La place d’al-Mahdi dans la pensée mystique musulmane
Le sujet d’al-Mahdi n’est pas limité à l’école des Ahl-ul-Bayt, que la paix soit sur eux, mais plutôt, il est un pôle d’intérêt dans toutes les écoles de pensée musulmanes. Beaucoup de grands savants musulmans, référés par les nombreuses traditions du Prophète de l’Islam, ont enquêté et ont écrit beaucoup de livres sur ce sujet.
Les mystiques musulmans, basés sur les traditions existantes et leurs points de vue sur l’existence et la création, ont traité la question d’al-Mahdi selon leur propre perspective. Le monothéisme et la connaissance de l’Homme Parfait, étant le véritable monothéiste, sont les bases mêmes de toutes les questions et connaissances du mysticisme. Du point de vue des grands sages parmi les gens d’intuition, l’Homme Parfait est l’essence même de l’ordre de la création et de la conservation du monde et l’espèce humaine est dépendante de son existence.
Les Gens de la Signification affirment que l’Homme Parfait devrait avoir aussi une existence élémentaire parmi tous les âges afin que le monde et l’humain soient maintenus dans la lumière de son existence. Ils ont parlé d’un tel homme dans diverses occasions et sous des noms différents.
Le grand mystique Aziz al-Din Nasafi, dans son livre Al-Insan al-Kamil (« l’Homme Parfait »), écrit : « Maintenant on sait que cet Homme Parfait a beaucoup de noms, y compris Hadi (le guide), al-Mahdi, Imam, Calife (ou Khalifah, successeur), et Sahib al-Zaman (Seigneur du Temps). »
Il ajoute plus loin :
« Cet Homme Parfait a toujours existé dans le monde, et il n’y en a pas plus d’un. Également, si nous personnifions toutes les existences du monde comme une personne, l’Homme Parfait sera le cœur de cette personne ; une créature sans cœur ne peut pas vivre. Par conséquent, l’Homme Parfait existe toujours dans le monde, et il ne peut pas y en avoir plus qu’un. »
Muhyi al-Din ibn Arabi aussi, dans « Le Biseau d’Adam », maintient que le califat est emprisonné dans l’Homme Parfait, et déclare que la « Succession (califat) ne peut pas être vraie sauf pour l’Homme Parfait ». Bien sûr, notons que du point de vue des mystiques, le « Qutb » (le Pôle) dans l’existence du monde est comme l’esprit dans le corps, et Hadi et Mahdi signifie également Qutb.
Sheikh Ali Akbar ibn Assad Allah ibn Amr Allah al-Mawdudi, un célèbre savant indien, dans son Yawaqit (« Émeraudes »), Question 45, raconte que Al-Sharani a dit :
Sheikh Abu al-Hassan al-Shadili, qu’Allah l’agrée, a dit que le « Qutb » ou l’Homme Parfait est décrit en quinze signes. Ceux-ci incluent le fait qu’il devrait être caractérisé par l’infaillibilité, la pitié et la succession, il devrait fortifier les Porteurs du Trône, et la vérité sur l’humilité devrait lui être révélée. Il devrait être également familier à tous les Attributs Divins.
Ensuite, il explique que d’après ceux qui maintiennent à croire qu’à part le Prophète d’autres peuvent être aussi infaillibles, et que ceux qui limitent l’infaillibilité à seulement certaines personnes et le nient à d’autres, se sont éloignés du chemin.
Imam Al-Mahdi du point de vue de Sheikh Muhyi al-Din ibn Arabi
Muhyi al-Din ibn al-Arabi al-Ta’i
Muhyi al-Din ibn al-Arabi al-Ta’i est un mystique sunnite, philosophe et théologien. Il est né à Murcie en Andalousie, s’est installé et est décédé à Damas en 638 A.H. Il a écrit de nombreux livres, dont al-Futuhat al-Makkiyah, Muhadarat al-Abrar, Fusus al-Hikam, al-Tajalliyyat al-Illahiyya, Diwan et bien d’autres.
