عَلِيُّ بْنُ إِبْرَاهِيمَ عَنْ أَبِيهِ عَنِ ابْنِ مَحْبُوبٍ عَنْ عَلِيِّ بْنِ رِئَابٍ وَ يَعْقُوبَ السَّرَّاجِ عَنْ أَبِي عَبْدِ اللَّهِ ( عليه السلام ) أَنَّ أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ ( عليه السلام ) لَمَّا بُويِعَ بَعْدَ مَقْتَلِ عُثْمَانَ صَعِدَ الْمِنْبَرَ فَقَالَ الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي عَلَا فَاسْتَعْلَى وَ دَنَا فَتَعَالَى وَ ارْتَفَعَ فَوْقَ كُلِّ مَنْظَرٍ وَ أَشْهَدُ أَنْ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ وَحْدَهُ لَا شَرِيكَ لَهُ وَ أَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّداً عَبْدُهُ وَ رَسُولُهُ خَاتَمُ النَّبِيِّينَ وَ حُجَّةُ اللَّهِ عَلَى الْعَالَمِينَ مُصَدِّقاً لِلرُّسُلِ الْأَوَّلِينَ وَ كَانَ بِالْمُؤْمِنِينَ رَءُوفاً رَحِيماً فَصَلَّى اللَّهُ وَ مَلَائِكَتُهُ عَلَيْهِ وَ عَلَى آلِهِ أَمَّا بَعْدُ أَيُّهَا النَّاسُ فَإِنَّ الْبَغْيَ يَقُودُ أَصْحَابَهُ إِلَى النَّارِ وَ إِنَّ أَوَّلَ مَنْ بَغَى عَلَى اللَّهِ جَلَّ ذِكْرُهُ عَنَاقُ بِنْتُ آدَمَ وَ أَوَّلَ قَتِيلٍ قَتَلَهُ اللَّهُ عَنَاقُ وَ كَانَ مَجْلِسُهَا جَرِيباً [مِنَ الْأَرْضِ] فِي جَرِيبٍ وَ كَانَ لَهَا عِشْرُونَ إِصْبَعاً فِي كُلِّ إِصْبَعٍ ظُفُرَانِ مِثْلُ الْمِنْجَلَيْنِ فَسَلَّطَ اللَّهُ عَزَّ وَ جَلَّ عَلَيْهَا أَسَداً كَالْفِيلِ وَ ذِئْباً كَالْبَعِيرِ وَ نَسْراً مِثْلَ الْبَغْلِ فَقَتَلُوهَا وَ قَدْ قَتَلَ اللَّهُ الْجَبَابِرَةَ عَلَى أَفْضَلِ أَحْوَالِهِمْ وَ آمَنِ مَا كَانُوا وَ أَمَاتَ هَامَانَ وَ أَهْلَكَ فِرْعَوْنَ وَ قَدْ قُتِلَ عُثْمَانُ أَلَا وَ إِنَّ بَلِيَّتَكُمْ قَدْ عَادَتْ كَهَيْئَتِهَا يَوْمَ بَعَثَ اللَّهُ نَبِيَّهُ ( صلى الله عليه وآله ) وَ الَّذِي بَعَثَهُ بِالْحَقِّ لَتُبَلْبَلُنَّ بَلْبَلَةً وَ لَتُغَرْبَلُنَّ غَرْبَلَةً وَ لَتُسَاطُنَّ سَوْطَةَ الْقِدْرِ حَتَّى يَعُودَ أَسْفَلُكُمْ أَعْلَاكُمْ وَ أَعْلَاكُمْ أَسْفَلَكُمْ وَ لَيَسْبِقَنَّ سَابِقُونَ كَانُوا قَصَّرُ ا وَ لَيُقَصِّرَنَّ و سَبِقاُونَ كَانُوا سَبَقُوا وَ اللَّهِ مَا كَتَمْتُ وَشْمَةً وَ لَا كَذَبْتُ كَذِبَةً وَ لَقَدْ نُبِّئْتُ بِهَذَا