Chapitre
وإذا لم يكن قد فاتهم اللطف جاز استتاره عنهم وإن سلم أنه يحصل ما هو لطف لهم ومع ذلك يقال لم لا يظهر لهم قلنا ذلك غير واجب على كل حال فسقط السؤال من أصله. على أن لطفهم بمكانه حاصل من وجه آخر وهو أن لمكانه يثقون بوصول جميع الشرع إليهم ولولاه لما وثقوا بذلك وجوزوا أن يخفى عليهم كثير من الشرع وينقطع دونهم وإذا علموا وجوده في الجملة أمنوا جميع ذلك فكان اللطف بمكانه حاصلا من هذا الوجه أيضا. وقد ذكرنا فيما تقدم أن ستر ولادة صاحب الزمان عليه السلام ليس بخارق للعادات إذ جرى أمثال ذلك فيما تقدم من أخبار الملوك،وقد ذكره العلماء من الفرس ومن روى أخبار الدولتين. من ذلك ما هو مشهور كقصة كيخسرو وما كان من ستر أمه حملها وإخفاء ولادتها وأمه بنت ولد أفراسياب ملك الترك وكان جده كيقاوس أراد قتل ولده فسترته أمه إلى أن ولدته وكان من قصته ما هو مشهور في كتب التواريخ ذكره الطبري.
Et s'il n'y a pas de préjudice pour eux dans la privation de la grâce (luṭf), il est permis que [l'Imam] soit caché de leur vue. Même si l'on accorde que ce qui se produit pour eux est une grâce, et que l'on demande : « Pourquoi ne se montre-t-il pas à eux ? », nous répondons : Cela n'est pas obligatoire en toutes circonstances ; ainsi la question tombe d'elle-même. De plus, leur grâce est réalisée sous un autre rapport : c'est que par son existence, ils ont confiance que la totalité de la Loi religieuse (sharʿ) leur parvient ; sans lui, ils n'auraient pas cette confiance et craindraient qu'une grande partie de la Loi leur soit cachée et leur échappe. Or, s'ils savent qu'il existe en général, ils sont rassurés sur tout cela ; ainsi la grâce est-elle réalisée par son existence même sous ce rapport également. Nous avons mentionné plus haut que la dissimulation de la naissance du Maître du Temps (Ṣāḥib al-Zamān) — que la paix soit sur lui — ne constitue pas une rupture des habitudes, car des faits analogues se sont produits dans les récits des rois antérieurs, ainsi que l'ont rapporté les savants perses et ceux qui ont transmis les histoires des deux dynasties. Parmi ces récits, on trouve la célèbre histoire de Kay Khusraw : sa mère cacha sa grossesse et dissimula sa naissance, car elle était la fille du fils d'Afrasiab, roi des Turcs, et son grand-père Kay Kāwūs voulait tuer son enfant. Sa mère le cacha donc jusqu'à ce qu'elle l'eût enfanté, et son histoire est bien connue dans les livres d'histoire, comme l'a rapporté al-Ṭabarī.
وقد نطق القرآن بقصة إبراهيم عليه السلام وأن أمه ولدته خفيا وغيبته في المغارة حتى بلغ وكان من أمره ما كان. وما كان من قصة موسى عليه السلام فإن أمه ألقته في البحر خوفا عليه وإشفاقا من فرعون عليه وذلك مشهور نطق به القرآن. ومثل ذلك قصة صاحب الزمان عليه السلام سواء، فكيف يقال إن هذا خارج عن العادات؟ ومن الناس من يكون له ولد من جارية يستتر بها من زوجته برهة من الزمان حتى إذا حضرته الوفاة أقر به.
Le Coran a énoncé l'histoire d'Abraham (que la paix soit sur lui), comment sa mère l'enfanta en secret et le cacha dans une grotte jusqu'à ce qu'il grandît, et ce qui advint de lui. Et il y a aussi l'histoire de Moïse (que la paix soit sur lui) : sa mère le jeta à la mer, par crainte pour lui et par peur de Pharaon ; cela est bien connu et le Coran l'a énoncé. Il en va de même, exactement, pour l'histoire du Maître du Temps (que la paix soit sur lui). Comment donc pourrait-on dire que cela sort de l'ordinaire ? Et il est des hommes qui ont un enfant d'une servante, qu'ils dissimulent à leur épouse pendant un certain temps, jusqu'à ce que, à l'approche de la mort, ils le reconnaissent.