Paroles sur al-Mahdi dans al-Futuhat
Muhyi al-Din parle de Mahdi dans son Futuhat à diverses occasions. Par exemple, dans le chapitre 366, il écrit :
Sachez que al-Mahdi doit venir, mais il ne viendra pas avant que le monde ne soit rempli d’injustice et d’oppression. Il le remplira de justice et d’équité. Même s’il reste un seul jour au monde, Dieu allongera ce jour jusqu’à ce que ce successeur devienne un Calife.
Généalogie d’al-Mahdi
Al-Mahdi est de la progéniture du Messager de Dieu et des descendants de Fatima, que la paix soit sur elle. Sa lignée est la suivante :
- Son grand-père est ibn al-Hossein ibn Ali Abi Talib.
- Son père est al-Hassan al-Askari, le fils d’Imam Ali al-Naqi.
- Fils d’Imam Mohammad al-Taqi.
- Fils d’Imam Ali al-Rida.
- Fils d’Imam Moussa al-Kazem.
- Fils d’Imam Ja’far al-Sadiq.
- Fils d’Imam Mohammad al-Baqir.
- Fils d’Imam Ali Zayn al-Abidin.
- Fils de l’Imam Hossein.
- Fils de Ali ibn Abi Talib, que la paix soit sur eux.
Caractéristiques d’al-Mahdi
Son nom est le même que le nom du Prophète et les Musulmans lui promettront la fidélité entre Rukn et Maqam. Il ressemble au Prophète et est semblable à lui dans son tempérament. Personne n’est plus proche du tempérament incomparable du Prophète (Coran, al-Qalam : 4) que son éminence.
Les vertus d’al-Mahdi selon al-Manaqib
En outre, Muhyi al-Din dans al-Manaqib (« Les Vertus ») parle des excellences d’al-Mahdi :
Ali est le Secret des Secrets Éminents, l’Âme Cachée des âmes sacrées, l’Échelle des Intellects, la Réalisation des Principes, le Pôle de la meule de l’existence, le Centre du Cercle de Révélation, la Perfection de la Création et l’Origine de la Perfection, la Beauté de tout et la place du Rassemblement de l’existence, la Connaissance Connue et Existante. Les questions tournent autour de lui, lui de qui la naissance est célèbre. Il est parallèle au miroir prophétique, le Vérificateur des apaisants secrets, Lui l’Embellisseur des lumières divines, et Celui qui s’est Nourri dans les voiles Seigneuriaux. Il émane les vérités par son existence, et fend des subtilités par sa révélation. Il est le plus Grand Nom Divin, contenant les modes infinies de la création, le Sans fin, le Plongeur dans l’Océan Miséricordieux, le Roi des Générosités Compatissantes, la Montagne de Manifestation Dévote, le Feu de l’Arbre Corporel, la Loi du grand Allah, l’Objectif Ultime de l’espèce humaine, le Père du Temps, le Maître de l’Âge. Il est le Refuge de la Vérité, l’Organisateur des places cachées et connues de l’ordre, Abu al-Qasim Mohammad ibn al-Hassan, que la paix soit sur lui.
Attributs, vertus et lignée de Son Éminence
Ce qui a été mentionné ici concerne les attributs, les vertus et la lignée de Son Éminence, ainsi qu’une description de son gouvernement au temps de son apparition. Ces éléments sont tirés de récits largement transmis, que l’on trouve dans les traditions enregistrées des écoles de pensée islamiques.
De plus, Ibn Arabi, dans le second volume d’al-Futuhat, explique le sujet mentionné ci-dessus en réponse à quelques questions émises par Al-Hakim al-Tirmidi. Il déclare que le Sceau de sa Sainteté (wilayat) est vivant et qu’il a eu l’honneur d’être en sa présence.
