بسْمِ اللهِ الرَّحْمنِ الرَّحِيمِ إعْلَمْ رَحِمَكَ اللهُ أَنَّ للهِ عَلَيْكَ حُقُوقًا مُحِيطَةً بكَ فِي كلِّ حَرَكَةٍ تَحَرَّكْتَهَا، أَوْ سَكَنَةٍ سَكَنْتَهَا، أَوْ مَنْزِلَةٍ نَزَلْتَهَا، أَوْ جَارِحَةٍ قَلَّبْتَهَا وَآلَةٍ تَصَرَّفْتَ بهَا، بَعْضُهَا أَكْبَرُ مِنْ بَعْضٍ. وَأَكْبَرُ حُقُوقِ اللهِ عَلَيْكَ مَا أَوْجَبَهُ لِنَفْسِهِ تَبَارَكَ وَتَعَالَى مِنْ حَقِّهِ الَّذِي هُوَ أَصْلُ الْحُقُوقِ وَمِنْهُ تَفَرَّعَ. ثُمَّ أَوْجَبَهُ عَلَيْكَ لِنَفْسِكَ مِنْ قَرْنِكَ إلَى قَدَمِكَ عَلَى اِختِلافِ جَوَارِحِكَ. فَجَعَلَ ِلِلِسَانِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَلِسَمْعِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وِ لِبَصَرِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَلِيَدِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَلِرِجْلِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَلِبَطْنِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَلِفَرْجِكَ عَلَيْكَ حَقًّا، فَهَذِهِ الْجَوَارِحُ السَّبْعُ الَّتِي بهَا تَكُونُ الأَفْعَالُ. ثُمَّ جَعَلَ عَزَّ وَجَلَّ لأَفْعَالِكَ عَلَيْكَ حُقُوقًا فَجَعَلَ لِصَلاتِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَلِصَوْمِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَلِصَدَقَتِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَلِهَدْيِكَ عَلَيْكَ حَقًّا وَلأَفعَالِكَ عَلَيْكَ حَقًّا. ثُمَّ تَخرُجُ الْحُقُوقُ مِنْكَ إلَى غَيْرِكَ مِنْ ذَوِي الْحُقُوقِ الْوَاجِبةِ عَلَيكَ. وَأَوْجَبُهَا عَلَيْكَ حُقُوقُ أَئِمَّتِكَ ثُمَّ حُقُوقُ رَعِيَّتِكَ ثُمَّ حُقُوقُ رَحِمِكَ. فَهَذِهِ حُقُوقٌ يَتَشَعَّبُ مِنْهَا حُقُوقٌ: فَحُقُوقُ أَئِمَّتِكَ ثَلاثَةٌ أَوْجَبُهَا عَلَيْكَ حَقُّ سَائِسِكَ بالسُّلْطَانِ ثُمَّ سَائِسِكَ بالْعِلْمِ، ثُمَّ حَقُّ سَائِسِكَ بالْمُلْكِ. وَحُقُوقُ رَعِيَّتِكَ ثلاثَةٌ أَوْجَبُهَا عَلَيْكَ حَقُّ رَعِيَّتِكَ بالسُّلْطَان، ثُمَّ حَقُّ رعِيَّتِكَ بالْعِلْمِ، فَإنَّ الْجَاهِلَ رَعِيَّةُ الْعَالِمِ، وَحَقُّ رَعِيَّتِكَ بالْمُلْكِ مِنَ الأَزْوَاجِ وَمَا مَلَكْتَ مِنَ الأَيْمَانِ. وَحُقُوقُ رَحِمِكَ كَثِيرَةٌ مُتَّصِلَةٌ بقَدْرِ اتِّصَالِ الرَّحِمِ فِي الْقَرَابَةِ فَأَوْجَبُهَا عَلَيْكَ حَقُّ أُمِّكَ ثُمَّ حَقُّ أَبيكَ ثُمَّ حَقُّ وَلَدِكَ ثُمَّ حَقُّ أَخِيكَ ثُمَّ الأَقْرَبُ فَالأَقْرَبُ وَالأَوَّلى فَالأَوَّلى. ثُمَّ حَقُّ مَوْلاكَ الْمُنْعِمِ عَلَيْكَ، ثُمَّ حَقُّ مَوْلاكَ الْجَارِيَةُ نِعْمَتُكَ عَلَيْهِ، ثُمَّ حَقُّ ذِي الْمَعْرُوفِ لَدَيْكَ، ثُمَّ حَقُّ مُؤَذِّنُكَ بالصَّلاةِ، ثُمَّ حَقُّ إمَامِكَ فِي صَلاتِكَ، ثُمَّ حَقُّ جَلِيسِكَ، ثُمَّ حَقُّ جَارِكَ، ثُمَّ حَقُّ صَاحِبكَ، غَرِيمِكَ الَّذِي يُطَالِبُكَ، ثُمَّ حَقُّ خَلِيطِكَ، ثُمَّ حَقُّ خَصْمِكَ الْمُدَّعِي عَلَيْكَ، ثُمَّ حَقُّ خَصْمِكَ الَّذِي تَدَّعِي عَلَيْهِ، ثُمَّ حَقُّ مُسْتَشِيرِكَ، ثُمَّ حَقُّ الْمُشِيرِ عَلَيْكَ، ثُمَّ حَقُّ مُسْتَنْصِحِكَ، ثُمَّ حَقُّ النَّاصِحِ لَكَ، ثُمَّ حَقُّ مَنْ هُوَ أَكْبَرُ مِنْكَ، ثُمَّ حَقُّ مَنْ هُوَ أَصْغَرُ مِنْكَ، ثُمَّ حَقُّ سَائِلِكَ، ثُمَّ حَقُّ مَن سَأَلْتَهُ، ثُمَّ حَقُّ مَن جَرَى لَكَ عَلَى يَدَيْهِ مَسَاءَةٌ بقَوْلٍ أَو فِعْلٍ أَوْ مَسَرَّةٍ بذَلِكَ بقَوْلٍ أَوْ فِعْلٍ عَنْ تَعَمُّدٍ مِنْهُ أَوْ غَيْرِ تَعَمُّدٍ مِنْهُ، ثُمَّ حَقُّ أَهْلِ مِلَّتِكَ عَامَّةً ثُمَّ حَقُّ أَهْلِ الذِّمَّةِ، ثُمَّ الْحُقُوقُ الْجَارِيَةُ بقَدْرِ عِلَل الأَحْوَالِ وَتَصَرُّفِ الأَسْبَاب. فَطُوبَى لِمَنْ أَعَانَهُ اللهُ عَلَى قَضَاءِ مَا أَوْجَبَ عَلَيْهِ مِنْ حُقُوقِهِ وَوَفَّقَهُ وَسَدَّدَهُ.
