Chapitre
قالوا: ولا فائدة في ظهوره سرا لبعض أوليائه لأن النفع المبتغى من تدبير الأمة لا يتم إلا بظهوره للكل ونفوذ الأمر، فقد صارت العلة في استتار الإمام على الوجه الذي هو لطف ومصلحة للجميع واحدة.
Ils dirent : « Il n'y a aucun avantage à ce qu'il apparaisse secrètement à certains de ses saints (awliyā'), car le bénéfice recherché dans la gestion de la communauté (umma) ne s'accomplit que par sa manifestation à tous et par l'exécution de l'ordre. La raison de l'occultation de l'Imam, selon le mode qui est une grâce (luṭf) et un intérêt pour tous, est donc unique. »
وليس لهم أن يفرقوا بين القيد وبين اللطف من حيث كان القيد يتعذر معه الفعل ولا يتوهم وقوعه وليس كذلك فقد اللطف لأن أكثر أهل العدل على أن فقد اللطف كفقد القدرة والآلة وأن التكليف مع فقد اللطف فيمن له لطف معلوم كالتكليف مع فقد القدرة والآلة ووجود الموانع وأن من لم يفعل له اللطف ممن له لطف معلوم غير مزاح العلة في التكليف كما أن الممنوع غير مزاح العلة.
Il ne leur est pas permis de faire une distinction entre la contrainte (al-qayd) et la grâce (al-luṭf), du fait que la contrainte rend l'action impossible et empêche d'en concevoir la réalisation, ce qui n'est pas le cas de l'absence de grâce. En effet, la plupart des adeptes de la justice ('udūl) considèrent que l'absence de grâce est équivalente à l'absence de capacité (qudra) et de moyen (āla), et que l'obligation religieuse (taklīf) jointe à l'absence de grâce, chez celui pour qui une grâce déterminée existe, est comparable à l'obligation religieuse jointe à l'absence de capacité et de moyen, ainsi qu'à la présence d'obstacles. Et que celui pour qui la grâce n'est pas accomplie, alors qu'elle lui est déterminée, ne voit pas sa responsabilité allégée (ghayr muzāḥ al-ʿilla) dans l'obligation religieuse, de même que celui qui est empêché n'est pas allégé.
والذي ينبغي أن يجاب عن السؤال الذي ذكرناه عن المخالف أن نقول إنا أولا لا نقطع على استتاره عن جميع أوليائه بل يجوز أن يظهر لأكثرهم ولا يعلم كل إنسان إلا حال نفسه فإن كان ظاهرا له فعلته مزاحة،وإن لم يكن ظاهرا له علم أنه إنما لم يظهر له لأمر يرجع إليه وإن لم يعلمه مفصلا لتقصير من جهته وإلا لم يحسن تكليفه.
Ce qu'il convient de répondre à la question que nous avons rapportée de la part de l'opposant, c'est de dire : premièrement, nous n'affirmons pas de manière catégorique qu'il (l'Imām) est caché à tous ses adeptes (awlīyāʾ). Au contraire, il est possible qu'il se manifeste à la plupart d'entre eux, mais chaque individu ne connaît que sa propre situation. Si l'Imām lui est manifeste, alors son devoir est accompli et l'excuse (de l'opposant) est écartée. S'il ne lui est pas manifeste, il sait alors que s'il ne lui est pas apparu, c'est en raison d'une cause qui relève de sa propre personne, même s'il n'en connaît pas le détail : cela vient d'une négligence de sa part. Autrement, il ne serait pas raisonnable que Dieu lui impose une obligation (taklīf).
فإذا علم بقاء تكليفه عليه واستتار الإمام عنه علم أنه لأمر يرجع إليه كما تقوله جماعتنا فيمن لم ينظر في طريق معرفة الله تعالى فلم يحصل له العلم وجب أن يقطع على أنه إنما لم يحصل لتقصير يرجع إليه وإلا وجب إسقاط تكليفه وإن لم يعلم ما الذي وقع تقصيره فيه.
