22 - حَدَّثَنا مُحَمَّدِ بْنِ أحْمَد السَنانِي رَضِىَ اللهُ عَنْهُقالَ: حَدَّثَنا مُحَمَّدِ بْنِ أَبي عَبْدِ اللَّه الكُوفِي قالَ: حَدَّثَنا مُحَمَّدِ بْنِ خَلَفِ قالَ حَدَّثَني هرثمة بْنِ أَعْيَنَ قالَ دَخَلْتُ عَلَى سَيِّدِي وَمَوْلايَ يَعْنِي الرِّضَا عَلَيْهِ السَّلامُ فِي دَارِ الْمَأْمُونِ وَكَانَ قَدْ ظَهَرَ فِي دَارِ الْمَأْمُونِ أَنَّ الرِّضَا عَلَيْهِ السَّلامُ قَدْ تُوُفِّيَ وَلَمْ يَصِحَّ هَذَا الْقَوْلُ فَدَخَلْتُ أُرِيدُ الإِذْنَ عَلَيْهِ قَالَ وَكَانَ فِي بَعْضِ ثِقَاتِ خَدَمِ الْمَأْمُونِ غُلامٌ يُقَالُ لَهُ صَبِيحٌ الدَّيْلَمِيُّ وَكَانَ يَتَوَلَّى سَيِّدِي حَقَّ وَلايَتِهِ وَإِذَا صَبِيحٌ قَدْ خَرَجَ فَلَمَّا رَآنِي قَالَ لِي يَا هَرْثَمَةُ أَلَسْتَ تَعْلَمُ أَنِّي ثِقَةُ الْمَأْمُونِ عَلَى سِرِّهِ وَعَلانِيَتِهِ قُلْتُ بَلَى قَالَ اعْلَمْ يَا هَرْثَمَةُ أَنَّ الْمَأْمُونَ دَعَانِي وَثَلاثِينَ غُلاماً مِنْ ثِقَاتِهِ عَلَى سِرِّهِ وَعَلانِيَتِهِ فِي الثُّلُثِ الأَوَّلِ مِنَ اللَّيْلِ فَدَخَلْتُ عَلَيْهِ وَقَدْ صَارَ لَيْلُهُ نَهَاراً مِنْ كَثْرَةِ الشُّمُوعِ وَبَيْنَ يَدَيْهِ سُيُوفٌ مَسْلُولَةٌ مَشْحُوذَةٌ مَسْمُومَةٌ فَدَعَا بِنَا غُلاماً غُلاماً وَأَخَذَ عَلَيْنَا الْعَهْدَ وَالْمِيثَاقَ بِلِسَانِهِ وَلَيْسَ بِحَضْرَتِنَا أَحَدٌ مِنْ خَلْقِ اللَّهِ غَيْرُنَا فَقَالَ لَنَا هَذَا الْعَهْدُ لازِمٌ لَكُمْ أَنَّكُمْ تَفْعَلُونَ مَا أَمَرْتُكُمْ بِهِ وَلا تُخَالِفُوا مِنْهُ شَيْئاً قَالَ فَحَلَفْنَا لَهُ فَقَالَ يَأْخُذُ كُلُّ وَاحِدٍ مِنْكُمْ سَيْفاً بِيَدِهِ وَامْضُوا حَتَّى تَدْخُلُوا عَلَى عَلِيِّ بْنِ مُوسَى الرِّضَا فِي حُجْرَتِهِ فَإِنْ وَجَدْتُمُوهُ قَائِماً أَوْ قَاعِداً أَوْ نَائِماً فَلا تُكَلِّمُوهُ وَضَعُوا أَسْيَافَكُمْ عَلَيْهِ وَاخْلِطُوا لَحْمَهُ وَدَمَهُ وَشَعْرَهُ وَعَظْمَهُ وَمُخَّهُ ثُمَّ اقْلِبُوا عَلَيْهِ بِسَاطَهُ وَامْسَحُوا أَسْيَافَكُمْ بِهِ وَصِيرُوا إِلَيَّ وَقَدْ جَعَلْتُ لِكُلِّ وَاحِدٍ مِنْكُمْ عَلَى هَذَا الْفِعْلِ وَكِتَْمانِهِ عَشْرَ بِدَرِ دَرَاهِمَ وَعَشْرَ ضِيَاعٍ مُنْتَجَبَةٍ وَالْحُظُوظَ عِنْدِي مَا حُيِّيتُ وَبَقِيتُ قَالَ فَأَخَذْنَا الأَسْيَافَ بِأَيْدِينَا وَدَخَلْنَا عَلَيْهِ فِي حُجْرَتِهِ فَوَجَدْنَاهُ مُضْطَجِعاً يُقَلِّبُ طَرَفَ يَدَيْهِ وَيَتَكَلَّمُ بِكَلامٍ لا نَعْرِفُهُ قَالَ فَبَادَرَ الْغِلْمَانُ إِلَيْهِ بِالسُّيُوفِ وَوَضَعْتُ سَيَفِي وَأَنَا قَائِمٌ أَنْظُرُ إِلَيْهِ وَكَأَنَّهُ قَدْ كَانَ عَلِمَ بِمَصِيرِنَا إِلَيْهِ فَلَبِسَ عَلَى بَدَنِهِ مَا لا تَعْمَلُ فِيهِ السُّيُوفُ فَطَوَوْا عَلَيْهِ بِسَاطَهُ وَخَرَجُوا حَتَّى دَخَلُوا عَلَى الْمَأْمُونِ.