Au nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. Sache — que Dieu te fasse miséricorde — que Dieu a sur toi des droits qui t’entourent dans chaque mouvement que tu exécutes, dans chaque repos où tu te tiens, dans chaque demeure où tu t’installes, dans chaque membre que tu remues et dans chaque instrument que tu utilises ; certains de ces droits sont plus grands que d’autres. Le plus grand des droits de Dieu sur toi est ce qu’Il a prescrit pour Lui-même — béni et exalté soit-Il — de Son droit qui est la source des droits et d’où ils découlent. Ensuite, Il a prescrit sur toi, pour toi-même, de ta tête à tes pieds, selon la diversité de tes membres. Il a donc établi pour ta langue un droit sur toi, pour ton ouïe un droit sur toi, pour ta vue un droit sur toi, pour ta main un droit sur toi, pour ton pied un droit sur toi, pour ton ventre un droit sur toi, et pour ton sexe un droit sur toi : ce sont là les sept membres par lesquels s’accomplissent les actes. Puis Dieu — puissant et glorieux est-Il — a établi pour tes actes des droits sur toi : Il a établi pour ta prière (ṣalāt) un droit sur toi, pour ton jeûne (ṣawm) un droit sur toi, pour ton aumône (ṣadaqa) un droit sur toi, pour ton offrande (hady) un droit sur toi, et pour tes actes un droit sur toi. Ensuite, les droits se déploient de toi vers autrui, parmi ceux qui ont des droits obligatoires sur toi. Les plus impératifs d’entre eux sur toi sont les droits de tes supérieurs (aʾimmatika), puis les droits de tes subordonnés (raʿiyyatika), puis les droits de tes parents par le sang (raḥimika). Ce sont des droits desquels se ramifient d’autres droits : les droits de tes supérieurs sont au nombre de trois : le plus impératif sur toi est le droit de celui qui te gouverne par l’autorité (sulṭān), puis de celui qui te gouverne par le savoir (ʿilm), puis le droit de celui qui te gouverne par la propriété (mulk). Les droits de tes subordonnés sont au nombre de trois : le plus impératif sur toi est le droit de ton subordonné par l’autorité, puis le droit de ton subordonné par le savoir — car l’ignorant est le subordonné du savant — et le droit de ton subordonné par la propriété, parmi les épouses et ce que possèdent tes mains droites (esclaves). Les droits de tes parents par le sang sont nombreux et continus, proportionnellement au degré de parenté ; le plus impératif sur toi est le droit de ta mère, puis le droit de ton père, puis le droit de ton enfant, puis le droit de ton frère, puis le plus proche après le plus proche, et le plus prioritaire après le plus prioritaire. Ensuite, le droit de ton maître bienfaiteur (mawlā al-munʿim) envers toi, puis le droit de ton affranchi sur lequel ta bienfaisance s’étend (mawlā al-jāriya niʿmatuka ʿalayh), puis le droit de celui qui t’a fait du bien (dhī l-maʿrūf ladayka), puis le droit de ton muezzin pour la prière, puis le droit de ton imam dans ta prière, puis le droit de ton compagnon de séance (jalīs), puis le droit de ton voisin (jār), puis le droit de ton compagnon (ṣāḥib), de ton créancier qui te réclame, puis le droit de ton associé (khalīṭ), puis le droit de ton adversaire qui porte plainte contre toi, puis le droit de ton adversaire contre qui tu portes plainte, puis le droit de celui qui te demande conseil (mustashīr), puis le droit de celui qui te conseille (mushīr), puis le droit de celui qui te demande une recommandation (mustanṣiḥ), puis le droit de celui qui te recommande (nāṣiḥ), puis le droit de celui qui est plus âgé que toi, puis le droit de celui qui est plus jeune que toi, puis le droit de celui qui te demande (sāʾil), puis le droit de celui à qui tu demandes, puis le droit de celui par l’intermédiaire duquel il t’arrive un désagrément, en parole ou en acte, ou une joie de même, en parole ou en acte, que ce soit de sa part intentionnellement ou non intentionnellement, puis le droit des gens de ta communauté (ahl millatika) en général, puis le droit des gens du Pacte (ahl al-dhimma, non-musulmans protégés). Ensuite, les droits appliqués [varient] selon les circonstances des situations et les changements des causes. Bienheureux celui que Dieu assiste pour s’acquitter de ce qu’Il a rendu obligatoire comme droits sur lui, qu’Il l’y guide et le rende ferme !