Dès lors qu'il sait que l'obligation lui incombe toujours et que l'Imam lui est occulté, il sait que cela tient à une cause qui lui est imputable, comme le disent nos coreligionnaires à propos de celui qui n'a pas examiné la voie de la connaissance de Dieu — Exalté soit-Il — si bien qu'il n'a pas acquis la science : il faut conclure que cette non-acquisition provient d'une négligence qui lui est imputable, sinon il faudrait annuler son obligation, quand bien même il ne saurait pas en quoi consiste précisément cette négligence.
فعلى هذا التقرير أقوى ما يعلل به ذلك إن الإمام إذا ظهر ولا يعلم شخصه وعينه من حيث المشاهدة فلا بد من أن يظهر عليه علم معجز يدل على صدقه والعلم بكون الشيء معجزا يحتاج إلى نظر يجوز أن يعترض فيه شبهه فلا يمتنع أن يكون المعلوم من حال من لم يظهر له أنه متى ظهر وأظهر المعجز لم ينعم النظر فيدخل عليه فيه شبهة فيعتقد أنه كذاب ويشيع خبره فيؤدي إلى ما تقدم القول فيه.
D'après cette présentation, la raison la plus forte que l'on peut invoquer à cela est que, lorsque l'Imam se manifestera et que l'on ne connaît pas sa personne et son identité par le biais de l'observation directe, il est nécessaire qu'il produise une science miraculeuse (ʿilm muʿjiz) indiquant sa véracité. Or, le fait de savoir qu'une chose est miraculeuse nécessite un examen (naẓar) susceptible d'être entaché d'un doute (shubha). Il n'est donc pas exclu que celui à qui l'Imam ne s'est pas encore manifesté, lorsqu'il se manifestera et produira le miracle, n'approfondisse pas son examen, qu'un doute s'insinue en lui à ce sujet, qu'il le prenne pour un imposteur, que sa nouvelle se répande, et que cela aboutisse à ce qui a été dit précédemment.
فإن قيل: أي تقصير وقع من الولي الذي لم يظهر له الإمام لأجل هذا المعلوم من حاله وأي قدرة له على النظر فيما يظهر له الإمام معه وإلى أي شيء يرجع في تلافي ما يوجب غيبته؟
Si l'on objecte : quelle négligence a commise le saint (walī) à qui l'Imam ne s'est pas manifesté en raison de cet état connu de lui ? Et quel pouvoir a-t-il d'examiner ce en quoi l'Imam se manifeste avec lui ? Et à quoi se réfère-t-il pour compenser ce qui rend nécessaire son occultation (ghayba) ?
قلنا: ما أحلنا في سبب الغيبة عن الأولياء إلا على معلوم يظهر موضع التقصير فيه وإمكان تلافيه لأنه غير ممتنع أن يكون من المعلوم من حاله أنه متى ظهر له الإمام قصر في النظر في معجزة فإنما أتى في ذلك لتقصيره الحاصل في العلم بالفرق بين المعجز والممكن والدليل من ذلك والشبهة ولو كان من ذلك على قاعدة صحيحة لم يجز أن يشتبه عليه معجز الإمام عند ظهوره له فيجب عليه تلافي هذا التقصير واستدراكه.
Nous disons : Nous n'avons donc rendu obscure la cause de l'Occultation (ghayba) vis-à-vis des saints (awliyā') que parce qu'il est connu d'avance qu'apparaîtra en eux un manquement (taqsīr) et la possibilité de le rattraper. Il n'est en effet pas impossible que soit connu d'avance l'état de celui qui, lorsque l'Imam se manifestera à lui, négligera d'examiner le miracle (muʿjiza). Ce qui lui arrivera alors proviendra de son manquement dans la connaissance de la distinction entre le miraculeux (muʿjiz) et le possible (mumkin), ainsi qu'entre la preuve (dalīl) qui en découle et le doute (shubha). Or, s'il possédait cela sur une base correcte, il ne pourrait se faire que le miracle de l'Imam lui échappe lors de sa manifestation ; il lui incombe donc de rattraper ce manquement (taqsīr) et de le réparer.
