(أقول): وأما الذي يدل على فساد قول الكيسانية القائلين بإمامة محمد بن الحنفية فأشياء.
(Je dis :) Quant à ce qui indique la fausseté de la doctrine des Kaysāniyya qui professent l'imamat de Muhammad ibn al-Hanafiyya, ce sont plusieurs choses.
Chapitre
(أقول): وأما الذي يدل على فساد قول الكيسانية القائلين بإمامة محمد بن الحنفية فأشياء.
(Je dis :) Quant à ce qui indique la fausseté de la doctrine des Kaysāniyya qui professent l'imamat de Muhammad ibn al-Hanafiyya, ce sont plusieurs choses.
منها: أنه لو كان إماما مقطوعا على عصمته لوجب أن يكون منصوصا عليه نصا صريحا لأن العصمة لا تعلم إلا بالنص، وهم لا يدعون نصا صريحا (عليه) وإنما يتعلقون بأمور ضعيفة دخلت عليهم فيها شبهة لا تدل على النص، نحو إعطاء أمير المؤمنين عليه السلام إياه الراية يوم البصرة، وقوله له "أنت ابني حقا" مع كون الحسن والحسين عليهما السلام ابنيه وليس في ذلك دلالة على إمامته على وجه، وإنما يدل على فضيلته ومنزلته.
Parmi ces arguments : s'il était un imam dont l'infaillibilité ('isma) est établie de manière catégorique, il serait nécessaire qu'il soit désigné par un texte clair et explicite (naṣṣ ṣarīḥ), car l'infaillibilité ne peut être connue que par le texte. Or, ils ne prétendent pas qu'il existe un texte clair en sa faveur ; ils s'accrochent seulement à des arguments faibles, entachés pour eux d'une ambiguïté (shubha) qui ne prouve pas la désignation textuelle, comme le fait que le Commandeur des croyants (Amīr al-Mu'minīn, que la paix soit sur lui) lui ait confié l'étendard le jour de Bassora, et qu'il lui ait dit : « Tu es vraiment mon fils », alors que al-Ḥasan et al-Ḥusayn (que la paix soit sur eux) sont ses fils. Or, cela n'indique en aucune manière son imamat (imāma), mais seulement sa vertu (faḍīla) et son rang (manzila).
على أن الشيعة تروي أنه جرى بينه وبين علي بن الحسين عليهما السلام كلام في استحقاق الإمامة فتحاكما إلى الحجر فشهد الحجر لعلي بن الحسين عليهما السلام بالامامة، فكان ذلك معجزا له فسلم له الأمر وقال بإمامته.
Isnād""
Les chiites rapportent qu’il y eut entre lui et ʿAlī b. al-Ḥusayn (que la paix soit sur eux deux) une discussion au sujet de la légitimité de l’imamat (imāma, autorité suprême de l’Imam). Ils soumirent alors leur différend à une pierre [sacrée], et la pierre témoigna en faveur de ʿAlī b. al-Ḥusayn (que la paix soit sur eux deux) de l’imamat. Cela constitua un miracle (muʿjiza) pour lui, et [l’autre] s’avoua vaincu, lui céda la prééminence et reconnut son imamat.
فتزعزع الحجر حتى كاد أن يزول، ثم أنطقه الله تعالى، فقال:يا محمد،سلم الامامة لعلي بن الحسين. فرجع محمد عن منازعته وسلمها إلى علي بن الحسين عليهما السلام. ومنها تواتر الشيعة الامامية بالنص عليه من أبيه وجده وهي موجودة في كتبهم في الاخبار لا نطول بذكرها الكتاب.
La pierre trembla au point de presque se déplacer, puis Allah Très-Haut la fit parler, et elle dit : « Ô Muhammad, remets l’Imamat (la guidance divine) à ʿAlī ibn al-Ḥusayn. » Muhammad renonça alors à sa contestation et la transmit à ʿAlī ibn al-Ḥusayn – que la paix soit sur eux deux. C’est par ce récit que les Chiites imamites (duodécimains) attestent de la désignation explicite (naṣṣ) de ce dernier par son père et son grand-père, et ces traditions sont consignées dans leurs ouvrages de hadiths, mais nous ne les mentionnons pas ici pour ne pas allonger le propos.
