فإن قيل: كيف الطريق إلى إصابة الحق مع غيبة الإمام؟فإن قلتم: لا سبيل إليها،جعلتم الخلق في حيرة وضلالة وشك في جميع أمورهم.وإن قلتم: يصاب الحق بأدلته،قيل لكم هذا تصريح بالاستغناء عن الإمام بهذه الأدلة.
Si l'on dit : « Quel est le chemin pour atteindre la vérité durant l'Occultation (ghayba) de l'Imam ? » — Si vous répondez : « Il n'y a aucun moyen d'y parvenir », vous condamnez les créatures à la perplexité, à l'égarement et au doute dans toutes leurs affaires. Et si vous dites : « La vérité s'atteint par ses preuves (adilla) », on vous rétorque : « C'est là une déclaration explicite d'indépendance vis-à-vis de l'Imam, par le biais de ces preuves. »
قلنا: الحق على ضربين؛ عقلي وسمعي. فالعقلي يصاب بأدلته والسمعي عليه أدلة منصوبة من أقوال النبي صلى الله عليه وآله وسلم ونصوصه وأقوال الأئمة عليهم السلام من ولده، وقد بينوا ذلك وأوضحوه ولم يتركوا منه شيئا لا دليل عليه.
Nous disons : la vérité (ḥaqq) est de deux sortes : rationnelle (ʿaqlī) et scripturaire (samʿī). La [vérité] rationnelle s’atteint par ses preuves, et la [vérité] scripturaire est étayée par des preuves établies à partir des paroles du Prophète (que la prière et la paix soient sur lui et sur sa famille) et de ses textes (nuṣūṣ), ainsi que des paroles des Imams (que la paix soit sur eux) issus de sa descendance. Ceux-ci ont exposé et clarifié tout cela, et n’ont rien laissé sans preuve.
غير أن هذا وإن كان على ما قلناه فالحاجة إلى الإمام قد بينا ثبوتها لأن جهة الحاجة إليه المستمرة في كل حال وزمان كونه لطفا لنا على ما تقدم القول فيه ولا يقوم غيره مقامه فالحاجة المتعلقة بالسمع أيضا ظاهرة لأن النقل وإن كان واردا عن الرسول صلى الله عليه وآله وسلم وعن آباء الإمام عليهم السلام بجميع ما يحتاج إليه في الشريعة فجائز على الناقلين العدول عنه إما تعمدا وإما لشبهة فينقطع النقل أو يبقى فيمن لا حجة في نقله. وقد استوفينا هذه الطريقة في تلخيص الشافي فلا نطول بذكرها الكتاب.
Cependant, bien que cela soit comme nous l’avons dit, nous avons déjà montré la nécessité de l’Imam, car la raison de ce besoin constant en toute circonstance et en tout temps est qu’il constitue pour nous une grâce (luṭf), comme cela a été exposé précédemment, et nul autre ne peut occuper sa place. La nécessité liée à l’ouïe (as-samʿ — la transmission orale) est également manifeste, car bien que la transmission (an-naql) provienne du Messager d’Allah (que la prière et la paix d’Allah soient sur lui et sur sa Famille) et des pères de l’Imam (que la paix soit sur eux) pour tout ce qui est nécessaire dans la Loi religieuse (ash-sharīʿa), il est possible que les transmetteurs s’en écartent, soit délibérément, soit en raison d’un doute (shubha). Alors la transmission s’interrompt, ou bien elle demeure chez celui dont la transmission ne fait pas autorité (ḥujja). Nous avons déjà traité cette méthode en détail dans le Talḫīṣ aš-Šāfī, et nous ne prolongerons pas le livre en l’évoquant.
فإن قيل: لو فرضنا أن الناقلين كتم بعض منهم بعض الشريعة واحتيج إلى بيان الإمام ولم يعلم الحق إلا من جهته وكان خوف القتل من أعدائه مستمرا كيف يكون الحال؟
Si l’on dit : Supposons que certains des transmetteurs aient caché une partie de la Loi révélée (sharīʿa), qu’il y ait eu besoin de l’explication de l’Imam, que la vérité n’ait été connue que par son intermédiaire, et que la crainte d’être tué par ses ennemis ait été permanente, comment la situation serait-elle ?
فإن قلتم: يظهر وإن خاف القتل، فيجب أن يكون خوف القتل غير مبيح له الاستتار ويلزم ظهوره. وإن قلتم: لا يظهر وسقط التكليف في ذلك الشيء المكتوم عن الأمة،خرجتم من الإجماع لأنه منعقد على أن كل شيء شرعه النبي صلى الله عليه وآله وسلم وأوضحه فهو لازم للأمة إلى أن تقوم الساعة. وإن قلتم: إن التكليف لا يسقط،صرحتم بتكليف ما لا يطاق وإيجاب العمل بما لا طريق إليه.
Si vous dites : « Il se manifeste, même s'il craint la mort », alors il faut que la crainte de la mort ne soit pas une raison qui lui permette de se cacher, et sa manifestation devient obligatoire. Et si vous dites : « Il ne se manifeste pas, et l'obligation religieuse (taklīf) concernant cette chose cachée est levée pour la communauté », vous sortez alors du consensus (ijmāʿ), car il est établi que toute chose que le Prophète (que Dieu prie sur lui et sa Famille et les salue) a légiférée et explicitée est contraignante pour la communauté jusqu'au Jour de la Résurrection. Et si vous dites : « L'obligation religieuse n'est pas levée », vous affirmez alors clairement l'imposition d'une charge impossible à supporter (taklīf mā lā yuṭāq) et l'obligation d'agir sans aucun moyen d'y parvenir.
قلنا: قد أجبنا عن هذا السؤال في التلخيص مستوفى،وجملته إن الله تعالى لو علم أن النقل ببعض الشرع المفروض ينقطع في حال يكون تقية الإمام فيها مستمرة وخوفه من الأعداء باقيا لأسقط ذلك عمن لا طريق له إليه. فإذا علمنا بالإجماع أن تكليف الشرع مستمر ثابت على جميع الأمة إلى قيام الساعة علمنا عند ذلك أنه لو اتفق انقطاع النقل بشيء من الشرع لما كان ذلك إلا في حال يتمكن فيها الإمام عليه السلام من الظهور والبروز والإعلام والإنذار.
Nous disons : nous avons déjà répondu de manière exhaustive à cette question dans le *Talkhīṣ* (Résumé). Le résumé en est que si Dieu Très-Haut avait su que la transmission d'une partie de la Loi prescrite serait interrompue dans une situation où la *taqiyya* (dissimulation préventive) de l'Imam serait permanente et sa crainte des ennemis persistante, Il aurait dispensé de cette obligation celui qui n'aurait aucun moyen d'y accéder. Or, puisque nous savons par consensus (*ijmāʿ*) que l'obligation légale (*taklīf*) de la Loi est continue et établie pour toute la communauté jusqu'à la fin des temps, nous savons alors que si une interruption de la transmission d'une partie de la Loi devait survenir, cela ne pourrait avoir lieu que dans une situation où l'Imam — que la paix soit sur lui — est en mesure de se manifester, d'apparaître, d'informer et d'avertir.