ومن خطبة له (عليه السلام) بعد غارة الضحاك بن قيس صاحب معاوية على الحاجّ بعد قصة الحكمين [وفيها يستنهض أصحابه لما حدث في الاطراف]
Extrait d’un sermon de lui (que la paix soit sur lui) après le raid d’al-Ḍaḥḥāk ibn Qays, lieutenant de Muʿāwiya, contre les pèlerins, à la suite de l’affaire des deux arbitres. [Dans ce sermon, il exhorte ses partisans à se lever face à ce qui s’est produit aux frontières.]
أَيُّهَا النَّاسُ، الْمجْتَمِعَةُ أبْدَانُهُمْ، الُمخْتَلِفَةُ أهْوَاؤُهُمْ، كَلامُكُم يُوهِي الصُّمَّ الصِّلابَ، وَفِعْلُكُمْ يُطْمِعُ فِيكُمُ الاْعْدَاءَ! تَقُولُونَ فِي الَمجَالِسِ: كَيْتَ وَكَيْتَ، فَإذَا جَاءَ الْقِتَالُ قُلْتُمْ: حِيدِي حَيَادِ! مَا عَزَّتْ دَعْوَةُ مَنْ دَعَاكُمْ، وَلاَ اسْتَرَاحَ قَلْبُ مَنْ قَاسَاكُمْ، أَعَالِيلُ بِأَضَالِيلَ، دِفَاعَ ذِي الدَّيْنِ المَطُولِ، لاَ يَمنَعُ الضَّيْمَ الذَّلِيلُ! وَلاَ يُدْرَكُ الْحَقُّ إِلاَ بِالْجِدِّ! أَيَّ دَار بَعْدَ دَارِكُمْ تَمْنَعُونَ، وَمَعَ أَىِّ إِمَام بَعْدِي تُقَاتِلُونَ؟
Ô gens, dont les corps se rassemblent mais dont les passions divergent ! Vos paroles font chanceler les rocs les plus durs, et vos actes rendent les ennemis cupides à votre égard. Vous dites dans les assemblées : « Ceci et cela » ; mais quand vient le combat, vous dites : « Écartez-vous, arrière ! » Jamais l'appel de celui qui vous invoque ne trouve de soutien, et le cœur de celui qui endure vos souffrances ne trouve de repos. Ce ne sont que prétextes et illusions, comme la défense du débiteur qui tergiverse. Le vil ne repousse jamais l'humiliation ! Et le droit ne s'atteint que par l'effort sérieux ! Quelle demeure protégerez-vous après la vôtre, et avec quel imam, après moi, combattrez-vous ?
المَغْرُورُ وَاللهِ مَنْ غَرَرْتُمُوهُ، وَمْنْ فَازَبِكُمْ فَازَ بَالسَّهْمِ الاْخْيَبِ، وَمَنْ رَمَى بِكُمْ فَقَدْ رَمَى بِأَفْوَقَ نَاصِل. أَصْبَحْتُ وَاللهِ لا أُصَدِّقُ قَوْلَكُمْ، وَلاَ أَطْمَعُ فِي نَصْرِكُمْ، وَلاَ أُوعِدُ العَدُوَّ بِكُم. مَا بَالُكُم؟ مَا دَوَاؤُكُمْ؟ مَا طِبُّكُمْ؟ القَوْمُ رِجَالٌ أَمْثَالُكُمْ، أَقَوْلاً بَغَيْرِ عِلْم! وَغَفْلَةً مِنْ غَيْرِ وَرَع! وَطَمَعاً في غَيْرِ حَقٍّ؟!
Par Dieu, celui que vous trompez est bien le trompé. Celui qui triomphe par vous ne remporte que la plus vile des flèches (celle du sort le plus misérable). Celui qui vous prend pour cible vise avec une flèche sans pointe et sans empennage. Par Dieu, j'en suis venu à ne plus croire vos paroles, à n'espérer aucun secours de votre part, et à ne plus menacer l'ennemi par votre intermédiaire. Qu'avez-vous donc ? Quel est votre remède ? Quel est votre traitement ? Ces gens (l'ennemi) sont des hommes comme vous. Parlez-vous sans science ? Vous égarez-vous sans piété ? Convoitez-vous sans droit ?