ومنها الأخبار الواردة عن النبي صلى الله عليه وآله من جهة الخاصة والعامة على ما سنذكره فيما بعد بالنص على إمامة الاثني عشر، وكل من قال بإمامتهم قطع على وفاة محمد بن الحنفية وسياقة الامامة إلى صاحب الزمان عليه السلام.
Parmi celles-ci figurent les traditions rapportées du Prophète – que Dieu prie sur lui et sa famille –, tant par les traditionsnistes imamites que sunnites, comme nous le mentionnerons plus loin, au sujet de la désignation textuelle des douze Imams. Quiconque professe leur imamat a statué sur la mort de Muhammad ibn al-Hanafiyya et sur la transmission de l'imamat jusqu'au Maître du Temps – que la paix soit sur lui.
ومنها انقراض هذه الفرقة فإنه لم يبق في الدنيا في وقتنا ولا قبله بزمان طويل قائل يقول به، ولو كان ذلك حقا لما جاز انقراضه.
Et parmi (les arguments) figure l'extinction de cette secte, car il ne reste dans le monde, à notre époque ni longtemps avant elle, personne qui professe cette doctrine. Or, si celle-ci était vraie, son extinction ne serait pas permise.
وهذا طعن من يقول إن الإجماع لا يمكن معرفته ولا التوصل إليه، والكلام في ذلك لا يختص هذه المسألة فلا وجه لايراده هنا. ثم إنا نعلم أن الأنصار طلبت الامرة ودفعهم المهاجرون عنها ثم رجعت الانصار إلى قول المهاجرين على قول المخالف، فلو أن قائلا قال:يجوز عقد الامامة لمن كان من الانصار لان الخلاف سبق فيه، ولعل في أطراف الارض من يقول به، فما كان يكون جوابهم فيه (فأي) شيء قالوه فهو جوابنا بعينه فلا نطول بذكره.
Ceci est une objection de celui qui prétend que le consensus (al-ijmāʿ) ne peut être connu ni atteint. Mais le discours à ce sujet n'est pas propre à cette question, il n'y a donc aucune raison de l'évoquer ici. Ensuite, nous savons que les Anṣār (auxiliaires médinois) ont revendiqué le commandement (al-imra), et que les Muhājirūn (émigrés mecquois) les en ont écartés ; puis les Anṣār se sont rangés à l'avis des Muhājirūn, selon l'avis de l'opposant (al-mukhālif). Si quelqu'un disait : « Il est permis de conclure l'investiture de l'imamat (ʿaqd al-imāma) pour celui qui est issu des Anṣār, car la divergence (al-khilāf) l'a précédée, et peut-être qu'aux confins de la terre il y a quelqu'un qui le dit », quelle aurait été leur réponse à cela ? Quoi qu'ils aient dit, c'est notre réponse même ; nous ne nous étendrons donc pas en la mentionnant.
فإن قيل: إذا كان الإجماع عندكم إنما يكون حجة بكون المعصوم فيه، فمن أين تعلمون دخول قوله في جملة أقوال الأمة؟ (وهلا جاز أن يكون قوله منفردا عنهم فلا تثقون بالإجماع؟). قلنا: المعصوم إذا كان من جملة علماء الامة فلابد (من) أن يكون قوله موجودا في جملة أقوال العلماء، لأنه لا يجوز أن يكون منفردا مظهرا للكفر فإن ذلك لا يجوز عليه، فإذا لابد (من) أن يكون قوله في جملة الأقوال، وإن شككنا في أنه الإمام.