فَقَالَ مَا صَنَعْتُمْ قَالُوا فَعَلْنَا مَا أَمَرْتَنَا بِهِ يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ قَالَ لا تُعِيدُوا شَيْئاً مِمَّا كَانَ فَلَمَّا كَانَ عِنْدَ تَبَلُّجِ الْفَجْرِ خَرَجَ الْمَـأْمُونُ فَجَلَـسَ مَجْلِـسَهُ مَكْـشُوفَ الرَّأْسِ مُحَلَّـلَ الأَزْرَارِوَأَظْهَرَ وَفَاتَهُ وَقَعَدَ لِلتَّعْزِيَةِ ثُمَّ قَامَ حَافِياً فَمَشَى لِيَنْظُرَ إِلَيْهِ وَأَنَا بَيْنَ يَدَيْهِ فَلَمَّا دَخَلَ عَلَيْهِ حُجْرَتَهُ سَمِعَ هَمْهَمَةً فَأُرْعِدَ ثُمَّ قَالَ مَنْ عِنْدَهُ قُلْتُ لا عِلْمَ لَنَا يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ فَقَالَ أَسْرِعُوا وَانْظُرُوا قَالَ صَبِيحٌ فَأَسْرَعْنَا إِلَى الْبَيْتِ فَإِذَا سَيِّدِيجَالِسٌ فِي مِحْرَابِهِ يُصَلِّي وَيُسَبِّحُ فَقُلْتُ يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ هُوَ ذَا نَرَى شَخْصاً فِي مِحْرَابِهِ يُصَلِّي وَيُسَبِّحُ فَانْتَفَضَ الْمَأْمُونُ وَارْتَعَدَ ثُمَّ قَالَ: غَرَرْتُمُونِي لَعَنَكُمُ اللَّهُ ثُمَّ الْتَفَتَ إِلَيَّ مِنْ بَيْنِ الْجَمَاعَةِ فَقَالَ لِي يَا صَبِيحُ أَنْتَ تَعْرِفُهُ فَانْظُرْ مَنِ الْمُصَلِّي عِنْدَهُ قَالَ صَبِيحٌ فَدَخَلْتُ وَتَوَلَّى الْمَأْمُونُ رَاجِعاً فَلَمَّا صِرْتُ عِنْدَ عَتَبَةِ الْبَابِ قَالَ لِي يَا صَبِيحُ قُلْتُ لَبَّيْكَ يَا مَوْلايَ وَقَدْ سَقَطْتُ لِوَجْهِي فَقَالَ قُمْ يَرْحَمُكَ اللَّهُ يُرِيدُونَ أَنْ يُطْفِؤُا نُورَ اللَّهِ بِأَفْواهِهِمْ وَاللَّهُ مُتِمُّ نُورِهِ وَلَوْ كَرِهَ الْكافِرُونَ قَالَ فَرَجَعْتُ إِلَى الْمَأْمُونِ فَوَجَدْتُ وَجْهَهُ كَقِطَعِ اللَّيْلِ الْمُظْلِمِ فَقَالَ لِي يَا صَبِيحُ مَا وَرَاكَ قُلْتُ لَهُ يَا أَمِيرَ الْمُؤْمِنِينَ هُوَ وَاللَّهِ جَالِسٌ فِي حُجْرَتِهِ وَقَدْ نَادَانِي وَقَالَ لِي كَيْتَ وَكَيْتَ قَالَ فَشَدَّ أَزْرَارَهُ وَأَمَرَ بِرَدِّ أَثْوَابِهِ وَقَالَ قُولُوا إِنَّهُ كَانَ غُشِيَ عَلَيْهِ وَإِنَّهُ قَدْ أَفَاقَ قَالَ هَرْثَمَةُ فَأَكْثَرْتُ لِلَّهِ عَزَّ وَجَلَّ شُكْراً وَحَمْداً ثُمَّ دَخَلْتُ عَلَى سَيِّدِيَ الرِّضَا عَلَيْهِ السَّلامُ فَلَمَّا رَآنِي قَالَ يَا هَرْثَمَةُ لا تُحَدِّثْ بِمَا حَدَّثَكَ بِهِ صَبِيحٌ أَحَداً إِلا مَنِ امْتَحَنَ اللَّهُ قَلْبَهُ لِلإِيمَانِ بِمَحَبَّتِنَا وَوَلايَتِنَا فَقُلْتُ نَعَمْ يَا سَيِّدِي ثُمَّ قَالَ لِي عَلَيْهِ السَّلامُ: يَا هَرْثَمَةُ وَاللَّهِ لا يَضُرُّنَا كَيْدُهُمْ شَيْئاً حَتَّى يَبْلُغَ الْكِتَابُ أَجَلَهُ.
IsnādNous a rapporté Muḥammad b. Aḥmad al-Sanānī — que Dieu l’agrée — : nous a rapporté Muḥammad b. Abī ʿAbd Allāh al-Kūfī : nous a rapporté Muḥammad b. Khalaf : m’a rapporté Harthama b. Aʿyan
