, car nous voyons que le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) ne veut que ʿAlī (que la paix soit sur lui). » Fāṭima envoya chercher ʿAlī (que la paix soit sur lui). Lorsqu’il entra, le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) ouvrit les yeux, son visage s’illumina, puis il dit : « Vers moi, ô ʿAlī, vers moi, ô ʿAlī ! » Il (que Dieu prie sur lui et sa famille) ne cessa de le faire approcher jusqu’à le prendre par la main et l’asseoir près de sa tête. Puis il perdit connaissance. Ḥasan et Ḥusayn (que la paix soit sur eux) vinrent en criant et en pleurant, tombant sur le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille). ʿAlī (que la paix soit sur lui) voulut les éloigner, mais le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) reprit connaissance et dit : « Ô ʿAlī, laisse-moi les sentir (ashimmuhumā) et qu’ils me sentent, que je tire provision d’eux (atazawwadu minhumā) et qu’ils tirent provision de moi. Sache qu’ils seront opprimés après moi et tués injustement. Que la malédiction de Dieu soit sur celui qui les opprime ! » Il répéta cela trois fois. Puis il tendit la main vers ʿAlī (que la paix soit sur lui), l’attira à lui jusqu’à le faire entrer sous le vêtement qu’il portait, posa sa bouche sur la sienne, et se mit à lui parler en secret (yunājīhi) longuement, jusqu’à ce que son âme pure (que Dieu prie sur lui et sa famille) sortît. ʿAlī (que la paix soit sur lui) se glissa hors de ses vêtements et dit : « Que Dieu magnifie vos récompenses pour votre Prophète ! Dieu l’a rappelé à Lui. » Les voix s’élevèrent dans le tumulte et les pleurs. On dit au Commandeur des croyants (Amīr al-Muʾminīn, que la paix soit sur lui) : « Que t’a confié le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa famille) lorsqu’il t’a fait entrer sous son vêtement ? » Il dit : « Il m’a enseigné mille portes, chaque porte m’ouvrant mille portes. »
7 - حدثنا محمد بن الحسن بن أحمد بن الوليد، قال: حدثنا الحسن بن متيل، قال: حدثنا محمد بن الحسين بن أبي الخطاب، عن موسى بن سعدان، عن عبد الله بن القاسم، عن عمر بن أبان الكلبي، عن أبان بن تغلب، قال: قال أبو عبد الله الصادق (عليه السلام): إن أربعة آلاف ملك هبطوا يريدون القتال مع الحسين بن علي (صلوات الله عليه) فلم يؤذن لهم في القتال، فرجعوا في الاستئذان، وهبطوا وقد قتل الحسين (عليه السلام)، فهم عند قبره شعث غير يبكونه إلى يوم القيامة، ورئيسهم ملك يقال له منصور (2).
IsnādRapporté par Muhammad ibn al-Ḥasan ibn Aḥmad ibn al-Walīd, d'après al-Ḥasan ibn Mutayl, d'après Muḥammad ibn al-Ḥusayn ibn Abī al-Khaṭṭāb, d'après Mūsā ibn Saʿdān, d'après ʿAbd Allāh ibn al-Qāsim, d'après ʿUmar ibn Abān al-Kalbī, d'après Abān ibn Taghlib, qui a dit : Abū ʿAbd Allāh al-Ṣādiq (que la paix soit sur lui) a dit :
« Quatre mille anges descendirent, voulant combattre aux côtés d'al-Ḥusayn ibn ʿAlī (que les bénédictions de Dieu soient sur lui), mais il ne leur fut pas permis de combattre. Ils remontèrent donc demander l'autorisation, et redescendirent alors qu'al-Ḥusayn (que la paix soit sur lui) avait déjà été tué. Ils se tiennent donc auprès de sa tombe, échevelés et couverts de poussière, pleurant sur lui jusqu'au Jour de la Résurrection. Leur chef est un ange nommé Manṣūr (2). »