Bien sûr, Ibn Arabi divise le sceau de sainteté en sceau de sainteté générale et sainteté spéciale. Il décrit Jésus comme le Sceau de Sainteté Générale et le Mahdi comme le Sceau de Sainteté Mohammadienne de Sainteté Spéciale. Dans cet article, je n’ai pas l’intention de critiquer ses points de vue ; par conséquent, je réfère le lecteur à Jami‘ al-Asrar (« L’Abrégé des Secrets » de Sayyid Haydar Amouli), qui, en dépit de son profond respect pour Ibn Arabi, critique le dernier discours sur Sa Sainteté.
Il y a des poèmes élégants dans son livre, al-Futuhat al-Makkiyah, expression de son dévouement et de son respect pour le 12e Imam.
Sheikh Mahmoud Shabistari et Sheikh Mohammad Lahiji
Sheikh Mahmoud Shabistari est l’auteur de l’ode mystique Golshan-e Raz (« La Rose des Jardins Secrets »). Ce livre est considéré comme l’un des livres les plus excellents de la mystique, qui ont garanti la célébrité éternelle à son auteur. Beaucoup de commentaires ont décrit le poème, dont le commentaire de Sheikh Mohammad Lahiji, qui est l’un des meilleurs.
Lahiji argumente que les Saints (wali) suivent et obéissent au Prophète, tous dans l’aisance et l’adversité, dans la contraction et l’expansion, les attaques, les luttes et la démonstration d’obéissance dans le chemin. À cause de cela, il est recommandé d’observer tous les commandements (religieux) et de s’abstenir de tout ce qui est défendu, et, dans le respect de la Loi Divine et de la discipline spirituelle, de devenir celui qui partage des secrets avec le Prophète. Depuis que le Prophète a atteint le rang du Bien-aimé, le Saint mouvement venant du rang d’un bien-aimé en qui il a cru suit avec soin le Prophète. Pour l’attribut de l’existence du cher aimé, coulera du Prophète dans les Saints à cause de l’obéissance de ce dernier. Aussi, il accomplira une intimité avec le Prophète, la sainteté et la ferme proximité de Dieu.
C’est comme le Messager de Dieu qui a dit :
« علي مني و أنا منه، خلقت أنا و علي من نور واحد، أنت مني بمنزلة هارون من موسى، إلا أنه لا نبي بعدي »
« Ali m’appartient et j’appartiens à lui. Ali et moi avons été créés d’une seule lumière. Vous (Ali) êtes à moi comme Aaron est à Moïse, excepté qu’il n’y aura aucun Prophète après moi. »
Sheikh Mahmoud Shabistari écrit :
La sainteté suppose plusieurs manifestations, d’après différentes dispositions et capacités à s’étendre, pour qu’elles deviennent innombrables… Le plus haut et la plus parfaite manifestation de cette sainteté paraissent dans la parfaite existence du Sceau des Saints, car il est la manifestation de la sainteté absolue, alors que le repos des saints dans leurs différents rangs dérive de la lumière de la sainteté de la lampe du Sceau des Saints.
Sheikh Mohammad Lahiji, dans son commentaire sur la parole de Mahmoud Shabistari, écrit :
Le Sceau des Saints et la Sainteté Absolue
Le Sceau des Saints est la manifestation de toute sainteté. Il est la perfection de la communauté, comme la perfection de la réalité du cercle a été manifestée dans le dernier point. Le Sceau des Saints est l’Imam Mohammad al-Mahdi, qui a été promis au Prophète, que la paix soit sur lui et sa Maison.
« لو لم يبق من الدنيا إلا يوم لطول الله ذلك اليوم حتى يبعث فيه رجلا مني أو من أهل بيتي يملأ الأرض قسطا و عدلا كما ملئت ظلما و جورا »
« Même s’il ne reste qu’un seul jour du monde, Allah étendra ce jour jusqu’à ce qu’Il envoie un homme de ma progéniture ou de ma Maison. Il remplira le monde de justice et d’équité, comme il a été rempli d’injustice et d’oppression. »
Il affirme plus loin :
« المهدي من عترتي من أولاد فاطمة »
« Al-Mahdi est de ma progéniture, et il est de la descendance de Fatima. »
La Sainteté Solaire et Lunaire
Dans le cercle de la sainteté absolue, qui est manifestée par le Sceau des Saints, les saints sont tous comme les points ou les différents membres du Sceau des Saints. C’est parce que la réalité de la sainteté s’est réalisée par un des attributs de perfection dans chacun des saints, et par tous les attributs (s’est manifestée) dans le dernier point, qui est Mohammad al-Mahdi. Le cercle de la sainteté est manifesté et réalisé dans ce dernier point.