فإن قيل: لو كان الأمر على ما قلتم لوجب أن لا يعلم شيئا من المعجزات في الحال وهذا يؤدي إلى أن لا يعلم النبوة وصدق الرسول وذلك يخرجه عن الإسلام فضلا عن الإيمان.
Si l'on objecte : « Si la chose était comme vous le dites, il s'ensuivrait nécessairement que l'on ne pourrait connaître aucun des miracles dans l'instant présent, ce qui conduit à ne pouvoir connaître la prophétie ni la véracité du Messager, et cela ferait sortir [l'homme] de l'islam, sans parler de la foi (īmān). »
قلنا: لا يلزم ذلك لأنه لا يمتنع أن تدخل الشبهة في نوع من المعجزات دون نوع وليس إذا دخلت الشبهة في بعضها دخل في سائرها فلا يمتنع أن يكون المعجز الدال على النبوة لم تدخل عليه فيه شبهة فحصل له العلم بكونه معجزا وعلم عند ذلك نبوة النبي صلى الله عليه وآله وسلم والمعجز الذي يظهر على يد الإمام إذا ظهر يكون أمرا آخرا يجوز أن يدخل عليه الشبهة في كونه معجزا فيشك حينئذ في إمامته وإن كان عالما بالنبوة.
Nous dîmes : Cela n'est pas nécessaire, car il n'est pas impossible que le doute (shubha) s'insinue dans un type de miracles (muʿjizāt) mais non dans un autre ; et ce n'est pas parce que le doute s'insinue dans certains d'entre eux qu'il s'insinue dans tous. Il n'est donc pas impossible que le miracle (muʿjiz) qui indique la prophétie (nubuwwa) n'ait été affecté par aucun doute, de sorte que l'on acquiert la certitude qu'il est un miracle, et l'on connaît par là la prophétie du Prophète (que Dieu prie sur lui et sur sa Famille). Quant au miracle qui apparaît par la main de l'Imam (Imām), lorsqu'il apparaît, il s'agit d'une autre chose, qui peut être sujette au doute quant à son caractère miraculeux. On doute alors de son imamat (imāma), même si l'on est certain de la prophétie.
وهذا كما نقول إن من علم نبوة موسى عليه السلام بالمعجزات الدالة على نبوته إذا لم ينعم النظر في المعجزات الظاهرة على عيسى ونبينا محمد صلى الله عليه وآله وسلم لا يجب أن يقطع على أنه ما عرف تلك المعجزات لأنه لا يمتنع أن يكون عارفا بها وبوجه دلالتها وإن لم يعلم هذه المعجزات واشتبه عليه وجه دلالتها.
Ceci est conforme à ce que nous disons : quiconque a connu la prophétie de Moïse (sur lui la paix) grâce aux miracles qui attestent sa prophétie, s'il n'a pas examiné attentivement les miracles manifestes sur Jésus et sur notre Prophète Muhammad (que la prière et la paix d'Allah soient sur lui et sur sa Famille), il n'est pas obligatoire de conclure qu'il n'a pas connu ces miracles-là, car il n'est pas impossible qu'il les ait connus ainsi que leur mode de signification, même s'il n'a pas connu ces miracles-ci et que leur mode de signification lui ait échappé.
فإن قيل: فيجب على هذا أن يكون كل من لم يظهر له الإمام يقطع على أنه على كبيرة يلحق بالكفر لأنه مقصر على ما فرضتموه فيما يوجب غيبة الإمام عنه ويقتضي فوت مصلحته فقد لحق الولي على هذا بالعدو.
