IsnādAbū Jaʿfar Muḥammad b. Yaʿqūb nous a rapporté, disant : plusieurs de nos compagnons, dont Muḥammad b. Yaḥyā al-ʿAṭṭār, m’ont rapporté, d’après Aḥmad b. Muḥammad, d’après al-Ḥasan b. Maḥbūb, d’après al-ʿAlāʾ b. Razīn, d’après Muḥammad b. Muslim, d’après Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui), qui a dit :
Lorsque Dieu créa l’intellect (al-ʿaql), Il l’interrogea, puis lui dit : « Approche ! » et il s’approcha. Puis Il lui dit : « Recule ! » et il recula. Puis Il dit : « Par Ma Puissance et Ma Majesté, Je n’ai point créé de créature qui Me soit plus aimable que toi, et Je ne t’ai parfait que chez ceux que J’aime. Sache que c’est par toi que J’ordonne, par toi que J’interdis, par toi que Je punis, et par toi que Je récompense. »
IsnādD'après ʿAlī ibn Muḥammad, d'après Sahl ibn Ziyād, d'après ʿAmr ibn ʿUthmān, d'après Mufaḍḍal ibn Ṣāliḥ, d'après Saʿd ibn Ṭarīf, d'après al-Aṣbagh ibn Nubāta, d'après ʿAlī (que la paix soit sur lui)
IsnādAḥmad b. Idrīs, d’après Muḥammad b. ʿAbd al-Jabbār, d’après certains de nos compagnons, qui l’élève (marfūʿ) jusqu’à Abū ʿAbd Allāh (al-Ṣādiq) (sur lui la paix)
Il dit : Je lui demandai : « Qu’est-ce que l’intellect (al-ʿaql) ? » Il répondit : « Ce par quoi l’on adore le Miséricordieux et par quoi l’on acquiert les Jardins (du Paradis). » Je dis : « Et ce qui se trouvait chez Muʿāwiya ? » Il dit : « Cela est la nukrā’ (la fourberie), cela est la shayṭana (la diabolie) ; cela ressemble à l’intellect mais n’est pas l’intellect. »
IsnādDe lui-même, d'après Aḥmad b. Muḥammad, d'après Ibn Faḍḍāl, d'après al-Ḥasan b. al-Jahm
Al-Ḥasan b. al-Jahm dit : Je dis à Abū al-Ḥasan (que la paix soit sur lui) : « Nous avons chez nous des gens qui ont de l'affection (pour vous), mais qui n'ont pas cette ferme résolution (al-ʿazīma) ; ils professent cette doctrine. » Il dit : « Ceux-là ne font pas partie de ceux que Dieu a blâmés ; Dieu a seulement dit : 'Tirez-en donc leçon, ô vous dotés de clairvoyance !' (Coran 59:2). »
IsnādAḥmad b. Idrīs d'après Muḥammad b. Ḥassān d'après Abū Muḥammad al-Rāzī d'après Sayf b. ʿAmīra d'après Isḥāq b. ʿAmmār
Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) a dit : « Quiconque possède l’intellect (ʿaql) a une religion, et quiconque a une religion entre au Paradis. »
IsnādD'après un groupe de nos compagnons, d'après Aḥmad b. Muḥammad b. Khālid, d'après al-Ḥasan b. ʿAlī b. Yaqṭīn, d'après Muḥammad b. Sinān, d'après Abū l-Jārūd, d'après Abū Jaʿfar (sur lui la paix)
Il a dit : « Certes, Dieu sera rigoureux envers les serviteurs dans le calcul (le Jugement) le Jour de la Résurrection selon la mesure de l'intellect (ʿaql) qu'Il leur a donné en ce bas monde. »
IsnādD'après ʿAlī ibn Ibrāhīm, d'après son père, d'après al-Nawfalī, d'après al-Sakūnī, d'après Abū ʿAbd Allāh (Jaʿfar al-Ṣādiq, sur lui la paix)
Il a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sa Famille) a dit : Lorsque vous parvient la nouvelle de la bonne condition d'un homme, examinez alors la qualité de son intellect ('aql), car en vérité, l'homme n'est rétribué que selon son intellect. »
IsnādMuhammad b. Yaḥyā, d’après Aḥmad b. Muḥammad, d’après Ibn Maḥbūb, d’après ʿAbd Allāh b. Sinān
Il dit : Je mentionnai à Abī ʿAbd Allāh (al-Imām al-Ṣādiq, que la paix soit sur lui) un homme éprouvé par des doutes compulsifs concernant les ablutions et la prière, et je dis : « C’est un homme intelligent (ʿāqil). » Alors Abū ʿAbd Allāh dit : « Et quelle intelligence a-t-il, alors qu’il obéit à Satan ? » Je lui dis : « Et comment obéit-il à Satan ? » Il dit : « Demande-lui d’où vient ce qui l’assaille : il te répondra que c’est l’œuvre de Satan. »
IsnādD'après ʿAlī ibn Muḥammad, d'après Sahl ibn Ziyād, qui l'a élevé (hadith marfūʿ)
Le Commandeur des croyants (ʿAlī, paix sur lui) a dit : « L’intellect (al-ʿaql) est un voile protecteur, et la vertu (al-faḍl) est une beauté apparente. Dissimule donc les défauts de ton caractère par ta vertu, et combat ta passion (hawā) par ton intellect (ʿaql), afin que l’affection te soit préservée et que l’amour te soit manifesté. »
IsnādUn groupe de nos compagnons, d’après Aḥmad b. Muḥammad b. ʿĪsā, d’après al-Ḥasan b. ʿAlī b. Faḍḍāl, d’après certains de nos compagnons, d’après Abū ʿAbd Allāh (sur lui la paix)
Il a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sur sa Famille) n’a jamais parlé aux serviteurs selon la pleine mesure de son intellect (ʿaql). » Et il a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sur sa Famille) a dit : “Nous, les Prophètes, il nous a été ordonné de parler aux gens selon la mesure de leurs intelligences (ʿuqūl).” »
IsnādD'après ʿAlī ibn Muḥammad, d'après Sahl ibn Ziyād, d'après al-Nawfalī, d'après al-Sakūnī, d'après Jaʿfar (al-Ṣādiq), d'après son père (que la paix soit sur eux deux)
Il a dit : Le Prince des croyants (que la paix soit sur lui) a dit : « En vérité, les cœurs des ignorants sont emportés par les convoitises, retenus en gage par les illusions (espoirs vains) et accrochés par les tromperies. »
IsnādD'après ʿAlī ibn Ibrāhīm, d'après son père, d'après Jaʿfar ibn Muḥammad al-Ashʿarī, d'après ʿUbayd Allāh al-Dihqān, d'après Durust, d'après Ibrāhīm ibn ʿAbd al-Ḥamīd, qui a dit :
Le plus parfait des gens en intellect (ʿaql) est celui dont le caractère est le meilleur.
