وأما حق مولاك المنعم عليك فأن تعلم أنه أنفق فيك ماله وأخرجك من ذل الرق ووحشته إلى عز الحرية وانسها، فأطلقك من أسر الملكة، وفك عنك قيد العبودية، وأخرجك من السجن، وملكك نفسك، وفرغك لعبادة ربك وتعلم أنه أولى الخلق بك في حياتك وموتك، وأن نصرته عليك واجبة بنفسك، وما احتاج إليه منك، ولا قوة إلا بالله.
Quant au droit de ton maître bienfaiteur envers toi, c'est que tu saches qu'il a dépensé pour toi de son argent, t'a fait sortir de l'humiliation de l'esclavage et de son oppression vers la dignité de la liberté et sa quiétude, t'a libéré de la captivité de la possession, a dénoué de toi le carcan de la servitude, t'a fait sortir de la prison, t'a rendu maître de toi-même, t'a libéré pour l'adoration de ton Seigneur, et que tu saches qu'il est la créature la plus proche de toi dans ta vie et dans ta mort, et que ton soutien envers lui est un devoir qui incombe à ta propre personne, ainsi que ce dont il a besoin de ta part. Et il n'y a de force que par Dieu.
وأما حق مولاك الذي أنعمت عليه فأن تعلم أن الله عز وجل جعل عتقك له وسيلة إليه وحجابا لك من النار، وأن ثوابك في العاجل ميراثه، إذا لم يكن له رحم مكافأة بما أنفقت من مالك، وفى الأجل الجنة
Quant au droit de ton esclave affranchi (mawlā) que tu as gratifié [de la liberté], [sache] que tu dois connaître qu'Allah — Puissant et Majestueux — a fait de ton affranchissement pour lui un moyen de parvenir à Lui et un voile pour toi contre le Feu. Et que ta récompense, dans l'immédiat, est [le droit à] son héritage, s'il n'a aucun parent par le sang, en contrepartie de ce que tu as dépensé de tes biens ; et, dans l'au-delà, le Paradis.
وَأمّا حَقُّ ذِي المَعْرُوفِ عَلَيكَ فَأَنْ تَشْكُرَهُ وتَذْكُرَ مَعْرُوفَهُ وتَنْشُرَ لَهُ الْمَقَالَةَ الْحَسَنَةَ، وَتُخلِصَ لَهُ الدُّعَاءَ فِيمَا بَينَكَ وبَيْنَ اللَّهِ عز وجل ، فَإنّكَ إذَا فَعَلْتَ ذَلِكَ كُنْتَ قَدْ شَكَرْتَهُ سِرًّا وَعَلانِيَةً. ثُمَّ إنْ قدرت على مكافأته يوماً كافأته.
Quant au droit du bienfaiteur sur toi, c'est que tu lui témoignes ta gratitude, que tu te souviennes de son bienfait, que tu répandes à son sujet une parole élogieuse et que tu Lui adresses sincèrement une invocation dans le secret de ta relation avec Dieu, Puissant et Majestueux. Car si tu agis ainsi, tu l'auras remercié en secret et en public. Ensuite, si tu es en mesure de le récompenser un jour, récompense-le.
وَأمّا حَقُّ الْمُؤَذِّنِ فَأَنْ تَعْلَمَ أنّهُ مُذَكِّرُ لَكَ برَبكَ وداعٍ لك إلى حَظِّكَ وعَونُكَ على قضاء فرض الله عليك، فَاشْكُرْهُ عَلَى ذَلِكَ شُكْرَكَ لِلْمُحْسِنِ إلَيكَ.
Quant au droit du muezzin (muʾadhdhin), sache qu'il est celui qui te rappelle ton Seigneur, t'invite à ta part (de bien) et t'assiste dans l'accomplissement de l'obligation que Dieu t'a imposée. Remercie-le donc pour cela comme tu remercies celui qui te fait du bien.