Si l'on dit : « Puisque, selon vous, le consensus (ijmāʿ) n'est une preuve que parce qu'il inclut l'Infaillible (maʿṣūm), comment savez-vous que sa parole est comprise parmi les paroles de la communauté ? Et ne serait-il pas possible que sa parole soit isolée de la leur, de sorte que vous ne puissiez vous fier au consensus ? » Nous répondons : « Si l'Infaillible fait partie des savants de la communauté, il est nécessaire que sa parole se trouve parmi les paroles des savants, car il ne peut pas être isolé en manifestant une position qui serait de la mécréance (kufr) — cela n'est pas concevable de sa part. Ainsi, sa parole est nécessairement incluse dans l'ensemble des paroles, même si nous doutons qu'il soit l'Imam. »
فإذا اعتبرنا أقوال الامة ووجدنا بعض العلماء يخالف فيه، فإن كنا نعرفه ونعرف مولده ومنشأه لم نعتد بقوله لعلمنا أنه ليس بإمام، وإن شككنا في نسبه لم تكن المسألة إجماعا. فعلى هذا أقوال العلماء من الامة اعتبرناها فلم نجد فيهم قائلا بهذا المذهب الذي هو مذهب الكيسانية أو الواقفة، وإن وجدنا فرضا واحدا أو اثنين فإنا نعلم منشأه ومولده فلا يعتد بقوله واعتبرنا أقوال الباقين الذين نقطع على كون المعصوم فيهم، فسقطت هذه الشبهة على هذا التحرير وبان وهنه.
Ainsi, si nous considérons les paroles de la communauté et trouvons que certains savants sont en désaccord à ce sujet, alors, si nous le connaissons [personnellement] et connaissons son lieu de naissance et son origine, nous ne tenons pas compte de son avis, car nous savons qu'il n'est pas un Imam. Et si nous doutons de sa filiation [généalogique], la question ne fait alors pas l'objet d'un consensus (ijmāʿ). C'est sur cette base que nous avons examiné les paroles des savants de la communauté, et nous n'avons trouvé parmi eux aucun partisan de cette doctrine qui est celle des Kaysāniyya ou des Wāqifa. Et si [par hypothèse] nous en trouvions un ou deux, nous connaîtrions leur origine et leur lieu de naissance, et leur avis ne serait donc pas pris en compte ; et nous considérerions les paroles des autres, parmi lesquels nous sommes certains que se trouve l'Infaillible (al-maʿṣūm). Ainsi, cette objection (shubha) tombe d'elle-même sur la base de cette analyse, et sa faiblesse apparaît clairement.
1.والخبر بذلك مشهور عند الإمامية لأنهم رووا أن محمد بن الحنفية نازع علي بن الحسين عليهما السلام في الامامة وادعى أن الأمر أفضي إليه بعد أخيه الحسين عليه السلام، فناظره علي بن الحسين عليه السلام واحتج عليه بآي من القرآن كقوله: ﴿وَأُولُوا الأَرْحَامِ بَعْضُهُمْ أَوْلَى بِبَعْضٍ…﴾ وأن هذه الآية جرت في علي بن الحسين عليهما السلام وولده ثم قال له: أحاجك إلى الحجر الأسود، فقال له:كيف تحاجني إلى حجر لا يسمع ولا يجيب؟ فأعلمه أنه يحكم بينهما، فمضيا حتى انتهيا إلى الحجر، فقال علي بن الحسين عليه السلام لمحمد بن الحنفية:تقدم فكلمه. فتقدم إليه ووقف حياله وتكلم ثم أمسك. ثم تقدم علي بن الحسين عليه السلام فوضع يده عليه ثم قال:اللهم إني أسألك باسمك المكتوب في سرادق العظمة،ثم دعا بعد ذلك وقال:لما أنطقت هذا الحجر، ثم قال:أسألك بالذي جعل فيك مواثيق العباد والشهادة لمن وافاك لما أخبرت لمن الامامة والوصية.
