أَحْمَدُ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ أَحْمَدَ الْكُوفِيُّ وَ هُوَ الْعَاصِمِيُّ عَنْ عَبْدِ الْوَاحِدِ بْنِ الصَّوَّافِ عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ إِسْمَاعِيلَ الْهَمْدَانِيِّ عَنْ أَبِي الْحَسَنِ مُوسَى ( عليه السلام ) قَالَ كَانَ أَمِيرُ الْمُؤْمِنِينَ ( عليه السلام ) يُوصِي أَصْحَابَهُ وَ يَقُولُ أُوصِيكُمْ بِتَقْوَى اللَّهِ فَإِنَّهَا غِبْطَةُ الطَّالِبِ الرَّاجِي وَ ثِقَةُ الْهَارِبِ اللَّاجِي وَ اسْتَشْعِرُوا التَّقْوَى شِعَاراً بَاطِناً وَ اذْكُرُوا اللَّهَ ذِكْراً خَالِصاً تَحْيَوْا بِهِ أَفْضَلَ الْحَيَاةِ وَ تَسْلُكُوا بِهِ طَرِيقَ النَّجَاةِ انْظُرُوا فِي الدُّنْيَا نَظَرَ الزَّاهِدِ الْمُفَارِقِ لَهَا فَإِنَّهَا تُزِيلُ الثَّاوِيَ السَّاكِنَ وَ تَفْجَعُ الْمُتْرَفَ الْآمِنَ لَا يُرْجَى مِنْهَا مَا تَوَلَّى فَأَدْبَرَ وَ لَا يُدْرَى مَا هُوَ آتٍ مِنْهَا فَيُنْتَظَرَ وُصِلَ الْبَلَاءُ مِنْهَا بِالرَّخَاءِ وَ الْبَقَاءُ مِنْهَا إِلَى فَنَاءٍ فَسُرُورُهَا مَشُوبٌ بِالْحُزْنِ وَ الْبَقَاءُ فِيهَا إِلَى الضَّعْفِ وَ الْوَهْنِ فَهِيَ كَرَوْضَةٍ اعْتَمَّ مَرْعَاهَا وَ أَعْجَبَتْ مَنْ يَرَاهَا عَذْبٌ شِرْبُهَا طَيِّبٌ تَرْبُهَا تَمُجُّ عُرُوقُهَا الثَّرَى وَ تَنْطُفُ فُرُوعُهَا النَّدَى حَتَّى إِذَا بَلَغَ الْعُشْبُ إِبَّانَهُ وَ اسْتَوَى بَنَانُهُ هَاجَتْ رِيحٌ تَحُتُّ الْوَرَقَ وَ تُفَرِّقُ مَا اتَّسَقَ فَأَصْبَحَتْ كَمَا قَالَ اللَّهُ هَشِيماً تَذْرُوهُ الرِّياحُ وَ كانَ اللَّهُ عَلى كُلِّ شَيْءٍ مُقْتَدِراً انْظُرُوا فِي الدُّنْيَا فِي كَثْرَةِ مَا يُعْجِبُكُمْ وَ قِلَّةِ مَا يَنْفَعُكُمْ
IsnādAḥmad ibn Muḥammad ibn Aḥmad al-Kūfī, qui est al-ʿĀṣimī, d'après ʿAbd al-Wāḥid ibn al-Ṣawwāf, d'après Muḥammad ibn Ismāʿīl al-Hamadānī, d'après Abū al-Ḥasan Mūsā (sur lui la paix)
Il a dit : Le Commandeur des croyants (sur lui la paix) recommandait à ses compagnons et disait : Je vous recommande la piété envers Dieu (taqwā), car elle est le bonheur enviable de celui qui cherche en espérant, et la confiance de celui qui fuit en se réfugiant. Revêtez-vous intérieurement de la piété comme d'un habit intime (shiʿār), et souvenez-vous de Dieu d'un souvenir pur, par lequel vous vivrez de la vie la meilleure et emprunterez le chemin du salut. Regardez le monde d'un regard détaché, tel celui qui s'en sépare, car il déloge l'habitant installé et afflige le jouisseur insouciant. On n'espère pas de lui ce qui est passé et a fui, et on ne sait pas ce qui en adviendra pour l'attendre. L'épreuve y est liée à l'aisance, et la durée y tend vers l'anéantissement. Sa joie est mêlée de tristesse, et l'y demeurer mène à la faiblesse et à la lassitude. Il est tel un jardin dont l'herbe est dense et qui ravit celui qui le voit : son eau est douce, sa terre est bonne, ses racines rejettent l'humus et ses branches distillent la rosée. Puis, lorsque l'herbe atteint sa saison et que ses pousses s'épanouissent, un vent se lève, fauchant les feuilles et dispersant ce qui était lié. Il devient alors, comme Dieu l'a dit : « de la paille que les vents dispersent. Et Dieu est de toute chose Infiniment Puissant. » Regardez dans le monde l'abondance de ce qui vous émerveille et la rareté de ce qui vous profite.