مُحَمَّدُ بْنُ يَحْيَى عَنْ أَحْمَدَ بْنِ مُحَمَّدِ بْنِ عِيسَى عَنْ مُحَمَّدِ بْنِ سِنَانٍ عَنْ إِسْحَاقَ بْنِ عَمَّارٍ قَالَ حَدَّثَنِي رَجُلٌ مِنْ أَصْحَابِنَا عَنِ الْحَكَمِ بْنِ عُتَيْبَةَ قَالَ بَيْنَا أَنَا مَعَ أَبِي جَعْفَرٍ ( عليه السلام ) وَ الْبَيْتُ غَاصٌّ بِأَهْلِهِ إِذْ أَقْبَلَ شَيْخٌ يَتَوَكَّأُ عَلَى عَنَزَةٍ لَهُ حَتَّى وَقَفَ عَلَى بَابِ الْبَيْتِ فَقَالَ السَّلَامُ عَلَيْكَ يَا ابْنَ رَسُولِ اللَّهِ وَ رَحْمَةُ اللَّهِ وَ بَرَكَاتُهُ ثُمَّ سَكَتَ فَقَالَ أَبُو جَعْفَرٍ ( عليه السلام ) وَ عَلَيْكَ السَّلَامُ وَ رَحْمَةُ اللَّهِ وَ بَرَكَاتُهُ ثُمَّ أَقْبَلَ الشَّيْخُ بِوَجْهِهِ عَلَى أَهْلِ الْبَيْتِ وَ قَالَ السَّلَامُ عَلَيْكُمْ ثُمَّ سَكَتَ حَتَّى أَجَابَهُ الْقَوْمُ جَمِيعاً وَ رَدُّوا عَلَيْهِ السَّلَامَ ثُمَّ أَقْبَلَ بِوَجْهِهِ عَلَى أَبِي جَعْفَرٍ ( عليه السلام ) ثُمَّ قَالَ يَا ابْنَ رَسُولِ اللَّهِ أَدْنِنِي مِنْكَ جَعَلَنِيَ اللَّهُ فِدَاكَ فَوَ اللَّهِ إِنِّي لَأُحِبُّكُمْ وَ أُحِبُّ مَنْ يُحِبُّكُمْ وَ وَ اللَّهِ مَا أُحِبُّكُمْ وَ أُحِبُّ مَنْ يُحِبُّكُمْ لِطَمَعٍ فِي دُنْيَا وَ [اللَّهِ] إِنِّي لَأُبْغِضُ عَدُوَّكُمْ وَ أَبْرَأُ مِنْهُ وَ وَ اللَّهِ مَا أُبْغِضُهُ وَ أَبْرَأُ مِنْهُ لِوَتْرٍ كَانَ بَيْنِي وَ بَيْنَهُ وَ اللَّهِ إِنِّي لَأُحِلُّ حَلَالَكُمْ وَ أُحَرِّمُ حَرَامَكُمْ وَ أَنْتَظِرُ أَمْرَكُمْ فَهَلْ تَرْجُو لِي جَعَلَنِيَ اللَّهُ فِدَاكَ فَقَالَ أَبُو جَعْفَرٍ ( عليه السلام ) إِلَيَّ إِلَيَّ حَتَّى أَقْعَدَهُ إِلَى جَنْبِهِ ثُمَّ قَالَ أَيُّهَا الشَّيْخُ إِنَّ أَبِي عَلِيَّ بْنَ الْحُسَيْنِ ( عليه السلام ) أَتَاهُ رَجُلٌ فَسَأَلَهُ عَنْ مِثْلِ الَّذِي سَأَلْتَنِي عَنْهُ فَقَالَ لَهُ أَبِي ( عليه السلام ) إِنْ تَمُتْ تَرِدُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ ( صلى الله عليه وآله ) وَ عَلَى عَلِيٍّ وَ الْحَسَنِ وَ الْحُسَيْنِ وَ عَلِيِّ بْنِ الْحُسَيْنِ وَ يَثْلَجُ قَلْبُكَ وَ يَبْرُدُ فُؤَادُكَ وَ تَقَرُّ عَيْنُكَ وَ تُسْتَقْبَلُ بِالرَّوْحِ وَ الرَّيْحَانِ مَعَ الْكِرَامِ الْكَاتِبِينَ لَوْ قَدْ بَلَغَتْ نَفْسُكَ هَاهُنَا وَ أَهْوَى بِيَدِهِ إِلَى حَلْقِهِ وَ إِنْ تَعِشْ تَرَى مَا يُقِرُّ اللَّهُ بِهِ عَيْنَكَ وَ تَكُونُ مَعَنَا فِي السَّنَامِ الْأَعْلَى فَقَالَ الشَّيْخُ كَيْفَ قُلْتَ يَا أَبَا جَعْفَرٍ فَأَعَادَ عَلَيْهِ الْكَلَامَ فَقَالَ الشَّيْخُ اللَّهُ أَكْبَرُ يَا أَبَا جَعْفَرٍ إِنْ أَنَا مِتُّ أَرِدُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ ( صلى الله عليه وآله ) وَ عَلَى عَلِيٍّ وَ الْحَسَنِ وَ الْحُسَيْنِ وَ عَلِيِّ بْنِ الْحُسَيْنِ ( عليه السلام ) وَ تَقَرُّ عَيْنِي وَ يَثْلَجُ قَلْبِي وَ يَبْرُدُ فُؤَادِي وَ أُسْتَقْبَلُ بِالرَّوْحِ وَ الرَّيْحَانِ مَعَ الْكِرَامِ الْكَاتِبِينَ لَوْ قَدْ بَلَغَتْ نَفْسِي إِلَى هَاهُنَا وَ إِنْ أَعِشْ أَرَى مَا يُقِرُّ اللَّهُ بِهِ عَيْنِي فَأَكُونُ مَعَكُمْ فِي السَّنَامِ الْأَعْلَى ثُمَّ أَقْبَلَ الشَّيْخُ يَنْتَحِبُ يَنْشِجُ هَا هَا هَا حَتَّى لَصِقَ بِالْأَرْضِ وَ أَقْبَلَ أَهْلُ الْبَيْتِ يَنْتَحِبُونَ وَ يَنْشِجُونَ لِمَا يَرَوْنَ مِنْ حَالِ الشَّيْخِ وَ أَقْبَلَ أَبُو جَعْفَرٍ ( عليه السلام ) يَمْسَحُ بِإِصْبَعِهِ الدُّمُوعَ مِنْ حَمَالِيقِ عَيْنَيْهِ وَ يَنْفُضُهَا ثُمَّ رَفَعَ الشَّيْخُ رَأْسَهُ فَقَالَ لِأَبِي جَعْفَرٍ ( عليه السلام ) يَا ابْنَ رَسُولِ اللَّهِ نَاوِلْنِي يَدَكَ جَعَلَنِيَ اللَّهُ فِدَاكَ فَنَاوَلَهُ يَدَهُ فَقَبَّلَهَا وَ وَضَعَهَا عَلَى عَيْنَيْهِ وَ خَدِّهِ ثُمَّ حَسَرَ عَنْ بَطْنِهِ وَ صَدْرِهِ ثُمَّ قَامَ فَقَالَ السَّلَامُ عَلَيْكُمْ وَ أَقْبَلَ أَبُو جَعْفَرٍ ( عليه السلام ) يَنْظُرُ فِي قَفَاهُ وَ هُوَ مُدْبِرٌ ثُمَّ أَقْبَلَ بِوَجْهِهِ عَلَى الْقَوْمِ فَقَالَ مَنْ أَحَبَّ أَنْ يَنْظُرَ إِلَى رَجُلٍ مِنْ أَهْلِ الْجَنَّةِ فَلْيَنْظُرْ إِلَى هَذَا فَقَالَ الْحَكَمُ بْنُ عُتَيْبَةَ لَمْ أَرَ مَأْتَماً قَطُّ يُشْبِهُ ذَلِكَ الْمَجْلِسَ .