وفي الناس من يستر أمر ولده خوفا من أهله أن يقتلوه طمعا في ميراثه.قد جرت العادات بذلك فلا ينبغي أن يتعجب من مثله في صاحب الزمان عليه السلام. وقد شاهدنا من هذا الجنس كثيرا وسمعنا منه غير قليل فلا نطول بذكره لأنه معلوم بالعادات. وكم وجدنا من ثبت نسبه بعد موت أبيه بدهر طويل ولم يكن أحد يعرفه إذا شهد بنسبة رجلان مسلمان ويكون الأب أشهدهما على نفسه سترا عن أهله وخوفا من زوجته وأهله فوصى به فشهدا بعد موته أو شهدا بعقده على امرأة عقدا صحيحا فجاءت بولد يمكن أن يكون منه فوجب بحكم الشرع إلحاقه به. والخبر بولادة ابن الحسن عليه السلام وارد من جهات أكثر مما يثبت به الأنساب في الشرع. ونحن نذكر طرفا من ذلك فيما بعد إن شاء الله تعالى.[b]
Parmi les gens, il en est qui cachent la naissance de leur enfant par crainte que ses proches ne le tuent par convoitise de son héritage. Les habitudes ont prévalu en cela, et il ne faut donc pas s'étonner qu'il en soit de même pour le Maître du Temps (que la paix soit sur lui). Nous avons observé beaucoup de cas de ce genre et en avons entendu un grand nombre ; nous ne nous attarderons pas à les mentionner, car ils sont connus par les coutumes. Combien avons-nous trouvé de personnes dont la filiation a été établie longtemps après la mort de leur père, sans que personne ne les connût auparavant, lorsque deux hommes musulmans ont témoigné de leur filiation, et que le père les avait pris comme témoins en secret, par crainte de sa femme et de sa famille, leur confiant cela par testament ; ils ont témoigné après sa mort, ou bien ils ont témoigné du contrat de mariage qu'il avait conclu avec une femme de manière valide, et celle-ci a donné naissance à un enfant qui pouvait être de lui ; alors, en vertu de la Loi religieuse (sharʿ), il a été obligatoire de rattacher cet enfant à lui. Or, la nouvelle de la naissance d'Ibn al-Ḥasan (que la paix soit sur lui) nous est parvenue par des voies plus nombreuses que celles par lesquelles les filiations sont établies en Loi religieuse. Nous mentionnerons une partie de cela plus loin, si Dieu Très-Haut le veut.
وأما إنكار جعفر بن علي عم صاحب الزمان عليه السلام شهادة الإمامية بولد لأخيه الحسن بن علي ولد في حياته ودفعه بذلك وجوده بعده وأخذه تركته وحوزه ميراثه وما كان منه في حمل سلطان الوقت على حبس جواري الحسن عليه السلام واستبدالهن بالاستبراء لهن من الحمل ليتأكد نفيه لولد أخيه وإباحته دماء شيعتهم بدعواهم خلفا له بعده كان أحق بمقامه فليس بشبهة يعتمد على مثلها أحد من المحصلين لاتفاق الكل على أن جعفرا لم يكن له عصمة كعصمة الأنبياء فيمتنع عليه لذلك إنكار حق ودعوى باطل؛ بل الخطأ جائز عليه والغلط غير ممتنع منه.
Quant au fait que Jaʿfar ibn ʿAlī, l'oncle paternel du Maître du Temps (que la paix soit sur lui), ait nié le témoignage des Imamites concernant un fils né de son frère al-Ḥasan ibn ʿAlī durant sa vie, et qu'il ait, par ce déni, rejeté son existence après lui, se soit emparé de son héritage, ait confisqué sa succession, et ce qu'il a fait en incitant le souverain de l'époque à emprisonner les concubines d'al-Ḥasan (que la paix soit sur lui) et à les remplacer en les soumettant à un délai de viduité (istibrāʾ) pour vérifier une éventuelle grossesse, afin de conforter sa négation de l'existence du fils de son frère, et qu'il ait déclaré licite le sang de leurs partisans (shīʿa) sous prétexte qu'ils prétendaient qu'il y avait un successeur (khalaf) après lui, plus digne de sa station (maqām) — tout cela ne constitue pas une ambiguïté (shubha) sur laquelle un homme accompli (muḥaṣṣil) pourrait s'appuyer, car tous s'accordent sur le fait que Jaʿfar ne possédait pas une immunité (ʿiṣma) semblable à celle des prophètes, qui l'aurait empêché de nier un droit et de revendiquer un faux ; bien au contraire, l'erreur est possible chez lui et la faute n'en est pas exempte.