وحق إمامك في صلاتك فأن تعلم أنه تقلد السفارة فيما بينك وبين ربك عز وجل وتكلم عنك ولم تتكلم عنه ودعا لك ولم تدع له وكفاك هول المقام بين يدي الله عز وجل، فإن كان نقص كان به دونك، وإن كان تماما كنت شريكه، ولم يكن له عليك فضل، فوقى نفسك بنفسه وصلاتك بصلاته فتشكر له على قدر ذلك.
Le droit de ton imam (guide de la prière) dans ta prière est que tu saches qu'il a assumé la fonction d'intercession (sifāra) entre toi et ton Seigneur — Puissant et Majestueux —, qu'il a parlé en ton nom sans que tu aies parlé en son nom, qu'il a invoqué (Allāh) pour toi sans que tu aies invoqué pour lui, et qu'il t'a épargné la terreur de la station devant Allāh — Puissant et Majestueux. Si un manquement survient, il en porte seul la responsabilité sans toi ; et s'il y a perfection, tu en es associé, sans qu'il n'ait sur toi de mérite particulier. Ainsi, il a protégé ta personne par la sienne et ta prière par la sienne. Rends-lui donc grâce à proportion de cela.
وأما حق جليسك فأن تلين له جانبك، وتنصفه في مجاراة اللفظ، ولا تقوم من مجلسك إلا بإذنه، ومن يجلس إليك يجوز له القيام عنك بغير إذنه، وتنسى زلاته وتحفظ خيراته، ولا تسمعه إلا خيرا.
Quant au droit de ton compagnon de séance : que tu te montres doux envers lui, que tu sois équitable envers lui dans l’échange des paroles, que tu ne te lèves de ton siège qu’avec sa permission — quant à celui qui s’assoit près de toi, il lui est permis de se lever de ta compagnie sans ta permission —, que tu oublies ses faux pas et retiennes ses bonnes actions, et que tu ne lui fasses entendre que des propos bienfaisants.
وأما حق جارك فحفظه غائبا وإكرامه شاهدا ونصرته إذا كان مظلوما، ولا تتبع له عورة، فإن علمت عليه سوءا سترته عليه، وإن علمت أنه يقبل نصيحتك نصحته فيما بينك وبينه، ولا تسلمه عند شديدة، وتقيل عثرته، وتغفر ذنبه، وَتُعَاشِرَهُ مُعَاشَرَةً كَرِيمَةً. وَلا قُوَّةَ إلا باللهِ.
Quant au droit de ton voisin : c'est de le préserver en son absence, de l'honorer en sa présence, de le secourir lorsqu'il est opprimé, de ne point épier ses défauts, puis si tu viens à connaître de lui quelque chose de mal, de le couvrir ; si tu sais qu'il accepte ton conseil, de le conseiller en privé entre toi et lui, de ne pas l'abandonner dans l'adversité, de lui pardonner ses faux pas, de lui remettre sa faute, et de te comporter avec lui d'une noble manière. Et il n'y a de force que par Dieu.
وأما حق الصاحب فأن تصحبه بالتفضل والإنصاف، وتكرمه كما يكرمك ولا تدعه يسبق إلى مكرمة، فان سبق كافأته، وتودّه كما يودك، وتزجره عما يهم به من معصية، وكن عليه رحمة ولا تكن عليه عذابا ولا قوة إلا بالله.
Quant au droit du compagnon, il est que tu le traites avec bienveillance et équité, que tu l'honores comme il t'honore, que tu ne le laisses pas te devancer dans un acte de générosité — s'il te devance, tu le lui rends —, que tu l'aimes comme il t'aime, que tu le détournes de tout péché qu'il pourrait méditer, que tu sois pour lui une miséricorde et non un châtiment. Et il n'y a de force que par Dieu.
وأما حق الشريك فإنْ غابَ كَفَيتَهُ، وإن حضر رعيتَهُ، ولا تحكم دون حكمه، ولا تعمل برأيك دون مناظرته، وتحفظ عليه ماله، ولا تخونه فيما عز أو هان من أمره فإن يد الله تبارك وتعالى على أيدي الشريكين ما لم يتخاونا ولا قوة إلا بالله.