Il dit : J’entrai chez mon maître et seigneur — désignant ar-Riḍā, sur lui la paix — dans le palais d’al-Ma’mūn. Or le bruit avait couru dans le palais d’al-Ma’mūn que ar-Riḍā, sur lui la paix, était mort, mais cette parole n’était pas confirmée. J’entrai donc, cherchant à obtenir la permission de le voir. Il dit : Il y avait, parmi les serviteurs de confiance d’al-Ma’mūn, un jeune garçon appelé Ṣabīḥ ad-Daylamī, qui observait envers mon maître la walāya (l’autorité spirituelle) qui lui était due. Voici que Ṣabīḥ sortit, et lorsqu’il me vit, il me dit : Ô Harthama, ne sais-tu pas que je suis l’homme de confiance d’al-Ma’mūn, dans son secret et son public ? Je dis : Certes. Il dit : Sache, ô Harthama, qu’al-Ma’mūn m’a convoqué, moi et trente jeunes gens de ses confidents, dans son secret et son public, au premier tiers de la nuit. J’entrai chez lui alors que sa nuit était devenue comme le jour, à cause de la multitude des cierges, et devant lui se trouvaient des épées dégainées, affûtées et empoisonnées. Il nous appela un par un, et prit de nous un engagement et un pacte par sa propre langue, sans qu’aucune créature de Dieu fût présente avec nous. Il nous dit : Cet engagement vous lie : vous ferez ce que je vous ordonne et n’en transgresserez rien. Nous lui fîmes serment. Il dit : Que chacun de vous prenne une épée en main, et allez jusqu’à entrer chez ʿAlī b. Mūsā ar-Riḍā dans sa chambre. Si vous le trouvez debout, assis ou couché, ne lui parlez pas, posez vos épées sur lui, et mêlez sa chair, son sang, ses cheveux, ses os et sa moelle ; puis retournez son tapis sur lui, essuyez vos épées avec, et revenez à moi. J’ai assigné à chacun de vous, pour cet acte et pour le garder secret, dix badras (bourses) de dirhams, dix domaines fonciers de choix, et les faveurs auprès de moi aussi longtemps que je vivrai et subsisterai. Il dit : Nous prîmes donc les épées en main et entrâmes chez lui dans sa chambre. Nous le trouvâmes couché, tournant le bout de ses mains et prononçant des paroles que nous ne comprenions pas. Il dit : Les jeunes gens se précipitèrent vers lui avec leurs épées, mais je déposai mon épée, restant debout à le regarder. Comme s’il avait su notre venue vers lui, il avait revêtu sur son corps ce sur quoi les épées n’agissent pas. Ils replièrent donc son tapis sur lui et sortirent, jusqu’à entrer chez al-Ma’mūn. Il dit : Qu’avez-vous fait ? Ils dirent : Nous avons fait ce que tu nous as ordonné, ô