ومن خطبة له (عليه السلام) في استنفار الناس إلى الشام [بعد فراغه من أمر الخوارج] [وفيها يتأفف بالناس، وينصح لهم بطريق السداد:]
Et extrait d'un sermon de lui (que la paix soit sur lui) [prononcé] pour mobiliser les gens vers le Shām [après avoir terminé avec l'affaire des Khārijites] [et dans lequel il exprime son mécontentement envers les gens et les conseille en leur indiquant la voie de la droiture :]
اُفٍ لَكُمْ! لَقَدْ سَئِمْتُ عِتَابَكُمْ! أَرَضِيتُمْ بِالْحَيَاةِ الدُّنْيَا مِنَ الاْخِرَةِ عِوَضاً؟ وَبِالذُّلِّ مِنَ الْعِزِّ خَلَفاً؟ إِذَا دَعَوْتُكُمْ إِلَى جِهَادِ عَدُوِّكُمْ دَارَتْ أَعْيُنُكُمْز، كَأَنَّكُمْ مِنَ الْمَوْتِ فِي غَمْرَةٍ وَمِنَ الذُّهُولِ في سَكْرَةٍ، يُرْتَجُ عَلَيْكُمْ حَوَارِي فَتَعْمَهُونَ فَكَأَنَّ قُلُوبَكُمْ مَأْلُوسَةٌ فَأَنْتُمْ لاَ تَعْقِلُونَ. مَا أَنْتُمْ لي بِثِقَةٍ سَجِيسَ اللَّيَالي وَمَاأَنْتُمْ بِرُكْنٍ يُمَالُ بِكُمْ وَلاَزَوَافِرُ عِزٍّ يُفْتَقَرُ إِلَيْكُمْ. مَا أَنْتُمْ إِلاَّ كَإِبِلٍ ضَلَّ رُعَاتُهَا، فَكُلَّمَا جُمِعَتْ مِنْ جَانِبٍ انْتَشَرَتْ مِن آخَرَ،
Fi de vous ! J'en ai assez de vous réprimander ! Avez-vous donc accepté la vie d'ici-bas en échange de l'au-delà ? Et l'humiliation en place de l'honneur ? Lorsque je vous appelle au combat contre votre ennemi, vos yeux tournent, comme si vous étiez plongés dans l'ivresse de la mort et étourdis par l'inconscience. Mes propos vacillent sur vous et vous errez ; vos cœurs sont comme frappés de stupeur et vous ne raisonnez pas. Vous n'êtes pour moi aucune assurance, au fil des nuits, ni un pilier sur lequel on puisse s'appuyer, ni des forces d'honneur auxquelles on puisse recourir. Vous n'êtes rien d'autre que des chameaux dont les bergers se sont égarés : chaque fois qu'on les rassemble d'un côté, ils se dispersent de l'autre.
لَبِئْسَ ـ لَعَمْرُ اللهِ ـ سُعْرُ نَارِ الْحَرْبِ أَنْتُمْ! تُكَادُونَ وَلاَ تَكِيدُونَ، وَتُنْتَقَصُ أَطْرَافُكُمْ فَلاَ تَمْتَعِضُونَ لاَ يُنَامُ عَنْكُمْ وَأَنْتُمْ في غَفْلَةٍ سَاهُونَ، غُلِبَ وَاللهِ الْمُتَخَاذِلُونَ! وَأيْمُ اللهِ إِنِّي لاَظُنُّ بِكُمْ أنْ لَوْ حَمِسَ الْوَغَىي، وَاسْتَحَرَّ الْمَوْتُ قَدِ انْفَرَجْتُمْ عَنِ ابْنِ أَبِي طَالِبٍ انْفِرَاجَ الرَّأْسِ
Par Dieu ! Quel détestable combustible de la guerre vous êtes ! On vous cerne et vous ne savez pas user de ruse ; on vous mutile les membres et vous ne réagissez pas. On ne dort pas à votre sujet et vous êtes dans une insouciante négligence. Par Dieu ! Ceux qui vous abandonnent ont triomphé ! Et je jure par Dieu que je crois fermement que si l'ardeur du combat s'enflamme et que la mort devient brûlante, vous vous détacherez du fils d'Abī Ṭālib comme se détache la tête (du corps).
وَاللهِ إِنَّ امْرَأً يُمَكِّنُ عَدُوَّهُ مِنْ نَفْسِهِ يَعْرُقُ لَحْمَهُ وَيَهْشِمُ عَظْمَهُ، وَيَفْرِي جِلْدَهُ، لَعَظِيمٌ عَجْزُهُ، ضَعِيفٌ ماضُمَّتْ عَلَيْهِ جَوَانِحُ صَدْرِهِ أَنْتَ فَكُنْ ذَاكَ إِنْ شِئْتَ، فَأَمَّا أَنَا فَوَاللهِ دُونَ أَنْ أُعْطِيَ ذلِكَ ضَرْبٌ بِالْمَشْرَفِيَّةِ تَطِيرُ مِنْهُ فَرَاشُ الْهَامِ وَتَطِيحُ السَّوَاعِدُ وَالاْقْدَامُ، وَيَفْعَلُ اللهُ بَعْدَ ذلِكَ مَا يَشَاءُ.
Par Dieu ! Un homme qui laisse son ennemi disposer de lui-même, sucer sa chair, briser ses os et déchirer sa peau est d'une grande faiblesse et d'un cœur bien lâche. Toi, sois cela si tu le veux. Quant à moi, par Dieu ! avant de consentir à cela, il y aura l'échange des coups d'épées yéménites (al-mushrafiyya), qui font voler les cervelles des crânes, tranchent les avant-bras et les pieds. Et après cela, Dieu fera ce qu'Il voudra.
أَيُّهَا النَّاسُ! إِنَّ لِي عَلَيْكُمْ حَقّاً، وَلَكُمْ عَلَيَّ حَقٌّ: فَأَمَّا حَقُّكُمْ عَلَيَّ: فَالنَّصِيحَةُ لَكُمْ، وَتَوْفِيرُ فَيْئِكُمْ عَلَيْكُمْ، وَتَعْلِيمُكُمْ كَيْلا تَجْهَلُوا، وَتَأْدِيبُكُمْ كَيْما تَعْلَمُوا. وَأَمَّا حَقِّي عَلَيْكُمْ: فَالوَفَاءُ بِالبَيْعَةِ، وَالنَّصِيحَةُ في الْمَشْهَدِ وَالْمَغِيبِ، وَالاْجَابَةُ حِينَ أَدْعُوكُمْ، وَالطَّاعَةُ حِينَ آمُرُكُمْ.
Ô gens ! J'ai sur vous un droit, et vous avez sur moi un droit. Quant à votre droit sur moi : c'est de vous conseiller sincèrement, de préserver pour vous votre butin (fay'), de vous instruire afin que vous ne soyez pas ignorants, et de vous éduquer afin que vous appreniez. Quant à mon droit sur vous : c'est la fidélité à l'allégeance (bay'a), la sincérité en public comme en privé, de répondre lorsque je vous appelle, et l'obéissance lorsque je vous ordonne.