Si l’on dit : « Il faudrait donc, en vertu de cela, que quiconque ne voit pas l’Imam apparu conclue catégoriquement qu’il est dans un péché grave le faisant rejoindre la mécréance, parce qu’il est négligent au regard de ce que vous avez posé comme fondement concernant ce qui rend nécessaire l’occultation de l’Imam pour lui et implique la perte de son bénéfice spirituel ; ainsi l’allié (al-walī) serait, selon ce raisonnement, assimilé à l’ennemi. »
قلنا: ليس يجب في التقصير الذي أشرنا إليه أن يكون كفرا ولا ذنبا عظيما لأنه في هذه الحال ما اعتقد في الإمام أنه ليس بإمام ولا أخافه على نفسه وإنما قصر في بعض العلوم تقصيرا كان كالسبب في أن علم من حاله أن ذلك الشك في الإمامة يقع منه مستقبلا والآن فليس بواقع فغير لازم أن يكون كافرا غير أنه وإن لم يلزم أن يكون كفرا ولا جاريا مجرى تكذيب الإمام والشك في صدقه فهو ذنب وخطأ لا ينافيان الإيمان واستحقاق الثواب ولو لم يلحق الولي بالعدو على هذا التقدير لأن العدو في الحال معتقد في الإمام ما هو كفر وكبيرة والولي بخلاف ذلك.
Nous disons : Il n'est pas nécessaire que le manquement auquel nous avons fait allusion soit une mécréance (kufr) ni un péché grave, car en cet état il n'a pas cru que l'Imam n'est pas un Imam, ni ne l'a craint pour lui-même ; il a seulement manqué à certaines connaissances d'un manquement qui fut comme la cause du fait que l'on sache de son état que ce doute au sujet de l'imamat (imāma) se produira de sa part dans le futur, mais pour l'instant il ne se produit pas. Il n'est donc pas nécessaire qu'il soit mécréant. Cependant, bien qu'il ne soit pas nécessaire que ce soit une mécréance ni qu'il atteigne le degré de démentir l'Imam ou de douter de sa véracité, c'est un péché et une erreur qui ne contredisent pas la foi (īmān) ni le mérite de la récompense (thawāb). Et l'ami (walī) ne serait pas assimilé à l'ennemi selon cette estimation, car l'ennemi, en l'état, croit en l'Imam ce qui est mécréance (kufr) et péché grave (kabīra), tandis que l'ami est autre que cela.
وإنما قلنا إن ما هو كالسبب في الكفر لا يجب أن يكون كفرا في الحال أن أحدا لو اعتقد في القادر منا بقدرة أنه يصح أن يفعل في غيره من الأجسام مبتدئا كان ذلك خطأ وجهلا ليس بكفر ولا يمتنع أن يكون المعلوم من حال هذا المعتقد أنه لو ظهر نبي يدعو إلى نبوته وجعل معجزة أن يفعل الله تعالى على يده فعلا بحيث لا يصل إليه أسباب البشر أنه لا يقبله وهذا لا محالة لو علم أنه معجز كان يقبله وما سبق من اعتقاده في مقدور القدر كان كالسبب في هذا ولم يلزم أن يجري مجراه في الكفر.
Nous avons dit que ce qui est comparable à la cause du mécroire (kufr) ne doit pas être considéré comme une mécroire immédiate : si quelqu'un, parmi nous, attribue à un être capable (al-qādir) le pouvoir d'agir initialement sur d'autres corps, cela serait une erreur et une ignorance, mais non une mécroire. Il n'est pas impossible que l'on sache de cet homme que, si un prophète apparaît, appelant à sa prophétie et produisant un miracle (muʿjiza) — un acte que Dieu Très-Haut accomplirait par sa main, de sorte que les causes humaines n'y atteignent pas — il ne l'accepterait pas. Or, s'il savait incontestablement qu'il s'agit d'un miracle, il l'accepterait. La croyance antérieure qu'il avait en la capacité (qudra) du puissant était comparable à la cause de ce refus, mais elle n'implique pas qu'elle soit assimilée à la mécroire.
فإن قيل: إن هذا الجواب أيضا لا يستمر على أصلكم لأن الصحيح من مذهبكم أن من عرف الله تعالى بصفاته وعرف النبوة والإمامة وحصل مؤمنا لا يجوز أن يقع منه كفر أصلا فإذا ثبت هذا فكيف يمكنكم أن تجعلوا علة الاستتار عن الولي أن المعلوم من حاله أنه إذا ظهر الإمام فظهر على يده علم معجز شك فيه ولا يعرفه إماما وإن الشك في ذلك كفر وذلك ينقض أصلكم الذي صححتموه.