وقد نطق القرآن بما كان من ولد يعقوب عليه السلام مع أخيهم يوسف عليه السلام وطرحهم إياه في الجب وبيعهم إياه بالثمن البخس وهم أولاد الأنبياء وفي الناس من يقول كانوا أنبياء. فإذا جاز منهم مثل ذلك مع عظم الخطإ فيه فلم لا يجوز مثله من جعفر بن علي مع ابن أخيه وأن يفعل معه من الجحد طمعا في الدنيا ونيلها وهل يمنع من ذلك أحد إلا مكابر معاند.
Le Coran a énoncé ce qui advint des fils de Jacob (sur lui la paix) avec leur frère Joseph (sur lui la paix) : leur jet de lui dans la citerne et leur vente de lui à un prix dérisoire, alors qu'ils étaient les enfants des prophètes, et parmi les gens il en est qui disent qu'ils étaient prophètes. Si une telle chose, avec la gravité de la faute qu'elle comporte, fut permise de leur part, pourquoi ne serait-elle pas permise de la part de Jaʿfar ibn ʿAlī envers son neveu, et qu'il agisse envers lui par dénégation par convoitise de ce bas monde et de ses biens ? Qui empêcherait cela, sinon un entêté obstiné ?
فإن قيل: كيف يجوز أن يكون للحسن بن علي عليه السلام ولد مع إسناده وصيته في مرضه الذي توفي فيه إلى والدته المسماة بحديث المكناة بأم الحسن بوقوفه وصدقاته وأسند النظر إليها في ذلك ولو كان له ولد لذكره في الوصية؟
Si l'on objecte : Comment se peut-il que Ḥasan ibn ʿAlī — sur lui la paix — ait eu un enfant alors qu'il a, dans la maladie dont il mourut, confié son testament à sa mère, appelée dans le récit par le surnom d'Umm al-Ḥasan, concernant ses biens de mainmorte (waqf) et ses aumônes (ṣadaqāt), et qu'il lui a remis la gestion de cela ? S'il avait eu un enfant, il l'aurait mentionné dans le testament.
قيل: إنما فعل ذلك قصدا إلى تمام ما كان غرضه في إخفاء ولادته وستر حاله عن سلطان الوقت ولو ذكر ولده أو أسند وصيته إليه لناقض غرضه خاصة وهو احتاج إلى الإشهاد عليها وجوه الدولة وأسباب السلطان وشهود القضاة ليتحرس بذلك وقوفه ويتحفظ صدقاته ويتم به السترعلى ولده بإهمال ذكره وحراسة مهجته بترك التنبيه على وجوده. ومن ظن أن ذلك دليل على بطلان دعوى الإمامية في وجود ولد للحسن عليه السلام كان بعيدا من معرفة العادات. وقد فعل نظير ذلك الصـادق جعفـر بن محمد عليه السلام حين أسند وصيته إلى خمسة نفر أولهم المنصور إذ كان سلطان الوقت ولم يفرد ابنه موسى عليه السلام بها إبقاء عليه وأشهد معه الربيع وقاضي الوقت وجاريته أم ولده حميدة البربرية وختمهم بذكر ابنه موسى بن جعفر عليه السلام لستر أمره وحراسة نفسه ولم يذكر مع ولده موسى أحدا من أولاده الباقين لعلمه كان فيهم من يدعي مقامه من بعده ويتعلق بإدخاله في وصيته،ولو لم يكن موسى عليه السلام ظاهرا مشهورا في أولاده معروف المكان منه وصحة نسبه واشتهار فضله وعلمه وكان مستورا لما ذكره في وصيته ولاقتصر على ذكر غيره كما فعل الحسن بن علي والد صاحب الزمان عليه السلام.
