يا أبا عبد الله، أينا أدهى؟ قال عمرو: أنا للبديهة، وأنت للروية. قال معاوية: قضيت لي على نفسك، وأنا أدهى منك في البديهة. قال عمرو: فأين كان دهاؤك يوم رفعت المصاحف؟ قال: بها غلبتني يا أبا عبد الله، أفلا أسألك عن شئ تصدقني فيه؟ قال: والله إن الكذب لقبيح، فسل عما بدا لك أصدقك. فقال: هل غششتني منذ نصحتني؟ قال: لا. قال: بلى والله، لقد غششتني، أما إني لا أقول في كل المواطن، ولكن في موطن واحد، قال: وأي موطن هذا؟ قال: يوم دعاني علي بن أبي طالب للمبارزة فاستشرتك، فقلت: ما ترى يا أبا عبد الله؟ فقلت: كفؤ كريم، فأشرت علي بمبارزته وأنت تعلم من هو، فعلمت أنك غششتني. قال: يا أمير المومنين، دعاك رجل إلى مبارزته عظيم الشرف جليل الخطر، فكنت من مبارزته على إحدى الحسنيين، إما أن تقتله فتكون قد قتلت قتال الاقران، وتزداد به شرفا إلى شرفك وتخلو بملكك، وإما أن تعجل إلى مرافقة الشهداء والصالحين وحسن أولئك رفيقا. قال معاوية: هذه شر من الاول، والله إني لاعلم أني لو قتلته دخلت النار، ولو قتلني دخلت النار. قال له عمرو: فما حملك على قتاله؟! قال: الملك عقيم، ولن يسمعها مني أحد بعدك.
IsnādAhmad ibn al-Hassan al-Qattan nous a rapporté, il a dit : Ahmad ibn Yahya ibn Zakariyya al-Qattan nous a rapporté, il a dit : Bakr ibn Abdullah ibn Habib nous a rapporté, il a dit : Ali ibn Ziyad nous a rapporté, il a dit : al-Haytham ibn 'Adi nous a rapporté, de al-A'mash, de Yunus ibn Abi Ishaq, il a dit : Abu al-Ṣaqr nous a rapporté, de 'Adi ibn Arta'a, il a dit : Mu'awiya a dit un jour à Amr ibn al-'As
Ô Abu Abd Allah, lequel de nous deux est le plus rusé ? Amr répondit : Moi, pour improviser, et toi pour la réflexion. Mu'awiya dit : Tu m'as concédé la victoire sur toi-même, et je suis plus rusé que toi en improvisation. Amr répondit : Où était ta ruse le jour où les exemplaires du Coran ont été élevés ? Il dit : Par cela, tu m'as vaincu, ô Abu Abd Allah, puis-je te demander quelque chose sur laquelle tu me répondras franchement ? Il dit : Certes, le mensonge est vil, demande ce que tu veux, je te répondrai avec vérité. Alors, m'as-tu trompé depuis que tu m'as conseillé ? Il répondit : Non. Il dit : Par Dieu, tu m'as bien trompé, mais je ne le dis pas dans toutes les situations, seulement dans une seule. Il lui demanda : Et quelle est cette situation ? Il répondit : Le jour où Ali ibn Abi Talib (as) m'a invité à le combattre en duel, je t'ai consulté, et tu m'as dit : Que penses-tu, ô Abu Abd Allah ? Tu as dit : Un noble égal, tu m'as conseillé de le combattre en connaissant bien qui il est, j'ai donc su que tu m'avais trompé. Amr dit : Ô Commandeur des croyants, un homme t'a invité à le combattre, un homme de grand honneur et de grande dignité, tu aurais été, en le combattant, parmi l'une des deux meilleures issues possibles : soit tu le tuais, devenant ainsi celui qui a tué un égal dans la lutte, ajoutant honneur à ton honneur et régnant seul, soit tu allais rejoindre hâtivement les martyrs et les justes, et quelle belle compagnie ! Mu'awiya répondit : Cela est pire que le premier, par Dieu, je sais que si je le tuais, j'entrerais en Enfer, et s'il me tuait, il entrerait en Enfer. Amr lui dit : Alors pourquoi l'as-tu combattu ?! Il répondit : Le royaume est impitoyable, et personne n'entendra cela de moi après toi.