Si l'on objecte : « Cette réponse non plus n'est pas cohérente avec votre principe, car ce qui est établi dans votre doctrine est que quiconque connaît Dieu — exalté soit-Il — par Ses attributs, connaît la prophétie et l'imamat, et devient croyant, il n'est pas possible qu'il tombe dans la mécréance (kufr) d'aucune manière. Cela étant établi, comment pouvez-vous poser comme cause de l'occultation (istitār) vis-à-vis du croyant (walī) le fait que l'on sait de lui que, lorsque l'Imam apparaîtra et que se manifestera par lui un signe miraculeux, il doutera de celui-ci et ne le reconnaîtra pas comme Imam ? Or le doute à cet égard est mécréance, ce qui contredit votre principe que vous avez tenu pour correct. »
قيل: هذا الذي ذكرتموه ليس بصحيح لأن الشك مع المعجز الذي يظهر على يد الإمام ليس بقادح في معرفته لغير الإمام على طريق الجملة وإنما يقدح في أن ما علم على طريق الجملة وصحت معرفته هل هو هذا الشخص أم لا والشك في هذا ليس بكفر لأنه لو كان كفرا لوجب أن يكون كفرا وإن لم يظهر المعجز فإنه لا محالة قبل ظهور هذا المعجز في يده شاك فيه ويجوز كونه إماما وكون غيره كذلك وإنما يقدح في العلم الحاصل له على طريق الجملة أن لو شك في المستقبل في إمامته على طريق الجملة وذلك مما يمنع من وقوعه منه مستقبلا.
On dit : ce que vous avez mentionné n'est pas correct, car le doute accompagné du miracle qui se manifeste par la main de l'Imam n'est pas un obstacle à sa connaissance pour celui qui n'est pas l'Imam, de manière générale. Il n'entrave que le fait de savoir, de manière générale et dont la connaissance a été établie, si cette personne est bien lui ou non. Or le doute à ce sujet n'est pas une mécréance, car s'il était une mécréance, il devrait l'être même si le miracle ne se manifestait pas. En effet, avant la manifestation de ce miracle par sa main, on doute nécessairement à son sujet et il est possible qu'il soit Imam et qu'un autre le soit aussi. Le doute n'entrave la connaissance acquise de manière générale que si l'on doutait à l'avenir de son imamat de manière générale, et cela empêche qu'il se produise de sa part à l'avenir.
وكان المرتضى رضي الله عنه يقول: سؤال المخالف لنا لم لا يظهر الإمام للأولياء غير لازم لأنه إن كان غرضه أن لطف الولي غير حاصل فلا يحصل تكليفه فإنه لا يتوجه فإن لطف الولي حاصل لأنه إذا علم الولي أن له إماما غائبا يتوقع ظهوره عليه السلام ساعة ساعة ويجوز انبساط يده في كل حال فإن خوفه من تأديبه حاصل وينزجر لمكانه عن المقبحات ويفعل كثيرا من الواجبات فيكون حال غيبته كحال كونه في بلد آخر بل ربما كان في حال الاستتار أبلغ لأنه مع غيبته يجوز أن يكون معه في بلده وفي جواره ويشاهده من حيث لا يعرفه ولا يقف على أخباره وإذا كان في بلد آخر ربما خفي عليه خبره فصار حال الغيبة والانزجار حاصلا عن القبيح على ما قلناه.