Il fut dit : Il (l'Imam Hasan al-ʿAskarī) n'a agi ainsi que dans le but de parachever son objectif de cacher sa naissance (celle du douzième Imam) et de dissimuler sa situation face au souverain de l'époque. S'il avait mentionné son enfant ou lui avait confié son testament, cela aurait contredit son objectif spécifique, car il avait besoin de faire témoigner les notables de l'État, les agents du pouvoir et les juges présents, afin de préserver ses biens (waqf) et de protéger ses dotations charitables, et d'assurer ainsi la dissimulation de son enfant en taisant sa mention et en protégeant sa vie en évitant d'attirer l'attention sur son existence. Quiconque pense que cela prouve la fausseté de la prétention des imamites (al-Imāmiyya) concernant l'existence d'un enfant d'Al-Hasan (al-ʿAskarī) — que la paix soit sur lui — est bien loin de connaître les coutumes (humaines). Or, une action similaire fut accomplie par al-Ṣādiq Jaʿfar ibn Muḥammad — que la paix soit sur lui — lorsqu'il confia son testament à cinq personnes, dont la première était al-Manṣūr, puisqu'il était le souverain de l'époque ; il n'y désigna pas exclusivement son fils Mūsā — que la paix soit sur lui — par souci de préserver sa vie, et il fit témoigner avec lui al-Rabīʿ, le juge de l'époque, sa concubine mère de son enfant Ḥamīda al-Barbariyya, et il conclut la liste en mentionnant son fils Mūsā ibn Jaʿfar — que la paix soit sur lui — pour cacher son affaire et protéger sa personne. Il ne mentionna, avec son fils Mūsā, aucun de ses autres descendants, car il savait que parmi eux se trouvaient ceux qui prétendraient à sa position après lui et s'accrocheraient à son inclusion dans son testament. Et si Mūsā — que la paix soit sur lui — n'avait pas été apparent et célèbre parmi ses descendants, connu pour sa place auprès de lui, la pureté de sa filiation, la renommée de sa vertu et de sa science, mais qu'il avait été caché, il ne l'aurait pas mentionné dans son testament et se serait contenté de mentionner d'autres, comme l'a fait al-Ḥasan ibn ʿAlī, père du Maître du Temps (Ṣāḥib al-Zamān) — que la paix soit sur lui.
فإن قيل: قولكم أنه منذ ولد صاحب الزمان عليه السلام إلى وقتنا هذا مع طول المدة لا يعرف أحد مكانه ولا يعلم مستقره ولا يأتي بخبره من يوثق بقوله خارج عن العادة،لأن كل من اتفق له الاستتار عن ظالم لخوف منه على نفسه أو لغير ذلك من الأغراض يكون مدة استتاره قريبة ولا يبلغ عشرين سنة ولا يخفى أيضا على الكل في مدة استتارة مكانه ولا بد من أن يعرف فيه بعض أوليائه وأهل مكانه أو يخبر بلقائه وقولكم بخلاف ذلك.
Si l'on objecte : votre propos selon lequel, depuis la naissance du Maître du Temps (que la paix soit sur lui) jusqu'à notre époque, malgré la longue durée, personne ne connaît son lieu ni ne sait sa résidence, et qu'aucun rapport digne de foi ne parvient de lui, est contraire à la coutume. Car quiconque se cache d'un oppresseur par crainte pour sa vie ou pour tout autre motif ne demeure caché que pour une période brève, n'excédant pas vingt ans ; durant cette retraite, sa localisation n'est pas totalement inconnue, et il est inévitable que certains de ses proches ou des habitants de son lieu le connaissent ou rapportent une rencontre avec lui. Or votre affirmation est contraire à cela.
قلنا: ليس الأمر على ما قلتم، لأن الإمامية تقول إن جماعة من أصحاب أبي محمد الحسن بن علي عليه السلام قد شاهدوا وجوده في حياته وكانوا أصحابه وخاصته بعد وفاته والوسائط بينه وبين شيعته معروفون، ربما ذكرناهم فيما بعد، ينقلون إلى شيعته معالم الدين ويخرجون إليهم أجوبته في مسائلهم فيه ويقبضون منهم حقوقه وهم جماعة كان الحسن بن علي عليهما السلام عد لهم في حياته واختصهم أمناء له في وقته وجعل إليهم النظر في أملاكه والقيام بأموره بأسمائهم وأنسابهم وأعيانهم،كأبي عمرو عثمان بن سعيد السمان وابنه أبي جعفر محمد بن عثمان بن سعيد وغيرهم ممن سنذكر أخبارهم فيما بعد إن شاء الله تعالى. وكانوا أهل عقل وأمانة وثقة ظاهرة ودراية وفهم وتحصيل ونباهة،وكانوا معظمين عند سلطان الوقت لعظم أقدارهم وجلالة محلهم مكرمين لظاهر أمانتهم واشتهار عدالتهم حتى أنه كان يدفع عنهم ما يضيفه إليهم خصومهم. وهذا يسقط قولهم أن صاحبكم لم يره أحد ودعواهم خلافه.