IsnādʿAlī, d'après son père, d'après Abū Hāshim al-Jaʿfarī
Il dit : Nous étions auprès d’al-Riḍā (paix sur lui) et nous évoquions l’intellect (ʿaql) et la bonne éducation (adab). Il dit : « Ô Abū Hāshim, l’intellect (ʿaql) est un don gracieux de Dieu, et la bonne éducation (adab) est un effort volontaire. Quiconque s’astreint à la bonne éducation (adab) peut y parvenir ; mais quiconque s’efforce d’acquérir l’intellect (ʿaql) n’en retire qu’un surcroît d’ignorance. »
IsnādʿAlī ibn Ibrāhīm, d’après son père, d’après Yaḥyā ibn al-Mubārak, d’après ʿAbd Allāh ibn Jabala, d’après Isḥāq ibn ʿAmmār, d’après Abū ʿAbd Allāh (la paix soit sur lui)
Il dit : Je lui dis, que ma vie te soit sacrifiée : « J’ai un voisin qui prie beaucoup, donne beaucoup en aumône, accomplit beaucoup le pèlerinage, il n’y a rien à redire sur lui. » Il (l’Imam) dit alors : « Ô Isḥāq, comment est son ʿaql (intellect) ? » Je lui répondis, que ma vie te soit sacrifiée : « Il n’a pas de ʿaql. » Il dit alors : « Rien de tout cela ne s’élève de lui (vers Dieu). »
IsnādD'après al-Ḥusayn ibn Muḥammad, d'après Muʿallā ibn Muḥammad, d'après al-Washshā', d'après al-Muthannā al-Ḥannāṭ, d'après Qutayba al-Aʿshā, d'après Ibn Abī Yaʿfūr, d'après un client mawlā (affranchi) des Banū Shaybān, d'après Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui),
Il a dit : « Lorsque notre Qāʼim (le Résurrecteur) se lèvera, Dieu placera Sa main sur les têtes des serviteurs ; par cela, Il rassemblera leurs intellects (ʿuqūl) et leurs capacités de discernement (aḥlām) atteindront la perfection par lui. »
22
Traduit
22ـ عَلِيُّ بْنُ مُحَمَّدٍ عَنْ سَهْلِ بْنِ زِيَادٍ عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ سُلَيْمَانَ عَنْ عَلِيِّ بْنِ إِبْرَاهِيمَ عَنْ عَبْدِ الله بْنِ سِنَانٍ عَنْ أَبِي عَبْدِ الله (عَلَيْهِ السَّلام) قَالَ حُجَّةُ الله عَلَى الْعِبَادِ النَّبِيُّ وَالْحُجَّةُ فِيمَا بَيْنَ الْعِبَادِ وَبَيْنَ الله الْعَقْلُ.
IsnādD'après ʿAlī ibn Muḥammad, d'après Sahl ibn Ziyād, d'après Muḥammad ibn Sulaymān, d'après ʿAlī ibn Ibrāhīm, d'après ʿAbd Allāh ibn Sinān, d'après Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui)
Il a dit : « La preuve (ḥujja) de Dieu sur les serviteurs est le Prophète, et la preuve entre les serviteurs et Dieu est l'intellect (al-ʿaql). »
IsnādD'après ʿAlī b. Muḥammad, d'après Sahl b. Ziyād, d'après Ismāʿīl b. Mihrān, d'après l'un de ses hommes, d'après Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui)
IsnādD'après al-Ḥusayn ibn Muḥammad, d'après Muʿallā ibn Muḥammad, d'après al-Washshā', d'après Ḥammād ibn ʿUthmān, d'après al-Sariyy ibn Khālid, d'après Abū ʿAbd Allāh (la paix soit sur lui)
Il a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sur sa Famille) a dit : “Ô ʿAlī, il n'est point de pauvreté plus rude que l'ignorance (al-jahl), ni de richesse plus profitable que l'intellect (al-ʿaql).” »
IsnādMuhammad b. al-Ḥasan d’après Sahl b. Ziyād d’après Ibn Abī Najrān d’après al-ʿAlāʾ b. Razīn d’après Muḥammad b. Muslim d’après Abū Jaʿfar (que la paix soit sur lui)
Il dit : « Lorsque Dieu créa l’Intellect (al-ʿaql), Il lui dit : “Approche-toi”, et il s’approcha. Puis Il lui dit : “Éloigne-toi”, et il s’éloigna. Alors (Dieu) dit : “Par Ma Puissance et Ma Majesté, Je n’ai créé aucune créature plus belle que toi. C’est toi que Je commande, c’est toi que J’interdis, c’est par toi que Je récompense et c’est par toi que Je punis.” »
IsnādUn groupe de nos compagnons, d'après Aḥmad b. Muḥammad, d'après quelqu'un qui l'a élevé (vers l'Imam), d'après Abū ʿAbd Allāh (la paix soit sur lui)
Il a dit : « Le Messager de Dieu (que Dieu prie sur lui et sur sa famille) a dit : “Lorsque vous voyez un homme qui prie beaucoup et jeûne beaucoup, ne vous vantez pas de lui avant d'avoir observé la qualité de son intellect (ʿaql).” »
Le Prince des croyants (que la paix soit sur lui) a dit : « Quiconque possède solidement en ma faveur une seule qualité parmi les qualités du bien, je le supporte pour celle-ci et je pardonne l'absence de ce qui est en dehors d'elle. Mais je ne pardonne jamais l'absence d'intellect (ʿaql) ni de religion (dīn), car la séparation d'avec la religion est la séparation d'avec la sécurité : on ne jouit pas d'une vie dans la crainte ; et l'absence d'intellect est l'absence de vie, et on ne le compare qu'aux morts. »
IsnādD'après ʿAlī ibn Ibrāhīm ibn Hāshim, d'après Mūsā ibn Ibrāhīm al-Muḥāribī, d'après al-Ḥasan ibn Mūsā, d'après Mūsā ibn ʿAbd Allāh, d'après Maymūn ibn ʿAlī, d'après Abū ʿAbd Allāh (Jaʿfar aṣ-Ṣādiq, sur lui la paix), qui a dit : Le Commandeur des croyants (ʿAlī, sur lui la paix) a dit :
L'admiration qu'un homme éprouve pour lui-même est la preuve de la faiblesse de son intellect (ʿaql).