وفي أصحابنا من قال إن علة الاستتار عن أوليائه خوفه من أن يشيعوا خبره ويتحدثوا باجتماعهم معه سرورا به،فيؤدي ذلك إلى الخوف من الأعداء وإن كان غير مقصود. وهذا الجواب يضعف، لأن عقلاء شيعته لا يجوز أن يخفى عليهم ما في إظهار اجتماعهم معه من الضرر عليه وعليهم،فكيف يخبرون بذلك العامة مع علمهم بما عليه وعليهم فيه من المضرة العامة وإن جاز هذا على الواحد والاثنين لا يجوز على جماعة شيعته الذين لا يظهر لهم. على أن هذا يلزم عليه أن يكون شيعته قد عدموا الانتفاع به على وجه لا يتمكنون من تلافيه وإزالته لأنه إذا علق الاستتار بما يعلم من حالهم أنهم يفعلونه فليس في مقدورهم الآن ما يقتضي من ظهور الإمام عليه السلام وهذا يقتضي سقوط التكليف الذي الإمام لطف فيه عنهم وفي أصحابنا من قال علة استتاره عن الأولياء ما يرجع إلى الأعداء لأن انتفاع جميع الرعية من ولي وعدو بالإمام إنما يكون بأن ينفذ أمره ببسط يده فيكون ظاهرا متصرفا بلا دافع ولا منازع. وهذا مما المعلوم أن الأعداء قد حالوا دونه ومنعوا منه.
Parmi nos compagnons, il en est qui disent que la raison de l'occultation de l'Imam vis-à-vis de ses partisans (awliyā') est sa crainte qu'ils ne divulguent son existence et ne parlent de leurs rencontres avec lui par joie, ce qui entraînerait la peur des ennemis, même si cela n'est pas intentionnel. Cette réponse est faible, car les gens raisonnables parmi ses partisans (shīʿa) ne peuvent ignorer le préjudice que causerait la révélation de leurs réunions avec lui, à lui et à eux-mêmes. Comment pourraient-ils donc en informer le commun des gens, sachant le tort général que cela leur causerait, à lui et à eux ? Et si cela peut se concevoir de la part d'un ou deux individus, cela ne peut se concevoir de la part de l'ensemble de ses partisans à qui il ne se manifeste pas. D'ailleurs, cela impliquerait que ses partisans aient perdu tout bénéfice de sa présence d'une manière qu'ils ne pourraient ni rattraper ni réparer. Car si l'occultation est conditionnée par ce que l'on sait de leur comportement futur, il n'est plus en leur pouvoir actuel de provoquer la manifestation de l'Imam (que la paix soit sur lui). Cela entraînerait l'annulation de l'obligation (taklīf) pour laquelle l'Imam est une grâce (luṭf) envers eux. Parmi nos compagnons, il en est qui disent que la cause de l'occultation vis-à-vis des partisans est liée aux ennemis, car le bénéfice que tire l'ensemble des sujets, alliés ou ennemis, de l'Imam ne se réalise que par l'exécution de son ordre lorsqu'il étend sa main, étant alors manifeste et agissant sans obstacle ni contestation. Or, il est notoire que les ennemis ont fait obstacle à cela et l'en ont empêché.
ويمكن أن يعترض هذا الجواب بأن يقال: إن الأعداء وإن حالوا بينه وبين الظهور على وجه التصرف والتدبير فلم يحولوا بينه وبين لقاء من شاء من أوليائه على سبيل الاختصاص وهو يعتقد طاعته ويوجب اتباع أوامره، فإن كان لا نفع في هذا اللقاء لأجل الاختصاص لأنه غير نافذ الأمر للكل فهذا تصريح بأنه لا انتفاع للشيعة الإمامية بلقاء أئمتها من لدن وفاة أمير المؤمنين إلى أيام الحسن بن علي أبي القائم عليه السلام لهذه العلة. ويوجب أيضا أن يكون أولياء أمير المؤمنين عليه السلام وشيعته لم يكن لهم بلقائه انتفاع قبل انتقال الأمر إلى تدبيره وحصوله في يده وهذا بلوغ من قائله إلى حد لا يبلغه متأمل. على أنه لو سلم أن الانتفاع بالإمام لا يكون إلا مع الظهور لجميع الرعية ونفوذ أمره فيهم لبطل قولهم من وجه آخر، وهو أنه يؤدي إلى سقوط التكليف الذي الإمام لطف فيه عن شيعته لأنه إذا لم يظهر لهم لعلة لا يرجع إليهم ولا كان في قدرتهم وإمكانهم إزالته فلا بد من سقوط التكليف عنهم، لأنه لو جـاز أن يمنع قوم من المكلفين غيـرهم لطفهم ويكـون التكليف الذي ذلك اللطف لطف فيه مستمرا عليهم لجاز أن يمنع بعض المكلفين غيره بقيد وما أشبهه من المشي على وجه لا يمكن من إزالته ويكون تكليف المشي مع ذلك مستمرا على الحقيقة.