Nous disons : La chose n’est pas comme vous l’affirmez. Car l’imāmiyya (école des Imams) déclare qu’un groupe de compagnons d’Abū Muḥammad al-Ḥasan ibn ʿAlī (sur eux la paix) a vu sa personne (l’Imam caché) durant sa vie. Ils furent ses compagnons et ses hommes de confiance après sa mort, et ils sont les intermédiaires connus entre lui et ses partisans — nous les mentionnerons peut-être plus tard. Ils transmettent à ses partisans les enseignements de la religion, font sortir pour eux ses réponses à leurs questions le concernant, et perçoivent pour lui ses droits. Ce groupe, que Ḥasan ibn ʿAlī (sur eux deux la paix) nomma durant sa vie, qu’il choisit comme ses dépositaires en son temps et à qui il confia la gestion de ses biens et l’administration de ses affaires, sont désignés nommément par leurs noms, leurs lignées et leurs personnes : Abū ʿAmr ʿUthmān ibn Saʿīd al-Sammān, son fils Abū Jaʿfar Muḥammad ibn ʿUthmān ibn Saʿīd, et d’autres dont nous rapporterons les récits plus tard, si Dieu le Très-Haut le veut. C’étaient des hommes dotés de ʿaql (intellect), de probité, d’une confiance manifeste, de savoir, de compréhension, d’acquisition et d’intelligence. Ils étaient honorés auprès du pouvoir de l’époque en raison de leur grande valeur et de l’élévation de leur rang, respectés pour l’évidence de leur probité et la notoriété de leur droiture, au point qu’on repoussait loin d’eux ce que leurs adversaires leur imputaient. Cela annule leur prétention selon laquelle votre maître (l’Imam caché) n’a été vu par personne, et leur affirmation du contraire.
فأما بعد انقراض أصحاب أبيه فقد كان مدة من الزمان أخباره واصلة من جهة السفراء الذين بينه وبين شيعته ويوثق بقولهم ويرجع إليهم لدينهم وأمانتهم وما اختصوا به من الدين والنزاهة وربما ذكرنا طرفا من أخبارهم فيما بعد.
Quant à la période qui suivit la disparition des compagnons de son père, ses nouvelles parvinrent pendant un certain temps par l'intermédiaire des émissaires (sufarāʾ) qui faisaient la liaison entre lui et ses fidèles (shīʿa). On accordait crédit à leurs paroles, on se référait à eux en raison de leur religion (dīn) et de leur loyauté (amāna), ainsi que de ce qui les distinguait en piété (dīn) et en intégrité (nazāha). Peut-être mentionnerons-nous un aperçu de leurs récits (akhbār) plus tard.
وقد سبق الخبر عن آبائه عليه السلام بأن القائم عليه السلام له غيبتان؛أخراهما أطول من الأولى. فالأولى يعرف فيها خبره،والأخرى لا يعرف فيها خبره. فجاء ذلك موافقا لهذه الأخبار فكان ذلك دليلا ينضاف إلى ما ذكرناه وسنوضح عن هذه الطريقة فيما بعد إن شاء الله تعالى. فأما خروج ذلك عن العادات، فليس الأمر على ما قالوه،ولو صح لجاز أن ينقض الله تعالى العادة في ستر شخص ويخفى أمره لضرب من المصلحة وحسن التدبير لما يعرض من المانع من ظهوره.
Il a déjà été rapporté au sujet de ses pères (que la paix soit sur eux) que le Qā'im (que la paix soit sur lui) a deux occultations ; la seconde est plus longue que la première. Durant la première, on connaît sa nouvelle (on sait où il se trouve et ce qui le concerne), et durant la seconde, on ne connaît pas sa nouvelle. Ceci concorde avec ces traditions (ahādīth) et constitue une preuve supplémentaire à ce que nous avons mentionné. Nous expliciterons cette voie par la suite, si Dieu Très-Haut le veut. Quant au fait que cela sorte des habitudes (normes coutumières), la chose n'est pas comme ils le disent ; et si cela était avéré, il serait permis à Dieu Très-Haut de transgresser l'habitude en dissimulant une personne et en cachant son affaire pour un intérêt (maslaha) et une bonne conduite (ḥusn al-tadbīr), en raison de l'obstacle qui se présente à sa manifestation.