Commandeur des croyants. Il dit : Ne répétez rien de ce qui s’est passé. Lorsque l’aube pointa, al-Ma’mūn sortit, s’assit à son lieu d’audience, la tête découverte, les boutons de sa tunique défaits, et manifesta sa mort (à lui, ar-Riḍā). Il s’assit pour recevoir les condoléances, puis se leva, marcha pieds nus pour le voir, moi-même devant lui. Lorsqu’il entra dans sa chambre, il entendit un murmure et fut saisi de tremblement. Il dit alors : Qui est auprès de lui ? Je dis : Nous n’en savons rien, ô Commandeur des croyants. Il dit : Hâtez-vous et regardez. Ṣabīḥ dit : Nous nous hâtâmes vers la chambre, et voici que mon maître était assis dans sa niche de prière (miḥrāb), priant et glorifiant (Dieu). Je dis : Ô Commandeur des croyants, voici que nous voyons une personne dans sa niche de prière, priant et glorifiant. Al-Ma’mūn tressaillit et trembla, puis dit : Vous m’avez trompé, que Dieu vous maudisse ! Puis il se tourna vers moi, parmi l’assemblée, et me dit : Ô Ṣabīḥ, toi tu le connais ; regarde qui est celui qui prie auprès de lui. Ṣabīḥ dit : J’entrai, tandis qu’al-Ma’mūn s’en retournait. Lorsque je fus au seuil de la porte, il (ar-Riḍā) me dit : Ô Ṣabīḥ. Je dis : Me voici, ô mon maître, et je tombai sur mon visage. Il dit : Lève-toi, que Dieu te fasse miséricorde. « Ils veulent éteindre la lumière de Dieu par leurs bouches, mais Dieu parachèvera Sa lumière, en dépit de la haine des mécréants » (Coran 61:8). Il dit : Je retournai donc vers al-Ma’mūn et trouvai son visage pareil à des morceaux de nuit obscure. Il me dit : Ô Ṣabīḥ, qu’y a-t-il derrière toi ? Je lui dis : Ô Commandeur des croyants, par Dieu, il est assis dans sa chambre, il m’a appelé et m’a dit telle et telle chose. Il dit : Alors il resserra les boutons de sa tunique, ordonna de remettre ses vêtements, et dit : Dites qu’il avait eu une syncope et qu’il est revenu à lui. Harthama dit : Je multipliai pour Dieu — puissant et majestueux — remerciements et louanges. Puis j’entrai chez mon maître ar-Riḍā — sur lui la paix. Lorsqu’il me vit, il dit : Ô Harthama, ne raconte à personne ce que Ṣabīḥ t’a rapporté, sauf à celui dont Dieu a éprouvé le cœur pour la foi par l’amour de nous et notre walāya (autorité spirituelle). Je dis : Oui, ô mon maître. Puis il me dit — sur lui la paix : Ô Harthama, par Dieu, leurs ruses ne nous nuiront en rien jusqu’à ce que le Livre atteigne son terme.