Quant au droit de l'associé (sharīk) : s'il est absent, tu assumes sa part ; s'il est présent, tu veilles à ses intérêts. Ne prends aucune décision sans son propre jugement, n'agis pas selon ton avis sans le consulter (munāẓara). Préserve ses biens, ne le trahis pas dans ses affaires, qu'elles soient insignifiantes ou importantes. En effet, la main de Dieu — béni et exalté soit-Il — est sur les mains des deux associés tant qu'ils ne se trahissent pas. Et il n'y a de force que par Dieu.
وأما حق مالك فأن لا تأخذه إلا من حله، ولا تنفقه إلا في وجهه، ولا تؤثر به على نفسك من لا يحمدك، فاعمل فيه بطاعة ربك ولا تبخل به فتبوء بالحسرة و الندامة مع التبعة ولا قوة إلا بالله.
Quant au droit de ta richesse (māl), c'est que tu ne la prennes que de sa source licite (ḥalāl), que tu ne la dépenses que dans sa voie légitime, que tu ne préfères pas à toi-même, dans son usage, celui qui ne te louera pas ; agis donc avec elle en obéissant à ton Seigneur, ne t'en montre pas avare, car tu te chargerais de regret et de remords en même temps que du fardeau (de la responsabilité). Et il n'y a de force qu'en Dieu.
وأما حق غريمك الذي يطالبك فإن كنت موسرا أعطيته وإن كنت معسرا أرضيته بحسن القول ورددته عن نفسك ردا لطيفا.
Quant au droit de ton créancier qui te réclame (son dû) : si tu es aisé, donne-lui (ce qui lui est dû) ; si tu suis dans la gêne, satisfais-le par de belles paroles et éloigne-le de toi avec douceur.
وحق الخليط أن لا تغره ولا تغشه ولا تخدعه وتتقي الله تبارك وتعالى في أمره.
Le droit de l'associé est que tu ne le trompes pas, que tu ne le dupes pas, que tu ne le trahisses pas et que tu craignes Dieu — béni et exalté soit-Il — dans tout ce qui le concerne.
وحق الخصم المدعي عليك، فإن كان ما يدعي عليك حقا كنت شاهده على نفسك، ولم تظلمه وأوفيته حقه، وإن كان ما يدعي به باطلا رفقت به ولم تأت في أمره غير الرفق، ولم تسخط ربك في أمره ولا قوة إلا بالله.
Et le droit de l'adversaire qui porte plainte contre toi : si ce qu'il allègue contre toi est vrai, sois toi-même témoin contre toi-même, ne lui fais pas injustice et acquitte-toi envers lui de son dû ; mais si ce qu'il allègue est faux, use de douceur envers lui, n'agis en son affaire qu'avec douceur, et ne provoque pas la colère de ton Seigneur à son sujet. Il n'y a de force qu'en Dieu.
وحق المستشير إن علمت له رأيا حسنا له رأيا أشرت عليه وإن لم تعلم أرشدته إلى من يعلم.
Le droit de celui qui te demande conseil est que, si tu connais pour lui une opinion bonne, tu lui donnes un avis conforme ; et si tu ne sais pas, tu le guides vers celui qui sait.
وحق الناصح أن تلين له جناحك وتصغي إليه بسمعك، فان أتى بالصواب حمدت الله عز وجل وإن لم وافق رحِمته ولم تتهمه وعلمت أنه أخطأ ولم تؤاخذه بذلك إلا أن يكون مستحقا للتهمة، فلا تعبأ بشيء من أمره على حال ولا قوة إلا بالله.
Le droit du conseiller est que tu lui témoignes de la mansuétude et que tu tends l'oreille à ses propos. S'il apporte la justesse, tu loues Dieu – Puissant et Majestueux – ; s'il ne concorde pas (avec la vérité), tu as de la compassion pour lui, tu ne le soupçonnes pas, tu sais qu'il a commis une erreur et tu ne lui en fais pas grief, à moins qu'il ne mérite d'être suspecté. En ce cas, ne tiens aucun compte de quoi que ce soit de son affaire, en aucune circonstance. Et il n'y a de force que par Dieu.