وهذا الخضرعليه السلام موجود قبل زماننا من عهد موسى عليه السلام عند أكثر الأمة وإلى وقتنا هذا باتفاق أهل السير؛ لا يعرف مستقره ولا يعرف أحد له أصحابا إلا ما جاء به القرآن من قصته مع موسى عليه السلام. وما يذكره بعض الناس أنه يظهر أحيانا ولا يعرف ويظن من يراه أنه بعض الزهاد فإذا فارق مكانه توهمه المسمى بالخضر ولم يكن عرفه بعينه في الحال ولا ظنه فيها بل اعتقد أنه بعض أهل الزمان.
Quant à al-Khiḍr (que la paix soit sur lui), il est présent avant notre époque, depuis le temps de Moïse (que la paix soit sur lui), selon la majorité de la communauté, et jusqu'à notre époque, d'après l'accord unanime des spécialistes des biographies (sīra). On ne connaît pas sa demeure fixe, et l'on ne sait pas qu'il aurait des compagnons, en dehors de ce que le Coran rapporte de son histoire avec Moïse (que la paix soit sur lui). Ce que certaines personnes rapportent — qu'il apparaît parfois sans être reconnu, et que celui qui le voit le prend pour un ascète ; puis, lorsqu'il quitte son lieu, on suppose qu'il s'agit de celui qu'on nomme al-Khiḍr, sans l'avoir identifié en personne sur le moment ni l'avoir soupçonné, mais en croyant simplement que c'était un homme de ce temps — (cela reste sujet à discussion).
وقد كان من غيبة موسى بن عمران عليه السلام من وطنه وهربه من فرعون ورهطه ما نطق به القرآن ولم يظفر به أحد مدة من الزمان ولا عرفه بعينه حتى بعثه الله نبيا ودعا إليه فعرفه الولي والعدو.
Il y eut, concernant l'occultation (ghayba) de Moïse fils d'ʿImrān, que la paix soit sur lui, loin de sa patrie et sa fuite devant Pharaon et son clan, ce que le Coran a énoncé : personne ne put l'atteindre pendant un certain temps, ni ne le reconnut en personne, jusqu'à ce que Dieu l'envoyât comme prophète et qu'il appelât à Lui. Alors l'allié comme l'ennemi le reconnurent.
وقد كان من قصة يوسف بن يعقوب عليه السلام ما جاء به سورة في القرآن وتضمنت استتار خبره عن أبيه وهو نبي الله يأتيه الوحي صباحا ومساء وما يخفى عليه خبر ولده وعن ولده أيضا حتى أنهم كانوا يدخلون عليه ويعاملونه ولا يعرفونه وحتى مضت على ذلك السنون والأزمان ثم كشف الله أمره وظهر خبره وجمع بينه وبين أبيه وإخوته،وإن لم يكن ذلك في عادتنا اليوم ولا سمعنا بمثله.
Il est advenu, dans l'histoire de Joseph (Yūsuf), fils de Jacob (Yaʿqūb) – sur eux deux la paix –, ce qu'expose une sourate du Coran, à savoir que sa nouvelle fut cachée à son père, alors que celui-ci était un prophète de Dieu, recevant la révélation (waḥy) matin et soir, sans que lui soit cachée la nouvelle de son fils ; et que [Joseph] demeura également ignoré de son fils [c'est-à-dire de ses frères], au point qu'ils entraient chez lui, le fréquentaient sans le reconnaître, et que les années et les temps passèrent ainsi. Puis Dieu dévoila son affaire, fit apparaître sa nouvelle, et réunit entre lui, son père et ses frères – même si cela n'est pas conforme à notre coutume aujourd'hui, et que nous n'en avons jamais ouï le pareil.