الْمَقَامِ وَ هَذَا الْيَوْمِ أَلَا وَ إِنَّ الْخَطَايَا خَيْلٌ شُمُسٌ حُمِلَ عَلَيْهَا أَهْلُهَا وَ خُلِعَتْ لُجُمُهَا فَتَقَحَّمَتْ بِهِمْ فِي النَّارِ أَلَا وَ إِنَّ التَّقْوَى مَطَايَا ذُلُلٌ حُمِلَ عَلَيْهَا أَهْلُهَا وَ أُعْطُوا أَزِمَّتَهَا فَأَوْرَدَتْهُمُ الْجَنَّةَ وَ فُتِحَتْ لَهُمْ أَبْوَابُهَا وَ وَجَدُوا رِيحَهَا وَ طِيبَهَا وَ قِيلَ لَهُمْ ادْخُلُوها بِسَلامٍ آمِنِينَ أَلَا وَ قَدْ سَبَقَنِي إِلَى هَذَا الْأَمْرِ مَنْ لَمْ أُشْرِكْهُ فِيهِ وَ مَنْ لَمْ أَهَبْهُ لَهُ وَ مَنْ لَيْسَتْ لَهُ مِنْهُ نَوْبَةٌ إِلَّا بِنَبِيٍّ يُبْعَثُ أَلَا وَ لَا نَبِيَّ بَعْدَ مُحَمَّدٍ ( صلى الله عليه وآله ) أَشْرَفَ مِنْهُ عَلَى شَفَا جُرُفٍ هَارٍ فَانْهَارَ بِهِ فِي نَارِ جَهَنَّمَ حَقٌّ وَ بَاطِلٌ وَ لِكُلٍّ أَهْلٌ فَلَئِنْ أَمِرَ الْبَاطِلُ لَقَدِيماً فَعَلَ وَ لَئِنْ قَلَّ الْحَقُّ فَلَرُبَّمَا وَ لَعَلَّ وَ لَقَلَّمَا أَدْبَرَ شَيْءٌ فَأَقْبَلَ وَ لَئِنْ رُدَّ عَلَيْكُمْ أَمْرُكُمْ أَنَّكُمْ سُعَدَاءُ وَ مَا عَلَيَّ إِلَّا الْجُهْدُ وَ إِنِّي لَأَخْشَى أَنْ تَكُونُوا عَلَى فَتْرَةٍ مِلْتُمْ عَنِّي مَيْلَةً كُنْتُمْ فِيهَا عِنْدِي غَيْرَ مَحْمُودِي الرَّأْيِ وَ لَوْ أَشَاءُ لَقُلْتُ عَفَا اللَّهُ عَمَّا سَلَفَ سَبَقَ فِيهِ الرَّجُلَانِ وَ قَامَ الثَّالِثُ كَالْغُرَابِ هَمُّهُ بَطْنُهُ وَيْلَهُ لَوْ قُصَّ جَنَاحَاهُ وَ قُطِعَ رَأْسُهُ كَانَ خَيْراً لَهُ شُغِلَ عَنِ الْجَنَّةِ وَ النَّارُ أَمَامَهُ ثَلَاثَةٌ وَ اثْنَانِ خَمْسَةٌ لَيْسَ لَهُمْ سَادِسٌ مَلَكٌ يَطِيرُ بِجَنَاحَيْهِ وَ نَبِيٌّ أَخَذَ اللَّهُ بِضَبْعَيْهِ وَ سَاعٍ مُجْتَهِدٌ وَ طَالِبٌ يَرْجُو وَ مُقَصِّرٌ فِي النَّارِ الْيَمِينُ وَ الشِّمَالُ مَضَلَّةٌ وَ الطَّرِيقُ الْوُسْطَى هِيَ الْجَادَّةُ عَلَيْهَا يَأْتِي الْكِتَابُ وَ آثَارُ النُّبُوَّةِ هَلَكَ مَنِ ادَّعَى وَ خَابَ مَنِ افْتَرَى إِنَّ اللَّهَ أَدَّبَ هَذِهِ الْأُمَّةَ بِالسَّيْفِ وَ السَّوْطِ وَ لَيْسَ لِأَحَدٍ عِنْدَ الْإِمَامِ فِيهِمَا هَوَادَةٌ فَاسْتَتِرُوا فِي بُيُوتِكُمْ وَ أَصْلِحُوا ذَاتَ بَيْنِكُمْ وَ التَّوْبَةُ مِنْ وَرَائِكُمْ مَنْ أَبْدَى صَفْحَتَهُ لِلْحَقِّ هَلَكَ .