De même que tous les prophètes, que la paix soit sur eux, dérivent la lumière prophétique législative de la lampe prophétique du Sceau des prophètes, de la même façon tous les saints dérivent la lumière de la sainteté et de la perfection du soleil de la sainteté qui appartient au Sceau des Saints. C’est pourquoi la sainteté du Sceau des Saints est appelée la Sainteté Solaire, tandis que la sainteté des autres saints est appelée la Sainteté Lunaire. Car tous les saints prennent la lumière de leur sainteté de la sainteté absolue du Sceau des Saints, comme la lune prend sa lumière du soleil.
Le Sceau des Saints et la Loi Religieuse
Abd al-Razzaq al-Qasani, dans son commentaire sur la parole d’Ibn Arabi, écrit aussi :
Il accentue le fait que, dans les matières de la loi religieuse, le Sceau des Saints peut être un partisan, de même qu’Al-Mahdi, qui viendra à la fin du temps, est un partisan de Mohammad, que la paix soit sur lui, dans les matières de la loi religieuse et dans les champs de la vraie connaissance et des sciences. Tous les Prophètes et saints le suivraient, et cela ne contredirait pas ce que nous avons dit, que son existence intérieure est l’existence intérieure de Mohammad, que la paix soit sur lui.
« إن اسمه اسمي و كنيته كنيتي فله المقام المحمود »
« Son nom est mon nom et son surnom est mon surnom, et il a une place louée. »
La Chevalerie et le Sceau des Saints
Il écrit aussi dans Tuhfat al-Ikhwan fi Khasais al-Fityan (« Le Cadeau des Frères sur les Caractéristiques de la Nuit ») :
De même qu’Adam, l’Élu d’Allah, est le commencement et la manifestation de la prophétie, Abraham, l’Ami d’Allah, est son mât, et Mohammad, le Bien-aimé de Dieu, est son sceau, de même Abraham est le commencement de la chevalerie, Ali, le Commandeur des croyants, est son mât, et Mohammad al-Mahdi, que la paix soit sur lui, est son sceau, et il est le Sceau des Saints.
Comme on le voit clairement, dans ces mots éloquents, la référence est faite à deux points importants au sujet d’Al-Mahdi :
- son existence en tant que Sceau des Saints,
- sa place en relation avec tous les autres messagers de Dieu.
Khwajah Mohammad Parsa – Fasl al-Khitab
Khwajah Mohammad Parsa, dans Fasl al-Khitab (« La Distinction du Discours »), rapporte :
Parce qu’Abu Abd Allah ibn Ja‘far ibn ‘Ali al-Hadi – qu’Allah soit satisfait de lui – et son frère Abu Mohammad al-Hassan al-Askari n’avaient aucun fils, et qu’il a demandé que son frère eût confiance en lui sur l’Imamat des Musulmans, il fut appelé « le menteur ». Abu Mohammad al-Askari introduisit son fils Mohammad – qu’Allah soit satisfait de tous deux – à la digne confiance et au membre dépendant parmi sa Maison et ses compagnons.