Cette tradition est bien connue chez les imamites (partisans des Imams), car ils rapportent que Muhammad ibn al-Hanafiyya disputa avec ʿAlī ibn al-Ḥusayn (sur eux la paix) au sujet de l'imamat (autorité suprême des Imams), prétendant que l'autorité lui était échue après son frère al-Ḥusayn (sur lui la paix). Alors ʿAlī ibn al-Ḥusayn (sur eux la paix) le contredit et argumenta contre lui en s'appuyant sur des versets du Coran, comme Sa Parole : « Ceux qui ont des liens de parenté sont les plus proches les uns des autres… » (Coran 8:75), et que ce verset s'appliquait à ʿAlī ibn al-Ḥusayn (sur eux la paix) et à ses descendants. Puis il lui dit : « Je vais plaider contre toi devant la Pierre Noire (al-Ḥajar al-Aswad). » Muhammad ibn al-Hanafiyya lui répondit : « Comment peux-tu plaider contre moi devant une pierre qui n'entend ni ne répond ? » Il l'informa alors qu'elle jugerait entre eux. Ils partirent jusqu'à atteindre la Pierre Noire. ʿAlī ibn al-Ḥusayn (sur eux la paix) dit à Muhammad ibn al-Hanafiyya : « Avance et parle-lui. » Il s'avança, se tint face à elle, parla, puis se tut. Ensuite ʿAlī ibn al-Ḥusayn (sur eux la paix) s'avança, posa sa main sur elle et dit : « Ô Dieu, je Te demande par Ton Nom inscrit sur la tente de la Grandeur. » Puis il invoqua ensuite et dit : « Ce qui a fait parler cette Pierre. » Ensuite il dit : « Je Te demande par Celui qui a placé en toi les alliances des serviteurs et le témoignage pour celui qui vient à toi, de m'informer à qui appartiennent l'imamat (autorité suprême) et le legs (waṣiyya, testament spirituel). »
فإن قيل: كيف يعلم انقراضهم وهلا جاز أن يكون في بعض البلاد البعيدة وجزائر البحر وأطراف الأرض أقوام يقولون بهذا القول كما يجوز أن يكون في أطراف الأرض من يقول بمذهب الحسن في أن مرتكب الكبيرة منافق فلا يمكن ادعاء انقراض هذه الفرقة وإنما كان يمكن العلم بذلك لو كان المسلمون فيهم قلة والعلماء محصورين فأما وقد انتشر الإسلام وكثر العلماء فمن أين يعلم ذلك؟ قلنا: هذا يؤدي إلى أن لا يمكن العلم بإجماع الامة على قول ولا مذهب بأن يقال:لعل في أطراف الارض من يخالف ذلك ويلزم أن يجوز أن يكون في أطراف الأرض من يقول:إن البرد لا ينقض الصوم وأنه يجوز للصائم أن يأكل إلى طلوع الشمس، لان الاول كان مذهب أبي طلحة الأنصاري، والثاني مذهب حذيفة والأعمش، وكذلك مسائل كثيرة من الفقه كان الخلف فيها(واقعا)بين الصحابة والتابعين، ثم زال الخلف فيما بعد، واجتمع أهل الأعصار على خلافه، فينبغي أن يشك في ذلك ولا نثق بالإجماع على مسألة سبق الخلاف فيها.
Si l’on objecte : « Comment sait-on leur extinction (celle des Kharijites) ? Ne se peut-il pas que dans certaines contrées lointaines, dans les îles de la mer et aux extrémités de la terre, il y ait des gens qui professent cette doctrine, de même qu’il peut exister aux extrémités de la terre des partisans de la doctrine d’al-Ḥasan (al-Baṣrī) selon lequel l’auteur d’un péché majeur est un hypocrite (munāfiq) ? On ne peut donc prétendre à l’extinction de cette secte ; on pourrait le savoir seulement si les musulmans étaient peu nombreux et les savants limités. Mais puisque l’Islam s’est répandu et que les savants se sont multipliés, d’où sait-on cela ? » Nous répondons : « Cela conduirait à ne pouvoir connaître le consensus (ijmāʿ) de la communauté sur une parole ou une doctrine, sous prétexte qu’il y aurait peut-être aux extrémités de la terre quelqu’un qui la contredirait. Il faudrait alors admettre qu’il puisse exister aux extrémités de la terre quelqu’un qui dise que le froid ne rompt pas le jeûne et qu’il est permis au jeûneur de manger jusqu’au lever du soleil, car la première opinion était celle d’Abū Ṭalḥa al-Anṣārī, et la seconde celle de Ḥudhayfa et d’al-Aʿmash ; il en va de même pour de nombreuses questions de jurisprudence (fiqh) où il y eut réellement divergence entre les Compagnons (ṣaḥāba) et les Successeurs (tābiʿūn), puis ces divergences disparurent par la suite et les gens de chaque époque (ahl al-aʿṣār) s’accordèrent sur le contraire. Il faudrait donc douter de cela et ne pas avoir confiance dans le consensus sur une question ayant fait l’objet d’un désaccord antérieur. »