On peut objecter à cette réponse en disant : « Les ennemis, bien qu'ils aient fait obstacle entre lui (l'Imam) et la manifestation publique en matière de disposition et de gestion, n'ont pas fait obstacle entre lui et la rencontre de ceux qu'il veut parmi ses amis intimes (awliyā'), d'une manière particulière, alors qu'il reconnaît leur obéissance et rend obligatoire le suivi de ses ordres. Si cette rencontre n'apporte aucun profit en raison de ce caractère privé — parce que son autorité n'est pas exécutoire pour tous —, c'est une déclaration explicite que les shīʿites imamites n'ont tiré aucun bénéfice de la rencontre de leurs Imāms depuis la mort du Prince des croyants (Amīr al-Muʾminīn) jusqu'à l'époque d'al-Ḥasan ibn ʿAlī Abī al-Qā'im – que la paix soit sur lui – pour cette raison. Cela implique aussi que les amis intimes (awliyā') du Prince des croyants – que la paix soit sur lui – et ses shīʿites n'ont tiré aucun profit de sa rencontre avant que l'autorité ne soit transmise à sa gestion et ne tombe entre ses mains. Or, c'est là un degré que celui qui le profère atteint à un point que nul méditatif ne saurait atteindre. De plus, si l'on admet que le profit de l'Imām ne se réalise qu'avec la manifestation publique à toute la communauté et l'exécution de son ordre parmi eux, leur propos tombe sous un autre aspect : cela mène à l'abrogation de l'obligation religieuse (taklīf) pour laquelle l'Imām est une grâce (luṭf) à l'égard de ses shīʿites. Car s'il ne se manifeste pas à eux pour une raison qui ne leur incombe pas et qu'ils n'ont ni le pouvoir ni la possibilité de l'écarter, alors l'obligation doit nécessairement être abrogée pour eux. En effet, s'il était permis qu'un groupe d'obligés (mukallafūn) empêche un autre groupe d'accéder à leur grâce (luṭf), tandis que l'obligation pour laquelle cette grâce est une grâce continuerait de peser sur eux, alors il serait permis qu'un obligé en empêche un autre par une entrave ou quelque chose d'analogue, comme marcher d'une manière qu'il ne peut écarter, tout en maintenant réellement l'obligation de marcher. »
وليس لأحد أن يقول هذا تكليف لما لا يطاق وحوالة على غيب لأن هذا الولي ليس يعرف ما قصر فيه بعينه من النظر والاستدلال فيستدركه حتى يتمهد في نفسه ويتقرر ونراكم تلزمونه ما لا يلزمه وذلك أن ما يلزم في التكليف قد يتميز تارة ويشتبه أخرى بغيره وإن كان التمكن من الأمرين ثابتا حاصلا. فالولي على هذا إذا حاسب نفسه ورأى أن الإمام لا يظهر له وأفسد أن يكون السبب في الغيبة ما ذكرناه من الوجوه الباطلة وأجناسها علم أنه لا بد من سبب يرجع إليه،وإذا علم أن أقوى العلل ما ذكرناه علم أن التقصير واقع من جهته في صفات المعجز وشروطه فعليه معاودة النظر في ذلك عند ذلك وتخليصه من الشوائب وما يوجب الالتباس فإنه من اجتهد في ذلك حق الاجتهاد ووفى النظر شروطه فإنه لا بد من وقوع العلم بالفرق بين الحق والباطل وهذه المواضع الإنسان فيها على نفسه بصيرة وليس يمكن أن يؤمر فيها بأكثر من التناهي في الاجتهاد والبحث والفحص والاستسلام للحق. وقد بينا أن هذا نظير ما نقول لمخالفينا إذا نظروا في أدلتنا ولم يحصل لهم العلم سواء.