IsnādʿAlī ibn Ibrāhīm, d’après son père, d’après Ibn Maḥbūb, d’après ʿAlī ibn Ri’āb et Yaʿqūb al-Sarrāj, d’après Abū ʿAbd Allāh (Jaʿfar al-Ṣādiq) (paix sur lui)
Que le Commandeur des croyants (ʿAlī) (paix sur lui), lorsqu’il fut investi après le meurtre de ʿUthmān, monta en chaire et dit : « Louange à Dieu qui est élevé et qui domine, qui s’est approché et qui est exalté, qui s’est élevé au-dessus de tout ce qui est visible. Et j’atteste qu’il n’est de dieu que Dieu, l’Unique, sans associé, et j’atteste que Muhammad est Son serviteur et Son messager, le sceau des prophètes, le preuve de Dieu sur les mondes, confirmateur des premiers envoyés, et qu’il était envers les croyants compatissant et miséricordieux. Que Dieu et Ses anges prient sur lui et sur sa Famille. Or donc, ô gens, la tyrannie conduit ses adeptes au Feu. Et la première qui a tyrannisé Dieu — gloire à Sa mention — fut ʿAnāq, fille d’Adam, et la première créature que Dieu a tuée fut ʿAnāq. Sa demeure couvrait un arpent (jarīb) de terre sur un arpent, elle avait vingt doigts, et à chaque doigt deux ongles semblables à des faucilles. Dieu — Puissant et Majestueux — lança contre elle un lion pareil à un éléphant, un loup pareil à un chameau, et un vautour pareil à un mulet, et ils la tuèrent. Dieu a tué les tyrans dans leurs meilleures conditions et lorsqu’ils étaient le plus en sécurité. Il a fait mourir Hāmān et a détruit Pharaon. Et ʿUthmān a été tué. Sachez que votre épreuve est revenue telle qu’elle était le jour où Dieu a envoyé Son Prophète (que la prière de Dieu soit sur lui et sur sa Famille). Par Celui qui l’a envoyé avec la vérité, vous serez secoués d’un grand ébranlement, vous serez criblés comme par un tamis, vous serez mêlés comme le bouillon de la marmite, jusqu’à ce que votre bas devienne votre haut et votre haut votre bas, et que des devanciers qui avaient manqué devancent, et que des devanciers qui avaient devancé manquent. Par Dieu, je n’ai caché aucune tache et je n’ai proféré aucun mensonge. J’ai été informé de ce lieu et de ce jour. Sachez que les péchés sont des chevaux rétifs : leurs cavaliers les ont montés, on a lâché leurs mors, et ils les ont précipités dans le Feu. Sachez que la piété (taqwā) sont des montures dociles : leurs cavaliers les ont montées, on leur a donné leurs rênes, et elles les ont conduits au Paradis dont les portes se sont ouvertes pour eux ; ils en ont trouvé le parfum et la bonne odeur, et on leur a dit : “Entrez-y en paix, en sécurité.” Sachez que m’a devancé dans cette affaire quelqu’un à qui je ne l’ai pas associée, quelqu’un à qui je ne l’ai pas donnée, et quelqu’un qui n’en avait aucun droit si ce n’est qu’un prophète fût envoyé. Sachez qu’il n’y a pas de prophète après Muhammad (que la prière de Dieu soit sur lui et sur sa Famille). (Celui-ci) se tenait au bord d’une falaise croulante, qui s’est effondrée avec lui dans le feu de l’Enfer. Il y a le vrai et le faux, et chacun a ses gens. Si le faux a prévalu, il l’a déjà fait autrefois ; et si le vrai s’est raréfié, cela a été parfois, et peut-être, et rarement une chose a-t-elle tourné le dos sans revenir. Et si votre affaire vous est rendue — que vous êtes heureux ! — il ne m’incombe que l’effort. Et je crains que vous ne soyez dans une période d’interruption (fatrah) et que vous ayez dévié de moi d’une déviation où vous êtes à mes yeux sans opinion louable. Si je voulais, je dirais : “Que Dieu pardonne ce qui est passé.” Les deux hommes (Abū Bakr et ʿUmar) ont devancé (dans l’affaire du califat), et le troisième (ʿUthmān) s’est levé comme un corbeau dont le seul souci est son ventre. Malheur à lui ! Si l’on coupait ses deux ailes et l’on tranchait sa tête, ce serait meilleur pour lui. Il s’est détourné du Paradis, et l’Enfer est devant lui. Trois et deux font cinq : il n’y a pas de sixième pour eux. Un ange qui vole avec ses deux ailes, un prophète que Dieu a pris par le bras, un homme zélé qui s’efforce, un chercheur qui espère, et un négligent dans le Feu. La droite et la gauche sont un égarement ; la voie médiane est la grand-route : c’est sur elle que viennent le Livre et les traces de la prophétie. Périra celui qui revendique, échouera celui qui invente des mensonges. Dieu a éduqué cette communauté par l’épée et le fouet, et personne ne trouve de faveur auprès de l’Imam en ces matières. Cachez-vous dans vos maisons, apaisez ce qui est entre vous, et le repentir est derrière vous. Quiconque expose sa face à la vérité périt. »