وكان من قصة يونس بن متى نبي الله عليه السلام مع قومه وفراره منهم حين تطاول خلافهم له واستخفـافهم بحقوقه وغيبته عنهم وعن كل أحد حتى لم يعلم أحد من الخلق مستقره وستره الله تعالى في جوف السمكة وأمسك عليه رمقه بضرب من المصلحة إلى أن انقضت تلك المدة ورده الله تعالى إلى قومه وجمع بينهم وبينه. وهذا أيضا خارج عن عادتنا وبعيد من تعارفنا،قد نطق به القرآن وأجمع عليه أهل الإسلام.
Il y a dans l'histoire de Yūnus b. Mattā (Jonas fils d'Amittaï), prophète de Dieu — que la paix soit sur lui — avec son peuple et sa fuite loin d'eux, lorsque leur opposition à son encontre se prolongea et qu'ils méprisèrent ses droits, son absence loin d'eux et loin de toute créature, au point que nul parmi les créatures ne connut sa demeure ; Dieu — qu'Il soit exalté — le cacha dans le ventre de la baleine et maintint son souffle de vie par une sorte de sagesse (darb min al-maṣlaḥa) jusqu'à ce que ce délai s'achevât ; puis Dieu — qu'Il soit exalté — le ramena vers son peuple et les réunit avec lui. Ceci aussi est hors de notre coutume et éloigné de ce qui nous est familier ; le Coran l'a énoncé et les gens de l'Islam sont unanimes à ce sujet.
ومثل ما حكيناه أيضا قصة أصحاب الكهف وقد نطق بها القرآن وتضمن شرح حالهم واستتارهم عن قومهم فرارا بدينهم. ولو لا ما نطق القرآن به لكان مخالفونا يجحدونه دفعا لغيبة صاحب الزمان عليه السلام وإلحاقهم به،لكن أخبر الله تعالى أنهم بقوا ثلاثمائة سنة مثل ذلك مستترين خائفين ثم أحياهم الله تعالى فعادوا إلى قومهم وقصتهم مشهورة في ذلك.
De même, ce que nous avons rapporté également : l'histoire des Gens de la Caverne (Aṣḥāb al-Kahf) que le Coran a énoncée et qui contient l'exposé de leur situation et de leur dissimulation devant leur peuple par crainte pour leur religion. Si le Coran ne l'avait pas énoncée, nos contradicteurs l'auraient niée, afin de repousser l'Occultation du Maître du Temps (ṣalawāt Allāh ʿalayhi) — qu'ils assimilent à cela (cette histoire) —, mais Dieu Très-Haut a informé qu'ils demeurèrent trois cents ans dans un état similaire, dissimulés et craintifs, puis Dieu les ressuscita et ils retournèrent vers leur peuple ; leur histoire est célèbre à ce sujet.
وإذا كان ما ذكرناه معروفا كائنا كيف يمكن مع ذلك إنكار غيبة صاحب الزمان عليه السلام اللهم إلا أن يكون المخالف دهريا معطلا ينكر جميع ذلك ويحيله فلا نتكلم معه في الغيبة بل ننتقل معه إلى الكلام في أصل التوحيد وإن ذلك مقدور، وإنما نكلم في ذلك من أقر بالإسلام وجوز كون ذلك مقدورا لله تعالى فبين لهم نظائره في العادات.
Et si ce que nous avons mentionné est reconnu comme existant, comment pourrait-on malgré tout nier l'Occultation (ghayba) du Maître du Temps (Ṣāḥib al-Zamān) — que la paix soit sur lui — ? À moins que l'opposant ne soit un matérialiste (dahrī) négateur (muʿaṭṭil) qui rejette tout cela et le tienne pour impossible. Dans ce cas, nous ne discutons pas avec lui de l'Occultation, mais nous passons avec lui à la discussion sur le fondement de l'Unicité divine (tawḥīd) et sur le fait que cela est possible [pour Dieu]. Nous ne parlons de cela qu'avec celui qui reconnaît l'Islam et admet que cela est possible pour Dieu — qu'Il est exalté — ; nous leur montrons alors ses analogies dans les habitudes [établies].
وقد كان من أمر صاحب الحمار الذي نزل بقصته القرآن وأهل الكتاب يزعمون أنه كان نبيا فأماته الله تعالى مائة عام ثم بعثه وبقي طعامه وشرابه لم يتغير.وكان ذلك خارقا للعادة. وأمثال ما قلناه كثيرة مما رواه أصحاب السير والتواريخ من ملوك الفرس وغيبتهم عن أصحابهم مدة لا يعرفون خبرهم ثم عودهم وظهورهم لضرب من التدبير،وإن لم ينطق به القرآن فهو مذكور في التواريخ. وكذلك جماعة من حكماء الروم والهند قد كانت لهم غيبات وأحوال خارجة عن العادات لا نذكرها لأن المخالف ربما جحدها على عادتهم جحد الأخبار وهو مذكور في التواريخ.