Isnādd'après Abū ʿAbd Allāh al-ʿĀṣimī, d'après ʿAlī b. al-Ḥasan, d'après ʿAlī b. Asbāṭ, d'après al-Ḥasan b. al-Jahm, d'après Abū al-Ḥasan al-Riḍā (sur lui la paix)
IsnādD'après ʿAlī ibn Muḥammad, d'après Aḥmad ibn Muḥammad ibn Khālid, d'après son père, d'après certains de nos compagnons, d'après Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui)
Il n'y a entre la foi et l'incroyance qu'un manque d'intellect (ʿaql). On demanda : « Et comment cela, ô fils du Messager de Dieu ? » Il répondit : « Le serviteur élève son désir vers une créature ; or, s'il avait sincérisé son intention pour Dieu, ce qu'il souhaite lui serait venu plus rapidement que cela. »
IsnādD'après un groupe de nos compagnons, remontant à Sahl ibn Ziyād, remontant à ʿUbayd Allāh al-Dihqān, remontant à Aḥmad ibn ʿUmar al-Ḥalabī, remontant à Yaḥyā ibn ʿImrān, d'après Abū ʿAbd Allāh (al-Imām al-Ṣādiq, sur lui la paix)
Il dit : « Le Commandeur des croyants (al-Imām ʿAlī, sur lui la paix) disait : “Par l’intellect (al-ʿaql) est extraite la profondeur de la sagesse (al-ḥikma), et par la sagesse est extraite la profondeur de l’intellect. C’est par une bonne politique (ḥusn al-siyāsa) que se réalise la discipline vertueuse.” » Il dit encore : « Il disait : “La réflexion (al-tafakkur) est la vie du cœur de l’homme lucide (al-baṣīr), de même que le marcheur se déplace dans les ténèbres grâce à la lumière, par une belle capacité à se dégager (des embûches) et par peu d’hésitation.” »
IsnādʿAlī ibn Muḥammad, d'après certains de ses compagnons, d'après Ibn Abī ʿUmayr, d'après al-Naḍr ibn Suwayd, d'après Ḥumrān et Ṣafwān ibn Mihrān al-Jammāl
Tous deux dirent : Nous avons entendu Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) dire : « Il n'est richesse plus féconde que l'ʿaql (intellect), il n'est pauvreté plus abjecte que la sottise, et il n'est secours pour une affaire plus grand que la consultation (mashwara) à son sujet. »
Il a dit : « Gabriel descendit vers Adam (que la paix soit sur lui) et dit : 'Ô Adam, j'ai reçu l'ordre de te faire choisir une chose parmi trois : choisis-la et laisse les deux autres.' Adam lui dit : 'Ô Gabriel, quelles sont ces trois choses ?' Il répondit : 'L'intellect (al-ʿaql), la pudeur (al-ḥayā') et la religion (ad-dīn).' Adam dit : 'J'ai choisi l'intellect.' Alors Gabriel dit à la pudeur et à la religion : 'Allez-vous-en et laissez-le.' Elles dirent : 'Ô Gabriel, nous avons reçu l'ordre d'être avec l'intellect où qu'il soit.' Il dit : 'Faites comme vous voulez' et il s'éleva. »
IsnādD'après ʿAlī ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allāh, d'après Ibrāhīm ibn Isḥāq al-Aḥmar, d'après Muḥammad ibn Sulaymān al-Daylamī, d'après son père
Il dit : Je dis à Abū ʿAbd Allāh (la paix soit sur lui) : « Un tel, [j’atteste] de sa piété, de sa religion et de sa vertu. » Il dit : « Comment est son ʿaql (intellect) ? » Je dis : « Je ne sais pas. » Il dit : « Certes, la récompense (thawāb) est proportionnée à l’intellect (ʿaql). Il y avait un homme parmi les Fils d’Israël qui adorait Dieu sur une île des îles de la mer, verdoyante, luxuriante, abondante en arbres et dont l’eau était abondante. Un ange parmi les anges passa près de lui et dit : ‘Ô Seigneur, montre-moi la récompense de Ton serviteur.’ Dieu Très-Haut la lui montra et l’ange la jugea mesquine. Alors Dieu Très-Haut lui révéla : ‘Accompagne-le.’ L’ange vint donc à lui sous l’apparence d’un humain et lui dit : ‘Qui es-tu ?’ L’homme [l’adorateur] dit : ‘Je suis un homme pieux ; j’ai appris ton lieu et ton adoration en cet endroit, et je suis venu pour adorer Dieu avec toi.’ Il resta avec lui ce jour-là. Le lendemain matin, l’ange lui dit : ‘Ton lieu est bien agréable et ne convient qu’à l’adoration.’ L’adorateur lui dit : ‘Notre lieu a un défaut.’ L’ange lui dit : ‘Quel est-il ?’ Il dit : ‘Notre Seigneur n’a pas de monture ; si seulement Il avait un âne, nous le ferions paître ici, car cette herbe est perdue.’ L’ange lui dit : ‘Et ton Seigneur a-t-Il un âne ?’ Il dit : ‘S’Il avait un âne, une telle herbe ne serait pas perdue.’ Alors Dieu révéla à l’ange : ‘Certes, Je ne le récompense que selon la mesure de son intellect (ʿaql).’ »
IsnādUn groupe de nos compagnons, d'après Aḥmad b. Muḥammad b. Khālid, d'après certains de ses compagnons, remontant (marfūʿan)
Il a dit : L'Envoyé de Dieu (que Dieu prie sur lui et sur sa Famille) a dit : Dieu n'a rien réparti de meilleur aux serviteurs que l'intellect ('aql). Le sommeil de l'homme doté d'intellect est meilleur que la veille de l'ignorant, et la résidence de l'homme doté d'intellect est meilleure que le voyage de l'ignorant. Dieu n'a envoyé aucun prophète ni aucun messager avant qu'il n'ait parachevé l'intellect et que son intellect ne soit supérieur à tous les intellects de sa communauté. Ce que le Prophète (que Dieu prie sur lui et sur sa Famille) garde secret en lui-même est meilleur que l'effort d'effort (ijtihād) de ceux qui pratiquent l'effort. Le serviteur n'accomplit les obligations de Dieu qu'après avoir compris par l'intellect, et tous les adorateurs, dans le mérite de leur adoration, n'atteignent pas ce qu'atteint l'homme doté d'intellect. Les doués d'intellect sont les hommes doués de discernement (ulu l-albāb), dont Dieu Très-Haut a dit : « Mais ne se rappellent que les hommes doués de discernement. »
IsnādAbū ʿAbd Allāh al-Ashʿarī, d'après certains de nos compagnons, l'élevant (par transmission interrompue) jusqu'à Hishām ibn al-Ḥakam
Il dit : Abū al-Ḥasan Mūsā ibn Jaʿfar (que la paix soit sur lui) me dit : « Ô Hishām, certes Dieu — béni et exalté soit-Il — a annoncé une bonne nouvelle aux gens d’intellect (ʿaql) et de compréhension dans Son Livre. Il a dit : “Annonce donc à Mes serviteurs qui écoutent la parole et suivent ce qu’elle contient de meilleur. Ce sont ceux que Dieu guide, et ce sont eux les doués d’intelligence (ūlū al-albāb).” Ô Hishām, Dieu — béni et exalté soit-Il — a rendu complètes pour les hommes les preuves (ḥujaj) par les intellects (ʿuqūl), a soutenu les prophètes par l’éloquence (bayān) et les a guidés vers Sa Seigneurie par les preuves (adilla). Il a dit : “Et votre Dieu est un Dieu unique. Nulle divinité sinon Lui, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. Dans la création des cieux et de la terre, l’alternance de la nuit et du jour, les vaisseaux qui voguent sur la mer pour le profit des gens, l’eau que Dieu fait descendre du ciel par laquelle Il fait revivre la terre après sa mort, toutes les bêtes qu’Il y disperse, la direction des vents et des nuages assujettis entre ciel et terre, il y a des signes pour des gens qui raisonnent (yaʿqilūn).” Ô Hishām, Dieu a fait de cela une preuve de Sa connaissance, afin qu’ils sachent qu’ils ont un Gouverneur. Il a dit : “Il a assujetti pour vous la nuit et le jour, le soleil et la lune ; les étoiles sont assujetties par Son ordre. Il y a là des signes pour des gens qui raisonnent.” Et Il a dit : “C’est Lui qui vous a créés de terre, puis d’une goutte de sperme, puis d’un caillot de sang. Il vous fait sortir enfant, puis vous amène à la force de l’âge, puis à la vieillesse. Certains d’entre vous meurent avant, et tout ceci pour que vous atteigniez un terme fixé et que vous