Il n'appartient à personne de dire : « Ceci est une obligation de ce qui est insupportable et un renvoi à l'invisible », car cet ami (walī, aspirant spirituel) ne sait pas précisément en quoi il a failli dans la contemplation (naẓar) et l'inférence (istidlāl) pour le rattraper jusqu'à ce que cela s'établisse clairement en lui-même et se confirme. Nous vous voyons lui imposer ce qui ne lui incombe pas. En effet, ce qui incombe dans l'obligation (taklīf) peut parfois se distinguer clairement, et parfois se confondre avec autre chose, bien que la capacité (tamakkun) pour les deux choses soit établie et acquise. Ainsi, selon cela, lorsque l'ami (walī) s'interroge lui-même et constate que l'Imam ne se manifeste pas pour lui, et qu'il juge invalides comme causes de l'Occultation (ghayba) les vaines voies (wujūh bāṭila) que nous avons mentionnées et leurs genres, alors il sait qu'il doit nécessairement y avoir une cause qui remonte à lui. Et lorsqu'il sait que la plus forte des causes (ʿilal) est celle que nous avons mentionnée, il sait que la déficience (taqṣīr) provient de son côté dans les qualités (ṣifāt) du miracle (muʿjiz) et ses conditions (shurūṭ). Il lui incombe donc de revenir sur ce point, de l'examiner à nouveau, de le purifier des impuretés (shawā'ib) et de ce qui engendre la confusion (iltibās). Car quiconque s'efforce en cela avec un effort (ijtihād) authentique et remplit les conditions de la contemplation (naẓar) ne peut manquer d'acquérir la science (ʿilm) de la distinction entre le vrai (ḥaqq) et le faux (bāṭil). Dans ces situations, l'homme est lucide (baṣīra) sur lui-même, et l'on ne peut lui ordonner rien de plus que d'atteindre l'extrême limite de l'effort (ijtihād), de la recherche (baḥth), de l'examen (faḥṣ) et de la soumission (istislām) à la vérité. Nous avons déjà montré que cela est analogue à ce que nous disons à nos contradicteurs : lorsqu'ils examinent nos preuves sans acquérir la science, c'est la même chose.
Al‑Murtadā (que Dieu l’agrée) disait : « La question de notre opposant : “Pourquoi l’Imam n’apparaît‑il pas aux saints (awliyā’) ?” n’est pas pertinente. Car, si son intention est que le bienfait (luṭf) envers le saint (walī) n’est pas réalisé, alors son obligation légale (taklīf) ne serait pas accomplie, et elle ne serait même pas adressée. Or, le bienfait envers le saint est réalisé parce que, lorsque le saint sait qu’il a un Imam caché dont il attend la manifestation — que la paix soit sur lui — à chaque instant, et qu’il est possible que sa main [de l’Imam] s’étende en toute circonstance, alors sa crainte d’être châtié par lui est effective, et il se retient, à cause de cela, des actions abominables (muqabbiḥāt) et accomplit nombre d’obligations (wājibāt). Ainsi, son état durant l’occultation (ghayba) est comparable à son état si l’Imam se trouvait dans une autre ville ; bien plus, il est peut‑être plus efficace durant la dissimulation (istitār), car, du fait même de l’occultation, il est possible que l’Imam soit avec lui dans sa ville, dans son voisinage, et qu’il le voie sans le connaître et sans avoir connaissance de ses nouvelles. Tandis que, si l’Imam était dans une autre ville, il se pourrait que sa nouvelle lui échappe. Ainsi, l’effet dissuasif vis‑à‑vis du mal est obtenu par l’occultation, comme nous l’avons dit. »