IsnādMuhammad b. Yaḥyā d’après Aḥmad b. Muḥammad b. ʿĪsā d’après Muḥammad b. Sinān d’après Isḥāq b. ʿAmmār qui dit : un homme de nos compagnons m’a raconté d’après al-Ḥakam b. ʿUtayba
Al-Ḥakam b. ʿUtayba dit : « Un jour que j’étais auprès d’Abū Jaʿfar (al-Bāqir) (sur lui la paix) alors que la maison était remplie de monde, voici qu’un vieil homme arriva en s’appuyant sur un bâton jusqu’à se tenir à la porte de la maison. Il dit : “Que la paix soit sur toi, ô fils du Messager de Dieu, ainsi que la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions.” Puis il se tut. Abū Jaʿfar (sur lui la paix) répondit : “Et sur toi la paix, la miséricorde de Dieu et Ses bénédictions.” Ensuite le vieil homme se tourna vers les gens de la maison et dit : “Que la paix soit sur vous.” Puis il se tut jusqu’à ce que tous répondent et lui rendent le salut. Ensuite il se tourna vers Abū Jaʿfar (sur lui la paix) et dit : “Ô fils du Messager de Dieu, approche-moi de toi, que Dieu me fasse sacrifice pour toi ! Par Dieu, je vous aime et j’aime celui qui vous aime. Par Dieu, je ne vous aime ni n’aime celui qui vous aime par appât pour quelque bien de ce monde. Et par Dieu, je hais votre ennemi et je me désavoue de lui. Par Dieu, je ne le hais ni ne me désavoue de lui pour quelque rancune entre lui et moi. Par Dieu, je considère comme licite ce que vous tenez pour licite et comme illicite ce que vous tenez pour illicite, et j’attends votre ordre (l’avènement de votre autorité). As-tu donc quelque espoir pour moi, que Dieu me fasse sacrifice pour toi ?” Alors Abū Jaʿfar (sur lui la paix) dit : “Approche, approche !” jusqu’à ce qu’il l’assoie à côté de lui, puis il dit : “Ô vieillard, mon père ʿAlī b. al-Ḥusayn (sur lui la paix) reçut un homme qui l’interrogea sur la même chose que tu m’as demandée. Mon père (sur lui la paix) lui dit : ‘Si tu meurs, tu rejoindras le Messager de Dieu (que la prière de Dieu soit sur lui et sur sa Famille), ʿAlī, al-Ḥasan, al-Ḥusayn et ʿAlī b. al-Ḥusayn ; ton cœur se réjouira, ton âme se rafraîchira, ton œil se consolera, et tu seras accueilli par le repos et le parfum en compagnie des honorables scribes, quand ton âme arrivera ici’ – et il désigna sa gorge de la main – ‘et si tu vis, tu verras ce qui réjouira ton œil par la volonté de Dieu, et tu seras avec nous dans la dignité suprême.’” Le vieil homme dit : “Qu’as-tu dit, ô Abā Jaʿfar ?” Alors il lui répéta les paroles. Le vieil homme s’écria : “Dieu est plus grand ! Ô Abā Jaʿfar, si je meurs, je rejoindrai le Messager de Dieu (que la prière de Dieu soit sur lui et sur sa Famille), ʿAlī, al-Ḥasan, al-Ḥusayn et ʿAlī b. al-Ḥusayn (sur eux la paix), mon œil sera consolé, mon cœur se réjouira, mon âme se rafraîchira, et je serai accueilli par le repos et le parfum en compagnie des honorables scribes, quand mon âme arrivera ici ; et si je vis, je verrai ce qui réjouira mon œil par la volonté de Dieu, et je serai avec vous dans la dignité suprême.” Puis le vieil homme se mit à sangloter et à gémir en disant : “Hā, hā, hā !” jusqu’à tomber à terre. Les gens de la maison se mirent à sangloter et à gémir en voyant l’état du vieil homme. Abū Jaʿfar (sur lui la paix) se mit à essuyer les larmes du coin de ses yeux avec son doigt et à les secouer. Ensuite le vieil homme releva la tête et dit à Abū Jaʿfar (sur lui la paix) : “Ô fils du Messager de Dieu, tends-moi ta main, que Dieu me fasse sacrifice pour toi !” Il lui tendit sa main ; il la baisa, la posa sur ses yeux et sa joue, puis il découvrit son ventre et sa poitrine. Ensuite il se leva et dit : “Que la paix soit sur vous.” Abū Jaʿfar (sur lui la paix) le regarda dans le dos tandis qu’il s’éloignait, puis se tourna vers les gens et dit : “Que celui qui aime voir un homme du Paradis regarde celui-ci !” Al-Ḥakam b. ʿUtayba dit : “Jamais je n’ai vu une assemblée funèbre qui ressemblât à cette séance.”