raisonniez.” Et Il a dit : “Dans l’alternance de la nuit et du jour, dans la subsistance que Dieu fait descendre du ciel par laquelle Il fait revivre la terre après sa mort, et dans la direction des vents et des nuages assujettis entre ciel et terre, il y a des signes pour des gens qui raisonnent.” Et Il a dit : “Il fait revivre la terre après sa mort : voilà les signes que Nous vous avons exposés afin que vous raisonniez.” Et Il a dit : “Des jardins de vignes, des cultures, des palmiers aux troncs séparés ou non, arrosés d’une même eau. Nous favorisons certains pour la nourriture. Il y a là des signes pour des gens qui raisonnent.” Et Il a dit : “Parmi Ses signes, Il vous montre l’éclair, crainte et espoir, et fait descendre du ciel une eau par laquelle Il fait revivre la terre après sa mort. Il y a là des signes pour des gens qui raisonnent.” Et Il a dit : “Dis : Venez, je vais réciter ce que votre Seigneur vous a interdit : ne Lui associez rien, soyez bons envers vos père et mère, ne tuez pas vos enfants par crainte de pauvreté — Nous vous nourrissons, vous et eux —, n’approchez pas les turpitudes, qu’elles soient ostensibles ou cachées, et ne tuez pas l’âme que Dieu a rendue sacrée, sinon en toute justice. Voilà ce qu’Il vous a recommandé, afin que vous raisonniez.” Et Il a dit : “Avez-vous, parmi ceux que vos mains droites possèdent, des associés dans ce que Nous vous avons accordé, au point que vous soyez égaux, redoutant leur pouvoir comme vous redoutez le vôtre ? Ainsi détaillons-Nous les signes pour des gens qui raisonnent.” Ô Hishām, puis Il a exhorté les gens d’intellect et les a incités à l’au-delà : “La vie d’ici-bas n’est que jeu et divertissement. La Demeure de l’au-delà est meilleure pour ceux qui craignent Dieu. Ne raisonnez-vous donc pas ?” Ô Hishām, puis Il a menacé ceux qui ne raisonnent pas par Son châtiment : “Puis Nous avons anéanti les autres. Et vous passez près d’eux le matin et la nuit. Ne raisonnez-vous donc pas ?” Et Il a dit : “Nous allons faire descendre sur les habitants de cette cité un fléau du ciel pour leurs perversités. Et Nous en avons laissé un signe évident pour des gens qui raisonnent.” Ô Hishām, l’intellect (ʿaql) va de pair avec la science. Il a dit : “Telles sont les paraboles que Nous proposons aux hommes, mais seuls les savants les comprennent (yaʿqilu).” Ô Hishām, puis Il a blâmé ceux qui ne raisonnent pas : “Quand on leur dit : ‘Suivez ce que Dieu a révélé’, ils répondent : ‘Non, nous suivons les coutumes de nos pères.’ Quoi ! même si leurs pères ne raisonnaient rien et n’étaient pas guidés ?” Et Il a dit : “Les mécréants sont comme celui qui crie à quelque chose qui n’entend qu’appels et clameurs : sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent point.” Et Il a dit : “Parmi eux, certains t’écoutent. Mais toi, ferais-tu entendre les sourds, même s’ils ne raisonnent point ?” Et Il a dit : “Penses-tu que la plupart d’entre eux entendent ou raisonnent ? Ils ne sont que comme du bétail, mais plus égarés encore.” Et Il a dit : “Ils ne vous combattront tous que dans des villages fortifiés ou derrière des murs. Leur courage est grand entre eux. Tu les croirais unis, mais leurs cœurs sont divisés. Cela, parce que ce sont des gens qui ne raisonnent point.” Et Il a dit : “Vous oubliez vous-mêmes alors que vous récitez l’Écriture ! Ne raisonnez-vous donc pas ?” Ô Hishām, puis Dieu a blâmé la multitude : “Si tu obéis à la plupart de ceux qui sont sur terre, ils t’égareront du chemin de Dieu.” Et Il a dit : “Si tu leur demandes : ‘Qui a créé les cieux et la terre ?’, ils diront : ‘Dieu.’ Dis : ‘Louange à Dieu !’ Mais la plupart ne savent pas.” Et Il a dit : “Si tu leur demandes : ‘Qui a fait descendre l’eau du ciel et en a fait revivre la terre après sa mort ?’, ils diront : ‘Dieu.’ Dis : ‘Louange à Dieu !’ Mais la plupart ne raisonnent point.” Ô Hishām, puis Il a loué le petit nombre : “Peu de Mes serviteurs sont reconnaissants.” Et Il a dit : “Ils sont peu nombreux.” Et Il a dit : “Un homme croyant de la famille de Pharaon, qui cachait sa foi, dit : ‘Tuerez-vous un homme parce qu’il dit : Mon Seigneur est Dieu ?’” Et Il a dit : “Ceux qui crurent, et avec lui il n’y eut qu’un petit nombre.” Et Il a dit : “Mais la plupart ne savent pas.” Et Il a dit : “La plupart ne raisonnent point.” Et Il a dit : “La plupart ne sentent point.” Ô Hishām, puis Il a mentionné les doués d’intelligence (ūlū al-albāb) par la plus belle mention et les a ornés de la plus belle parure. Il a dit : “Il donne la sagesse à qui Il veut. Et celui qui reçoit la sagesse reçoit un bien immense. Mais seuls les doués d’intelligence s’en souviennent.” Et Il a dit : “Les hommes enracinés dans la science disent : ‘Nous y croyons ; tout vient de notre Seigneur.’ Mais seuls les doués d’intelligence s’en souviennent.” Et Il a dit : “Dans la création des cieux et de la terre, l’alternance de la nuit et du jour, il y a des signes pour les doués d’intelligence.” Et Il a dit : “Celui qui sait que ce qui t’est révélé de ton Seigneur est la vérité est-il comparable à l’aveugle ? Mais seuls les doués d’intelligence se souviennent.” Et Il a dit : “Qui passe la nuit prosterné et debout, craignant l’au-delà et espérant la miséricorde de son Seigneur ? Dis : ‘Ceux qui savent et ceux qui ne savent pas sont-ils égaux ?’ Mais seuls les doués d’intelligence se souviennent.” Et Il a dit : “Voici un Livre béni que Nous avons fait descendre vers toi, afin qu’ils méditent sur ses versets et que les doués d’intelligence se souviennent.” Et Il a dit : “Nous avons donné la guidance à Moïse et laissé en héritage aux Enfants d’Israël le Livre comme guidance et rappel pour les doués d’intelligence.” Et Il a dit : “Rappelle ! Car le rappel profite aux croyants.” Ô Hishām, Dieu — exalté soit-Il — dit dans Son Livre : “Il y a là un rappel pour quiconque a un cœur” — c’est-à-dire un intellect — et Il a dit : “Nous avons donné la sagesse à Luqmān.” Il (l’Imam) dit : “Compréhension et intellect.” Ô Hishām, Luqmān dit à son fils : “Sois humble devant la vérité, tu seras alors le plus intelligent des hommes. L’homme avisé est léger quand il s’agit de la vérité. Ô mon fils, la vie d’ici-bas est une mer profonde dans laquelle une multitude d’êtres s’est noyée. Que ta barque y soit la crainte de Dieu (taqwā), sa cargaison la foi (īmān), sa voile la confiance en Dieu (tawakkul), son timonier l’intellect (ʿaql), son guide la science (ʿilm) et son gouvernail la patience (ṣabr).” Ô Hishām, toute chose a un guide. Le guide de l’intellect est la réflexion (tafakkur) ; le guide de la réflexion est le silence. Toute chose a une monture ; la monture de l’intellect est l’humilité (tawāḍuʿ). Il te suffit, comme ignorance, que tu t’engages dans ce qui t’est interdit. Ô Hishām, Dieu n’a envoyé Ses prophètes et Ses messagers à Ses serviteurs que pour qu’ils conçoivent par l’intellect (yaʿqilū) au sujet de Dieu. Le plus excellent d’entre eux en réponse est le plus excellent en connaissance ; le plus savant de l’ordre de Dieu est le plus excellent en intellect ; le plus parfait en intellect est celui qui a le rang le plus élevé en ce monde et dans l’au-delà. Ô Hishām, Dieu a deux preuves (ḥujjatān) contre les hommes : une preuve apparente (ẓāhira) et une preuve cachée (bāṭina). La preuve apparente, ce sont les messagers, les prophètes et les Imams (que la paix soit sur eux) ; la preuve cachée, ce sont les intellects (ʿuqūl). Ô Hishām, l’homme intelligent (ʿāqil) est celui que le licite (ḥalāl) ne détourne pas de sa gratitude, et sur qui l’illicite (ḥarām) ne l’emporte pas au point de lui faire perdre patience. Ô Hishām, celui qui donne pouvoir à trois choses sur trois autres, c’est comme s’il aidait à détruire son propre intellect : celui dont la lumière de sa réflexion est obscurcie par la longueur de ses espérances, qui efface les subtilités de sa sagesse par l’excès de ses paroles, et qui éteint la lumière de sa réflexion (ʿibra) par les passions de son âme : c’est comme s’il aidait ses passions à détruire son intellect. Et celui qui détruit son intellect ruine sa religion et sa vie d’ici-bas. Ô Hishām, comment ton œuvre serait-elle pure auprès de Dieu alors que tu occupes ton cœur loin de l’ordre de ton Seigneur et que tu obéis à tes passions en dominant ton intellect ? Ô Hishām, la patience dans la solitude est le signe de la force de l’intellect. Celui qui conçoit par l’intellect au sujet de Dieu s’éloigne des gens de ce monde et de ceux qui y aspirent ; il désire ce qui est auprès de Dieu ; Dieu est sa compagnie dans la solitude, son ami dans l’isolement, sa richesse dans le besoin et celui qui l’honore sans clan. Ô Hishām, l’érection de la vérité consiste à obéir à Dieu. Nul salut sinon par l’obéissance ; l’obéissance passe par la science ; la science s’acquiert par l’apprentissage ; l’apprentissage s’obtient par l’intellect, et l’on n’a pas de science sinon d’un savant seigneurial (rabbānī). La connaissance de la science vient par l’intellect. Ô Hishām, peu d’œuvre de la part du savant est acceptée et multipliée ; beaucoup d’œuvre de la part de l’homme de passion et d’ignorance est rejetée. Ô Hishām, l’intelligent se contente d’un peu de ce monde accompagné de sagesse, et ne se contente pas d’un peu de sagesse accompagné de ce monde. C’est pourquoi leur commerce est bénéfique. Ô Hishām, les hommes intelligents ont délaissé les excès de ce monde — combien plus les péchés ! Abandonner ce monde est un acte surérogatoire (faḍl) ; abandonner les péchés est une obligation (farḍ). Ô Hishām, l’intelligent a regardé ce monde et ses gens : il a su qu’on ne l’atteint que par la peine ; il a regardé l’au-delà : il a su qu’on ne l’atteint que par la peine ; il a donc recherché par la peine ce qui est le plus durable des deux. Ô Hishām, les hommes intelligents se sont détachés (zahidū) de ce monde et ont désiré l’au-delà, car ils ont su que ce monde est à la fois recherchant et recherché, tandis que l’au-delà est à la fois recherchant et recherché. Celui qui recherche l’au-delà, ce monde le recherche jusqu’à ce qu’il reçoive sa subsistance ; celui qui recherche ce monde, l’au-delà le recherche, et la mort le surprend, ruinant pour lui et sa vie d’ici-bas et sa vie future. Ô Hishām, quiconque désire la richesse sans biens, la tranquillité du cœur à l’abri de l’envie et la sécurité dans la religion, qu’il implore Dieu — puissant et majestueux — dans sa prière de parfaire son intellect. Car celui qui a de l’intellect se contente de ce qui lui suffit ; celui qui se contente de ce qui lui suffit devient riche ; celui qui ne se contente pas de ce qui lui suffit n’atteindra jamais la richesse. Ô Hishām, Dieu a rapporté de gens vertueux qu’ils dirent : “Seigneur, ne fais pas dévier nos cœurs après que Tu nous as guidés ; accorde-nous une miséricorde de Ta part ; Tu es le Donateur,” car ils savaient que les cœurs dévient et reviennent à leur aveuglement et à leur perdition. En vérité, ne craint pas Dieu celui qui ne conçoit pas par l’intellect au sujet de Dieu ; et celui qui ne conçoit pas par l’intellect au sujet de Dieu ne fixe pas son cœur dans une connaissance stable qu’il voit et dont il trouve la réalité dans son cœur. Nul n’est ainsi, sauf celui dont la parole est en accord avec l’acte et dont le secret est en conformité avec le manifeste — car Dieu — béni soit Son nom — n’a indiqué la dimension cachée et intérieure de l’intellect que par un aspect apparent et une expression qui en parle. Ô Hishām, le Commandeur des croyants (que la paix soit sur lui) disait : “Dieu n’a été adoré par rien de meilleur que l’intellect.” L’intellect d’un homme n’est parfait que s’il possède de multiples qualités : l’incroyance (kufr) et le mal (sharr) y sont en sécurité ; la droiture (rushd) et le bien (khayr) en sont espérés ; le superflu de ses biens est donné ; le superflu de ses paroles est retenu ; sa part de ce monde est le strict nécessaire ; il ne se lasse jamais de la science ; l’humiliation avec Dieu lui est plus chère que la gloire avec d’autres que Lui ; l’humilité lui est plus chère que l’honneur ; il tient pour beaucoup le peu de bien d’autrui et pour peu le beaucoup de bien de lui-même ; il voit tous les hommes meilleurs que lui, et lui-même comme le pire d’entre eux — et c’est là la perfection de l’affaire. Ô Hishām, l’intelligent ne ment pas, même si sa passion y est. Ô Hishām, point de religion pour qui n’a pas de virilité (murūʾa), et point de virilité pour qui n’a pas d’intellect. Le plus grand en valeur parmi les hommes est celui qui ne considère pas ce monde comme ayant de prix pour lui-même. Certes, vos corps n’ont d’autre prix que le Paradis : ne les vendez donc pas pour autre chose. Ô Hishām, le Commandeur des croyants (que la paix soit sur lui) disait : “Parmi les signes de l’intelligent, qu’il possède trois qualités : il répond quand on l’interroge, il parle quand les gens sont incapables de parler, et il propose l’avis qui apporte le bien à ses gens. Celui chez qui ne se trouve aucune de ces trois qualités est un sot.” Et il dit encore : “Ne s’assied au haut bout de l’assemblée qu’un homme qui possède ces trois qualités, ou l’une d’elles. Celui qui n’en possède aucune et s’y assied est un sot.” Al-Ḥasan ibn ʿAlī (que la paix soit sur eux) dit : “Lorsque vous cherchez à satisfaire vos besoins, demandez-les à ceux qui en sont dignes.” On lui dit : “Ô fils du Messager de Dieu, qui en est digne ?” Il répondit : “Ceux dont Dieu a parlé dans Son Livre en disant : ‘Mais seuls les doués d’intelligence (ūlū al-albāb) s’en souviennent.’” Il (l’Imam) dit : “Ce sont les gens d’intellect.” ʿAlī ibn al-Ḥusayn (que la paix soit sur eux) dit : “La fréquentation des vertueux est une incitation à la vertu ; les bonnes manières des savants sont un accroissement d’intellect ; l’obéissance aux gouverneurs justes est la perfection de la gloire ; faire fructifier ses biens est la perfection de la virilité ; guider celui qui demande conseil est un dû pour le bienfait reçu ; s’abstenir de nuire est une perfection de l’intellect, et en cela se trouve le repos du corps, immédiatement et dans l’au-delà.” Ô Hishām, l’intelligent ne converse pas avec celui dont il craint d’être démenti ; il ne demande pas à celui dont il craint le refus ; il ne promet pas ce qu’il ne peut tenir ; il n’espère pas ce dont l’espoir le rendrait blâmable ; il ne s’engage pas dans ce dont il craint de manquer par incapacité.