Il relate ensuite la tradition de Hakima, la tante de l’Imam al-Askari, au sujet de la naissance de l’Imam du Temps, et conclut :
L’Imam al-Askari m’a dit : « Ô ma tante ! Emmenez cet enfant à sa mère. » Je l’ai rendu à sa mère. L’autre jour, quand je suis venue voir l’Imam al-Askari, j’ai vu l’enfant avec lui, et il était si clair qu’il a ensorcelé mon cœur. J’ai dit : « Mon seigneur ! Est-ce que vous connaissez cet enfant béni ? » Il a dit : « Ma tante ! Il est celui qui devrait être attendu, il est celui à propos de sa venue nous avons donné de bonnes nouvelles. »
Hakima ajoute :
Je me suis prosternée et ai remercié Allah. Alors, quelquefois j’essaie de fréquenter la maison de l’Imam, mais je ne l’ai pas vu. Un jour j’ai dit à l’Imam : « Mon Seigneur ! Qu’avez-vous fait avec mon seigneur, l’Attendu ? » Il a répondu : « Nous avons eu confiance en lui telle la mère de Moïse qui a eu confiance en son fils. »
Il écrit plus loin :
Les traditions à cet égard sont innombrables. Les vertus d’al-Mahdi, le Caché des yeux et le Seigneur du temps, sont nombreuses. Nous avons des récits périodiques qu’il paraîtra, et la lumière de son existence brillera partout ; il ranimera la religion de l’Islam et luttera dans le chemin de Dieu. Ses compagnons sont libres de toute tâche ou défaut ; ils passent leurs jours comme il le fait, et ils atteignent la vérité par son conseil. De plus, le califat et la sainteté se termineront avec lui. Il est l’Imam de la mort de son père au jour de la Résurrection. Jésus se trouvera derrière lui dans les prières et confirmera sa demande ; il appellera des gens à sa religion qui est la religion de l’Islam.
Mawla Jami Noor al-Din Abdul Rahman – Shawahid al-Nubuwwah
Dans Shawahid al-Nubuwwah (« Les Évidences de la Prophétie »), Jami présente le fils d’al-Hassan al-Askari comme le douzième Imam. Décrivant les merveilleux événements de sa naissance et quelques-uns de ses miracles, il déclare qu’il est celui qui remplira le monde de justice et d’équité.
À la fin de son compte rendu sur la vie des Imams infaillibles, il écrit :
Mohammad ibn al-Hassan ibn ‘Ali ibn Mohammad ibn ‘Ali al-Rida – qu’Allah soit satisfait de lui – est le douzième Imam. Son surnom est Abu al-Qasim et ses titres incluent la Preuve, l’Imam Attendu et le Seigneur du Temps.
Arif Abd al-Rahman – Miraat al-Asrar
Arif Abd al-Rahman est un des maîtres du Soufisme et l’auteur de Miraat al-Asrar (« Le Miroir des Secrets »). Comme il est cité dans Kashf al-Astar (« Défaire les Voiles »), il explique ses vues sur le douzième Imam, al-Mahdi le Promis.
La croyance en l'Imam al-Mahdi (que la paix soit sur lui)
Ici, nous affirmons le soleil de la religion et la richesse de ce guide du peuple et du royaume, le successeur pur d’Ahmad, le vrai Imam Abu al-Qasim Mohammad ibn al-Hassan al-Mahdi, qu’Allah soit satisfait de lui. Il est le douzième Imam parmi les Imams de la Maison du Prophète. Sa mère est une esclave (Umm Walad) et son nom est Narguès. Il est né la nuit du jeudi, le quinzième mois de Ramadan, 255 AH, ou, d’après la version donnée dans Shawahid al-Nubuwwah, le 23ème du Ramadan de Samarra en 258 AH. Le nom et le surnom du douzième Imam sont le nom et le surnom du Prophète. Ses titres sacrés sont :
- al-Mahdi
- al-Hujjat (la Preuve)
- al-Qa’im (celui qui se lève)
- al-Muntadar (l’Attendu)
- Seigneur du Temps
- le douzième qui se lève
Au temps de la mort de son père, l’Imam al-Hassan al-Askari, il avait cinq ans, et il est devenu Imam à cet âge, de même que Dieu l’Exalté avait donné à Jean, fils de Zacharie, sagesse et honneur pendant l’enfance, et élevé Jésus le fils de Marie, que la paix soit sur lui, à un haut rang quand il était encore enfant.