وحق الكبير توقيره لسنه، وإجلاله لتقدمه في الإسلام قبلك، وترك مقابلته عند الخصام، ولا تسبقه إلى طريق، ولا تتقدمه، ولا تستجهله وإن جهل عليك احتملته وأكرمته لحق الإسلام وحرمته.
Quant au droit de l’aîné, c’est de le révérer pour son âge, de l’honorer pour son antériorité dans l’islam avant toi, d’éviter de lui répondre lors d’une dispute, de ne point le devancer sur un chemin, de ne point le précéder, de ne point le prendre pour ignorant, et s’il se comporte avec ignorance envers toi, tu le supportes et tu l’honores en raison du droit de l’islam et de son caractère sacré.
وحق الصغير رحمته في تعليمه والعفو عنه والستر عليه والرفق به والمعونة له.
Le droit du plus jeune est la miséricorde envers lui dans son éducation, le pardon à son égard, la discrétion sur ses fautes, la douceur avec lui et l'assistance à lui.
وحق السائل إعطاؤه على قدر حاجته.
« Le droit du demandeur est de lui donner selon son besoin. »
وحق المسؤول إن أعطى فاقبل منه بالشكر والمعرفة بفضلة، وإن منع فاقبل عذره.
Le droit de celui à qui l'on demande est : s'il donne, alors accepte de lui avec gratitude et reconnaissance de son mérite ; et s'il refuse, alors accepte son excuse.
وحق من سرك الله تعالى به أن تحمد الله عزوجل أولا ثم تشكره.
Le droit de celui par qui Dieu, qu'Il soit exalté, t'a réjoui est que tu loues Dieu — Puissant et Majestueux — d'abord, puis que tu le remercies.
وحق من ساءك أن تعفو عنه وإن علمت أن العفو يضر انتصرت قال الله تبارك وتعالى "ولمن انتصر من بعد ظلمه فأولئك ما عليهم من سبيل
Et le droit de celui qui t'a offensé est que tu lui pardonnes ; mais si tu sais que le pardon lui nuirait, alors tu te venges. Dieu — béni et exalté soit-Il — dit : « Quiconque se venge après avoir subi une injustice, ceux-là n'ont aucune voie de recours contre eux. »
وحق أهل ملتك إضمار السلامة لهم والرحمة لهم، والرفق بمسيئهم وتألفهم واستصلاحهم، وشكر محسنهم وكف الأذى عنهم، وتحب لهم ما تحب لنفسك، و تكره لهم ما تكره لنفسك، وأن تكون شيوخهم بمنزلة أبيك، وشبابهم بمنزلة اخوتك، وعجائزهم بمنزلة أمك، والصغار بالمنزلة أولادك.
Et le droit des gens de ta communauté est de nourrir envers eux la bienveillance (salāma), la miséricorde (raḥma), la douceur envers leurs pécheurs, de les apprivoiser et de travailler à leur réforme, de remercier leurs bienfaiteurs et de retenir tout tort à leur égard ; d'aimer pour eux ce que tu aimes pour toi-même, et de détester pour eux ce que tu détestes pour toi-même ; et que leurs vieillards soient à tes yeux comme ton père, leurs jeunes comme tes frères, leurs femmes âgées comme ta mère, et leurs petits enfants comme tes propres enfants.
وحق الذمة أن تقبل منهم ما قبل الله عز وجل [منهم] ولا تظلمهم ما وفوا لله عز وجل بعهده
Le droit des dhimmīs (protégés non-musulmans) est que tu acceptes d'eux ce que Dieu — le Tout-Puissant, le Très-Haut — a accepté [d'eux], et que tu ne leur fasses pas d'injustice tant qu'ils restent fidèles à l'alliance de Dieu — le Tout-Puissant, le Très-Haut.