IsnādD'après un groupe de nos compagnons, d'après Aḥmad b. Muḥammad, d'après ʿAlī b. Ḥadīd, d'après Samāʿa b. Mihrān
Il (Samāʿa) dit : J'étais chez Abū ʿAbd Allāh (al-Ṣādiq, la paix soit sur lui) et se trouvait chez lui un groupe de ses adeptes (mawālī). On évoqua l'intellect (al-ʿaql) et l'ignorance (al-jahl). Alors Abū ʿAbd Allāh (la paix soit sur lui) dit : Connaissez l'intellect et ses armées, et l'ignorance et ses armées, et vous serez guidés. Samāʿa dit : Je dis : Que je sois sacrifié pour toi ! Nous ne connaissons que ce que tu nous as appris. Alors Abū ʿAbd Allāh (la paix soit sur lui) dit : Dieu, Puissant et Sublime, créa l'intellect, première des créatures spirituelles (rūḥāniyyīn), à la droite du Trône (al-ʿArsh), de Sa lumière. Il lui dit : Tourne-toi (adbir). Et il se tourna. Puis Il lui dit : Viens (aqbil). Et il vint. Alors Dieu, Béni et Exalté, dit : Je t'ai créé comme une grande création, et Je t'ai honoré par-dessus toute Ma création. Il (l'Imam) dit : Puis Il créa l'ignorance, ténébreuse (ẓulmāniyyan), de l'eau de mer amère et salée (al-baḥr al-ujāj). Il lui dit : Tourne-toi. Et il se tourna. Puis Il lui dit : Viens. Mais il ne vint pas. Alors Il lui dit : Tu t'es enorgueilli ? Et Il le maudit. Ensuite, Il assigna à l'intellect soixante-quinze armées (jund). Lorsque l'ignorance vit ce dont Dieu avait honoré l'intellect et ce qu'Il lui avait donné, elle conçut en secret de l'hostilité envers lui. L'ignorance dit : Ô Seigneur ! Celui-ci est une créature comme moi : Tu l'as créée, honorée et renforcée, tandis que je suis son contraire et je n'ai pas de force contre lui. Donne-moi donc des armées semblables à celles que Tu lui as données. Il (Dieu) dit : Oui. Mais si, après cela, tu désobéis, Je te chasserai, toi et ton armée, de Ma miséricorde. Il (l'ignorance) dit : J'accepte. Alors Il lui donna soixante-quinze armées. Parmi ce qu'Il donna à l'intellect comme les soixante-quinze armées, il y avait le Bien (al-khayr) — qui est le vizir de l'intellect — et Il plaça son contraire, le Mal (al-sharr) — qui est le vizir de l'ignorance. (Puis Il créa :) la foi (al-īmān) et son contraire, la mécréance (al-kufr) ; la confirmation (al-taṣdīq) et son contraire, le déni (al-juḥūd) ; l'espérance (al-rajā') et son contraire, le désespoir (al-qunūṭ) ; la justice (al-ʿadl) et son contraire, l'injustice (al-jawr) ; la satisfaction (al-riḍā) et son contraire, le mécontentement (al-sukht) ; la gratitude (al-shukr) et son contraire, l'ingratitude (al-kufrān) ; l'ambition louable (al-ṭamaʿ) et son contraire, le désespoir (al-ya's) ; la confiance en Dieu (al-tawakkul) et son contraire, l'avidité (al-ḥirṣ) ; la compassion (al-ra'fa) et son contraire, la dureté (al-qaswa) ; la miséricorde (al-raḥma) et son contraire, la colère (al-ghaḍab) ; la science (al-ʿilm) et son contraire, l'ignorance (al-jahl) ; la compréhension (al-fahm) et son contraire, la sottise (al-ḥumq) ; la chasteté (al-ʿiffa) et son contraire, la licence (al-tahattuk) ; l'ascèse (al-zuhd) et son contraire, l'attachement (al-raghba) ; la douceur (al-rifq) et son contraire, la grossièreté (al-khurq) ; la crainte révérentielle (al-rahba) et son contraire, l'audace (al-jur'a) ; l'humilité (al-tawāḍuʿ) et son contraire, l'orgueil (al-kibr) ; la pondération (al-tu'ada) et son contraire, la précipitation (al-tasarruʿ) ; la clémence (al-ḥilm) et son contraire, la stupidité (al-safah) ; le silence (al-ṣamt) et son contraire, le bavardage (al-hadhar) ; la soumission (al-istislām) et son contraire, l'arrogance (al-istikbār) ; la remise confiante (al-taslīm) et son contraire, le doute (al-shakk) ; la patience (al-ṣabr) et son contraire, l'impatience (al-jazaʿ) ; le pardon (al-ṣafḥ) et son contraire, la vengeance (al-intiqām) ; la suffisance (al-ghinā) et son contraire, la pauvreté (al-faqr) ; la remémoration (al-tadhakkur) et son contraire, l'inattention (al-sahw) ; la mémoire (al-ḥifẓ) et son contraire, l'oubli (al-nisyān) ; l'affection (al-taʿaṭṭuf) et son contraire, la rupture (al-qaṭīʿa) ; le contentement (al-qunūʿ) et son contraire, l'avidité (al-ḥirṣ) ; la solidarité (al-mu'āsāt) et son contraire, le refus (al-manʿ) ; l'amitié (al-mawadda) et son contraire, l'inimitié (al-ʿadāwa) ; la loyauté (al-wafā') et son contraire, la trahison (al-ghadr) ; l'obéissance (al-ṭāʿa) et son contraire, la désobéissance (al-maʿṣiya) ; l'humilité (al-khuḍūʿ) et son contraire, la hauteur (al-taṭāwul) ; l'intégrité (al-salāma) et son contraire, l'épreuve (al-balā') ; l'amour (al-ḥubb) et son contraire, la haine (al-bughḍ) ; la vérité (al-ṣidq) et son contraire, le mensonge (al-kidhb) ; le vrai (al-ḥaqq) et son contraire, le faux (al-bāṭil) ; la confiance (al-amāna) et son contraire, la trahison (al-khiyāna) ; la sincérité (al-ikhlāṣ) et son contraire, l'hypocrisie mêlée (al-shawb) ; la bravoure (al-shahāma) et son contraire, l'abrutissement (al-balāda) ; la compréhension (al-fahm) et son contraire, la stupidité (al-ghabāwa) ; la connaissance (al-maʿrifa) et son contraire, le reniement (al-inkār) ; la diplomatie (al-mudārāt) et son contraire, la confrontation (al-mukāshafa) ; la discrétion (salāmat al-ghayb) et son contraire, la ruse (al-mumākara) ; la dissimulation (al-kitmān) et son contraire, la divulgation (al-ifshā') ; la prière (al-ṣalāt) et son contraire, la négligence (al-iḍāʿa) ; le jeûne (al-ṣawm) et son contraire, la rupture (al-ifṭār) ; le combat spirituel (al-jihād) et son contraire, la défection (al-nukūl) ; le pèlerinage (al-ḥajj) et son contraire, le rejet du pacte (nabdh al-mīthāq) ; la protection des paroles (ṣawnt al-ḥadīth) et son contraire, la calomnie (al-namīma) ; la bonté envers les parents (birr al-wālidayn) et son contraire, l'ingratitude (al-ʿuqūq) ; la réalité intérieure (al-ḥaqīqa) et son contraire, l'ostentation (al-riyā') ; le bien (al-maʿrūf) et son contraire, le blâmable (al-munkar) ; la pudeur (al-satr) et son contraire, l'exhibition (al-tabarruj) ; la dissimulation prudente (al-taqiyya) et son contraire, la divulgation (al-idhāʿa) ; l'équité (al-inṣāf) et son contraire, la partialité partisane (al-ḥamiyya) ; la préparation (al-tahyi'a) et son contraire, la transgression (al-baghy) ; la propreté (al-naẓāfa) et son contraire, la saleté (al-qadhar) ; la pudeur (al-ḥayā') et son contraire, l'impudence (al-jalaʿ) ; la modération (al-qaṣd) et son contraire, l'outrance (al-ʿudwān) ; le repos (al-rāḥa) et son contraire, la fatigue (al-taʿab) ; la facilité (al-suhūla) et son contraire, la difficulté (al-ṣuʿūba) ; la bénédiction (al-baraka) et son contraire, la disparition (al-maḥq) ; la santé (al-ʿāfiya) et son contraire, l'épreuve (al-balā') ; la droiture (al-qawām) et son contraire, la compétition excessive (al-mukāthara) ; la sagesse (al-ḥikma) et son contraire, la passion (al-hawā) ; la dignité (al-waqār) et son contraire, la légèreté (al-khiffa) ; la félicité (al-saʿāda) et son contraire, la malédiction (al-shaqāwa) ; le repentir (al-tawba) et son contraire, la persistance (al-iṣrār) ; la demande de pardon (al-istighfār) et son contraire, l'illusion (al-ightirār) ; la préservation (al-muḥāfaẓa) et son contraire, la négligence (al-tahāwun) ; l'invocation (al-duʿā') et son contraire, le refus hautain (al-istinkāf) ; la vigueur (al-nashāṭ) et son contraire, la paresse (al-kasal) ; la joie (al-faraḥ) et son contraire, la tristesse (al-ḥazan) ; l'union (al-ulfa) et son contraire, la séparation (al-furqa) ; la générosité (al-sakhā') et son contraire, l'avarice (al-bukhl). Or, toutes ces qualités parmi les armées de l'intellect ne se réunissent que chez un prophète (nabī), un légataire testamentaire (waṣī) de prophète, ou un croyant (mu'min) dont Dieu a éprouvé le cœur pour la foi. Quant au reste de nos adeptes (mawālīnā), aucun d'entre eux ne manque d'avoir en lui certaines de ces armées, jusqu'à ce qu'il les accomplisse toutes et se purifie des armées de l'ignorance. Alors seulement il sera au rang suprême (al-daraja al-ʿulyā) avec les prophètes et les légataires testamentaires. Et cela ne s'atteint que par la connaissance de l'intellect et de ses armées, et en s'écartant de l'ignorance et de ses armées. Que Dieu nous accorde, à nous et à vous, la grâce de Lui obéir et de faire ce qui L'agrée.
IsnādAl-Ḥusayn ibn Muḥammad, d'après Aḥmad ibn Muḥammad al-Sayyārī, d'après Abū Yaʿqūb al-Baghdādī, qui a dit :
Ibn al-Sikkīt dit à Abū al-Ḥasan (ʿalayhi al-salām) : « Pour quelle raison Dieu envoya-t-Il Moïse fils d’ʿImrān (ʿalayhi al-salām) avec le bâton, sa main blanche et l’attirail de la magie, envoya-t-Il Jésus avec l’attirail de la médecine, et envoya-t-Il Muḥammad — que Dieu prie sur lui et sur sa Famille, ainsi que sur tous les prophètes — avec la parole et les discours ? » Abū al-Ḥasan (ʿalayhi al-salām) répondit : « Lorsque Dieu envoya Moïse (ʿalayhi al-salām), la magie dominait les gens de son époque. Il leur apporta donc de la part de Dieu ce dont ils ne pouvaient produire l’équivalent, par quoi Il anéantit leur magie et établit contre eux l’argument décisif. Dieu envoya Jésus (ʿalayhi al-salām) à une époque où les maladies étaient manifestes et où les gens avaient besoin de la médecine. Il leur apporta donc de la part de Dieu ce dont ils ne possédaient pas l’équivalent : par quoi Il ressuscita pour eux les morts, guérit l’aveugle-né et le lépreux par la permission de Dieu, et établit contre eux l’argument décisif. Dieu envoya Muḥammad (que la prière de Dieu soit sur lui et sur sa Famille) à une époque où les discours et la rhétorique — et je pense qu’il dit aussi : la poésie — dominaient les gens de son époque. Il leur apporta donc de la part de Dieu, de Ses exhortations et de Ses sagesses, ce par quoi Il anéantit leurs paroles et établit contre eux l’argument décisif. » Ibn al-Sikkīt dit alors : « Par Dieu, je n’ai jamais vu quelqu’un de semblable à toi ! Quel est donc l’argument contre les créatures aujourd’hui ? » Il (ʿalayhi al-salām) répondit : « L’intellect (ʿaql) : par lui on reconnaît celui qui dit vrai sur Dieu et on le croit, et celui qui ment sur Dieu et on le dément. » Ibn al-Sikkīt s’écria : « Par Dieu, voilà la réponse ! »
IsnādPlusieurs de nos compagnons, d'après Aḥmad b. Muḥammad, [par transmission] interrompue (mursal)
Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui) a dit : « Le pilier de l’être humain est l’intellect (al-ʿaql). De l’intellect proviennent la perspicacité (al-fiṭna), la compréhension (al-fahm), la mémoire (al-ḥifẓ) et la science (al-ʿilm). C’est par l’intellect que l’homme s’accomplit ; il est son guide, sa lumière intérieure et la clef de sa conduite. Lorsque l’intellect est soutenu par la lumière (al-nūr), l’homme devient savant, mémorisant, doué de mémoire, perspicace et compréhensif. Il sait alors comment, pourquoi et où ; il distingue celui qui le conseille sincèrement de celui qui le trompe. Ayant cette connaissance, il discerne ce qu’il doit suivre, ce qui lui est lié et ce qui en est séparé ; il voue un culte exclusif à l’Unicité de Dieu (al-waḥdāniyya li-llāh) et professe l’obéissance. Agissant ainsi, il rattrape ce qui a été perdu, accueille ce qui vient, sait ce dans quoi il se trouve, pourquoi il est ici, d’où il vient et vers quoi il se dirige. Tout cela provient du soutien de l’intellect. »