Il y a eu, dans l’histoire de l’homme à l’âne dont le Coran a narré le récit, que les gens du Livre prétendaient qu’il était un prophète ; Dieu Très-Haut l’a fait mourir cent années puis l’a ressuscité, et sa nourriture et sa boisson sont restées inchangées. Cela était un fait surnaturel (khāriq li-l-ʿāda). Et nombreux sont les exemples semblables à ce que nous avons dit, rapportés par les auteurs de chroniques et d’histoires concernant les rois de Perse : leurs occultations (ghayba) loin de leurs compagnons pendant une durée où ceux-ci ignoraient leur sort, puis leur retour et leur apparition en vertu d’une certaine gestion (tadbīr). Même si le Coran n’en parle pas, cela est mentionné dans les chroniques. De même, un groupe de sages byzantins et indiens ont eu des occultations et des états hors du commun (khārija ʿan al-ʿādāt) que nous ne mentionnons pas, car l’adversaire (al-mukhālif) les nie peut-être, selon leur habitude de nier les traditions (akhbār), alors que cela est consigné dans les chroniques.
فإن قيل: ادعاؤكم طول عمر صاحبكم أمر خارق للعادات مع بقائه على قولكم كامل العقل تام القوة والشباب لأنه على قولكم له في هذا الوقت الذي هو سنة سبع وأربعين وأربعمائة مائة وإحدى وتسعون سنة،لأن مولده على قولكم سنة ست وخمسين ومائتين.
Si l'on dit : Votre prétention concernant la longévité de votre maître (le douzième Imam) est une chose contraire aux habitudes (khāriq li-l-ʿādāt), étant donné qu'il demeure selon votre dire d'un intellect parfait (kāmil al-ʿaql), d'une force accomplie et d'une jeunesse intacte, car selon votre assertion, en ce temps qui est l'année 447 de l'Hégire, il a cent quatre-vingt-onze ans, puisque sa naissance, selon votre affirmation, est en l'année 256 de l'Hégire.
ولم تجر العادة بأن يبقى أحد من البشر هذه المدة، فكيف انتقضت العادة فيه ولا يجوز انتقاضها إلا على يد الأنبياء؟
Or, il n'est pas dans l'ordre habituel (ʿāda) qu'un être humain demeure [en vie] pendant une telle durée. Comment donc cette habitude (ʿāda) aurait-elle été brisée en sa faveur, alors qu'il n'est permis qu'elle ne soit brisée que par l'intermédiaire des prophètes ?
قلنا: الجواب عن ذلك من وجهين؛ أحدهما، أنا لا نسلم أن ذلك خارق لجميع العادات، بل العادات فيما تقدم قد جرت بمثلها وأكثر من ذلك،وقد ذكرنا بعضها كقصة الخضر عليه السلام وقصة أصحاب الكهف وغير ذلك. وقد أخبر الله تعالى عن نوح عليه السلام أنه لبث في قومه ألف سنة إلا خمسين عاما. وأصحاب السير يقولون إنه عاش أكثر من ذلك وإنما دعا قومه إلى الله تعالى هذه المدة المذكورة بعد أن مضت عليه ستون من عمره.
Nous répondons : La réfutation de cela se fait sous deux aspects. Le premier : nous n'admettons pas que cela soit une rupture de toutes les habitudes (coutumes naturelles) ; bien au contraire, les habitudes, dans le passé, ont vu se produire des faits semblables et même plus extraordinaires. Nous en avons déjà mentionné certains, comme l'histoire d'al-Khiḍr (que la paix soit sur lui), l'histoire des Gens de la Caverne (Aṣḥāb al-Kahf), et d'autres encore. Dieu Très-Haut a informé que Noé (Nūḥ, que la paix soit sur lui) demeura parmi son peuple mille ans moins cinquante ans. Les auteurs de chroniques (aṣḥāb as-siyar) disent qu'il vécut encore plus longtemps, et qu'il n'appela son peuple à Dieu Très-Haut que durant cette période mentionnée, après que soixante ans de sa vie se furent écoulés.