ومن خطبة له (عليه السلام) وقد تواترت عليه الاَخبار باستيلاءِ أصحاب معاوية على البلاد، وقدم عليه عاملاه على اليمن ـ وهما عبيدالله بن العباس وسعيد بن نمران ـ لمّا غلب عليها بُسْرُ بن أبي أَرْطَاة، فقام (عليه السلام) إلى المنبر ضجراً بتثاقل أَصحابه عن الجهاد، ومخالفتهم له في الرأْي، وقال:
Extrait d’un sermon prononcé par lui (que la paix soit sur lui) alors que les nouvelles parvenaient en masse de l’emprise des partisans de Muʿāwiya sur les territoires, et que ses deux gouverneurs au Yémen — ʿUbayd Allāh ibn al-ʿAbbās et Saʿīd ibn Nimrān — étaient revenus auprès de lui après que Busr ibn Abī Arṭāt en eut pris le contrôle. Il (que la paix soit sur lui) monta alors en chaire, mécontent de l’apathie de ses compagnons à combattre et de leur opposition à son avis, et dit :
مَا هِيَ إِلاَّ الكُوفَةُ، أقْبِضُهَا وَأَبْسُطُهَا، إنْ لَمْ تَكُوني إِلاَّ أَنْتِ، تَهُبُّ أَعَاصِيرُك، فَقَبَّحَكِ اللهُ!
Ce n’est que Kūfa ; je la resserre et l’étends. Si tu n’étais que toi-même, tes tempêtes se déchaînent — que Dieu t’avilisse !
وتمثّل بقول الشاعر: لَعَمْرُ أَبِيكَ الخَيْرِ يَا عَمْرُوإِنَّني عَلَى وَضَرٍ - مِنْ ذَا الاْنَاءِ ـ قَلِيلِ
Et il récita [en l'appliquant] le vers du poète : « Par la vie de ton bon père, ô ʿAmr, je suis certes encore souillé d'une tache de ce récipient — d'une petite [tache]. »
ثم قال (عليه السلام): أُنْبِئْتُ بُسْراً قَدِ اطَّلَعَ الَيمنَ، وَإِنِّي وَاللهِ لاَظُنُّ هؤُلاءِ القَوْمَ سَيُدَالُونَ مِنْكُمْ بِاجْتِماعِهمْ عَلَى بَاطِلِهمْ، وَتَفَرُّقِكُمْ عَنْ حَقِّكُمْ، وَبِمَعْصِيَتِكُمْ إِمَامَكُمْ في الحَقِّ، وَطَاعَتِهِمْ إِمَامَهُمْ في البَاطِلِ، وَبِأَدَائِهِمُ الاْمَانَةَ إِلَى صَاحِبِهِمْ وَخِيَانَتِكُمْ، وَبِصَلاَحِهمْ في بِلاَدِهِمْ وَفَسَادِكُمْ، فَلَو ائْتَمَنْتُ أَحَدَكُمْ عَلَى قَعْب لَخَشِيتُ أَنْ يَذْهَبَ بِعِلاَقَتِهِ.
Puis il (que la paix soit sur lui) dit : « J'ai été informé que Busr a investi le Yémen. Par Dieu, je pense que ces gens parviendront à l'emporter sur vous, en raison de leur union autour de leur fausseté et de votre désunion autour de votre vérité, de votre désobéissance à votre Imam dans la vérité et de leur obéissance à leur guide dans le faux, de leur fidélité à rendre le dépôt à qui de droit et de votre trahison, de leur rectitude dans leurs contrées et de votre corruption. Si je confiais à l'un d'entre vous la garde d'une écuelle, je craindrais qu'il n'en emporte même l'attache. »
اللَّهُمَّ إِنِّي قَدْ مَلِلْتُهُمْ وَمَلُّوني، وَسَئِمْتُهُمْ وَسَئِمُوني، فَأَبْدِلنِي بِهِمْ خَيْراً مِنْهُمْ، وأَبْدِلُهمْ بِي شَرَّاً مِنِّى، اللَّهُمَّ مِثْ قُلُوبَهُمْ كَمَا يُمَاثُ الْمِلْحُ فِي الْمَاءِ،
Ô Dieu, je me suis lassé d'eux et ils se sont lassés de moi, je les ai pris en aversion et ils m'ont pris en aversion. Remplace-les donc pour moi par de meilleurs qu'eux, et remplace-moi pour eux par un pire que moi. Ô Dieu, fais fondre leurs cœurs comme le sel fond dans l'eau.
أَمَاوَاللهِ لَوَدِدْتُ أَنَّ لِي بِكُمْ أَلفَ فَارِس مِنْ بَنِي فِرَاسِ بْنِ غَنْم : هُنَالِكَ، لَوْ دَعَوْتَ، أَتَاكَ مِنْهُمْ فَوَارِسُ مِثْلُ أَرْمِيَةِ الحَمِيم
Par Dieu ! Comme j'aurais aimé avoir, pour vous défendre, mille cavaliers issus des Banū Firās ibn Ghanm. Là-bas, si tu les avais appelés, des cavaliers seraient venus de chez eux, pareils à la pluie de la fournaise (lorsque le ciel s'embrase).
ثم نزل (عليه السلام) من المنبر.
Puis il (que la paix soit sur lui) descendit de la chaire (minbar).
قال السيد الشريف: قلتُ أنا: والارمية جمع رَميٍّ وهو: السحاب، والحميم في هذا الموضع: وقت الصيف، وإنما خصّ الشاعر سحاب الصيف بالذكر لانه أشد جفولاً، وَأسرع خُفوفاً، لانه لا ماء فيه، وإنما يكون السحاب ثقيل السير لامتلائه بالماء، وذلك لا يكون في الاكثر إلا زمان الشتاء، وإنما أراد الشاعر وصفهم بالسرعة إذا دُعوا، والاغاثة إذا استغيثوا، والدليل على ذلك قوله: «هنالك، لو دعوت، أتاك منهم...».
Dit le Sayyid al-Sharīf : « Moi, je dis : "Al-armiyya" est le pluriel de "ramy", signifiant : le nuage. "Al-ḥamīm", dans ce passage, désigne la saison estivale. Le poète n'a mentionné le nuage estival que parce qu'il est plus prompt à la fuite et plus rapide à disparaître, car il ne contient pas d'eau. Le nuage ne se déplace lourdement que lorsqu'il est rempli d'eau, ce qui ne se produit généralement qu'en hiver. Le poète a voulu décrire leur rapidité lorsqu'ils sont appelés et leur secours lorsqu'ils implorent de l'aide. La preuve en est sa parole : « Là-bas, si tu les appelais, ils viendraient à toi de leur côté... »