IsnādD'après un groupe de nos compagnons, d'après Ahmad b. Muhammad, d'après al-Haytham b. Abī Masrūq al-Nahdī, d'après al-Husayn b. Khālid, d'après Ishāq b. ʿAmmār
Il dit : Je dis à Abī ʿAbdillāh (que la paix soit sur lui) : « Il y a l'homme que je visite et à qui je parle avec une partie de ma parole, et il la comprend toute entière. Parmi eux, il y a celui que je visite et à qui je m'adresse en parlant, et il saisit toute ma parole dans son intégralité, puis il me la renvoie telle que je la lui ai adressée. Et parmi eux, il y a celui que je visite et à qui je parle, et il dit : “Répète-moi (la parole).” » Alors il (l'Imam) dit : « Ô Ishāq, sais-tu pourquoi il en est ainsi ? » Je répondis : « Non. » Il dit : « Celui à qui tu parles avec une partie de ta parole et qui la comprend toute entière, c'est celui dont la goutte (de sperme, nufa) a été pétrie avec son ʿaql (intellect). Quant à celui à qui tu parles, qui saisit toute ta parole puis te répond en fonction de ta parole, c'est celui dont le ʿaql (intellect) a été installé en lui dans le ventre de sa mère. Quant à celui à qui tu adresses la parole et qui dit : “Répète-moi (la parole)”, c'est celui dont le ʿaql (intellect) a été installé en lui après qu'il a grandi, et c'est pourquoi il te dit : “Répète-moi (la parole).” »
IsnādD'après certains de nos compagnons, qui l'ont élevé (dans la chaîne) d'après Mufaḍḍal ibn ʿUmar, d'après Abū ʿAbd Allāh (que la paix soit sur lui).
Il a dit : «Ô Mufaḍḍal, ne réussit pas celui qui n'utilise pas son intellect ('aql), et n'utilise pas son intellect celui qui n'a pas la connaissance ('ilm). Bientôt réussira celui qui comprend, et triomphera celui qui fait preuve de clémence (ḥilm). La connaissance est une armure, la véracité est une puissance, l'ignorance est une humiliation, la compréhension est une gloire, la générosité est une réussite, et la beauté du caractère attire l'affection. Celui qui connaît son temps, les ambiguïtés (al-lawābis) ne l'assaillent pas. La prudence (al-ḥazm) est d'avoir une mauvaise opinion. Entre l'homme et la sagesse (al-ḥikma) se trouve la grâce du savant ; l'ignorant est malheureux entre les deux. Dieu est l'allié (walī) de celui qui Le connaît, et l'ennemi de celui qui affecte [de Le connaître]. L'homme intelligent ('āqil) est indulgent, l'ignorant est traître. Si tu veux être honoré, sois doux ; si tu veux être méprisé, sois dur. Celui dont l'origine est noble a le cœur doux ; celui dont la nature est rude a le cœur dur. Celui qui manque [de prudence] tombe dans l'embarras ; celui qui craint la fin [des choses] s'abstient de s'aventurer dans ce qu'il ne connaît pas. Celui qui attaque une affaire sans science, se coupe le nez à lui-même (i.e. se déshonore). Celui qui n'a pas la connaissance ne comprend pas ; celui qui ne comprend pas n'est pas en sécurité ; celui qui n'est pas en sécurité n'est pas honoré ; celui qui n'est pas honoré est opprimé ; celui qui est opprimé est plus blâmable ; et celui qui est ainsi est plus susceptible de se repentir. »
Il dit : « On mentionna devant lui nos compagnons, et on mentionna l'intellect (al-ʿaql). » Il dit : « Alors il (sur lui la paix) dit : "On ne tient pas compte de ceux qui pratiquent la religion et qui n'ont pas d'intellect." Je dis : "Que je sois rançon pour toi ! Parmi ceux qui décrivent cette cause, il y a des gens qui ne nous posent aucun problème, mais ils n'ont pas ces intelligences-là." Il dit : "Ceux-là ne font pas partie de ceux à qui Dieu s'adresse. Dieu a créé l'intellect et lui a dit : 'Avance', et il avança ; et Il lui a dit : 'Recule', et il recula. Puis Il dit : 'Par Ma puissance et Ma majesté, Je n'ai rien créé de plus beau que toi, ni de plus aimé de Moi que toi ; par toi Je prends, et par toi Je donne.'" »
IsnādD'après plusieurs de nos compagnons, d'après ʿAbd Allāh al-Bazzāz, d'après Muḥammad ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn Ḥammād, d'après al-Ḥasan ibn ʿAmmār, d'après Abū ʿAbd Allāh (l'Imam Jaʿfar al-Ṣādiq, sur lui la paix)
— dans un long hadith — : « La première des choses, leur commencement, leur force et leur édifice, sans laquelle rien n'est utile, c'est l'intellect (al-ʿaql) qu'Allah a fait comme parure pour Ses créatures et comme lumière pour elles. C'est par l'intellect que les serviteurs ont connu leur Créateur, qu'ils sont créés, que Lui est leur Administrateur, qu'ils sont administrés, qu'Il est l'Éternel et qu'ils sont périssables. Par leurs intellects, ils ont tiré des preuves de ce qu'ils ont vu de Sa création : Son ciel, Sa terre, Son soleil, Sa lune, Sa nuit et Son jour, et qu'Il y a pour eux et pour cela un Créateur et un Administrateur qui n'a pas cessé d'être et ne cessera pas. Par l'intellect, ils ont connu le bien du mal, que l'obscurité est dans l'ignorance et que la lumière est dans la science. Voilà ce que l'intellect leur a indiqué. » On Lui dit : « Les serviteurs peuvent-ils se contenter de l'intellect sans autre chose ? » Il dit : « En vérité, l'homme doué d'intellect (al-ʿāqil), grâce à l'indication de son intellect qu'Allah a fait comme sa colonne vertébrale, sa parure et sa guidance, a su qu'Allah est la Vérité et qu'Il est son Seigneur. Il a su que son Créateur a un amour, une aversion, une obéissance et une désobéissance. Il n'a pas trouvé que son intellect l'indiquât à cela (de lui-même). Il a su que l'on n'accède à Lui que par la science et sa recherche, et qu'il ne profite pas de son intellect s'il n'atteint pas cela par sa science. Ainsi, il incombe à l'homme doué d'intellect de rechercher la science et la bonne éducation (al-adab) sans lesquelles il ne peut subsister. »