Ses miracles sont si nombreux qu’ils ne peuvent pas être comptés dans ce petit espace.
Il fait référence à un récit qui a été raconté par Mulla Abd al-Rahman al-Jami dans Shawahid al-Nubuwwah à travers Hakima, la sœur de l’Imam Ali al-Naqi, la tante de l’Imam al-Hassan al-Askari, et il discute de la naissance de son éminence qui a déjà été couverte.
Sa’ad al-Din Mohammad ibn al-Muayyad al-Hamawi
Il est né en 587 AH et est mort en 650 AH. Il est un mystique iranien qui a été acclamé largement par ses contemporains. Expliquant ses vues sur le Gardien, les saints et l’Imam al-Mahdi, il écrit :
Et au sujet de la religion de Mohammad, il a dit : « Après moi il n’y aura aucun prophète pour appeler les gens à ma religion. Après moi il y aura ceux qui me suivent et sont près de Dieu. Ils sont appelés les saints. Ces saints appelleront les gens à ma religion et à partir de ce temps le terme ’wali’ ou ’gardiens’ a été utilisé dans la religion de Mohammad. Allah, l’Exalté, a choisi douze personnes parmi la communauté de Mohammad, les a rapprochés de Lui, a conféré Sa spéciale sainteté sur eux et les a faits les successeurs de Mohammad. La phrase : « العلماء ورثة الأنبياء » « Les savants sont les héritiers des prophètes » a été dite en relation avec ces douze personnes, et, également, la formulation : « علماء أمتي كأنبياء بني اسرائيل » « Les savants de ma communauté sont comme les prophètes des Israélites ». Cependant, le dernier, qui est le douzième Gardien, est le Sceau des Saints et est appelé al-Mahdi et Seigneur du Temps.
Sheikh Farid al-Din Attar Neishaburi
Sheikh Farid al-Din Attar Neishaburi abu Hamid - ou Abu Talib - Mohammad, fils d’Abu Bakr (est mort en 618 A.H.) est un célèbre mystique hanafite. Il a écrit deux livres en prose et en vers. Son Tadhkirat al-Awliya « Les Biographies des Saints » qui est au sujet de la biographie des mystiques, est compté comme une référence authentique et documentée, et son Mantiq al-Tayr « Le Discours des Oiseaux » est un travail mystique monumental. Dans son Madh-har al-Sifat « La Manifestation des Attributs », il loue le grand Prophète de l’Islam et sa Maison dans des versets, et à la fin il loue le Seigneur du Temps.
Portraits de poètes et savants sunnites en hommage aux Imams
Il est rapporté que ce grand homme littéraire n’a jamais loué aucun roi ou prince de son temps. Dans l’ensemble de ses œuvres, on ne trouve aucun écrit qui fasse l’éloge d’autrui. Pourtant, il composa cet excellent panégyrique en l’honneur des Imams chiites – que la paix soit sur eux. Il composa également d’autres odes remarquables à la louange de l’Imam ‘Ali, le Maître des Vertueux – que la paix soit sur lui.
Mawlana Jalal al-Din al-Balkhi
Jalal al-Din Mohammad Balkhi al-Rumi, connu sous le nom de Mawlawi (mort en 672 A.H.), est un mystique hanafite éminent, poète de génie. Auteur du Mathnawi, il est considéré comme l’un des plus grands mystiques du monde musulman. Son Mathnawi est une mine de sagesse et de connaissance. Son autre œuvre, le Diwan-e Shams, contient ses odes.
Dans son Diwan Shams, Mawlana révèle sa croyance en la position des Imams infaillibles, un par un. Après avoir loué le Commandeur des croyants et ses fils, il composa des vers vivifiants, animé par l’enthousiasme pour l’apparition de l’Imam caché.
Parmi les écrivains et savants sunnites, reconnus principalement comme littéraires plutôt que mystiques, nous pouvons citer :
Haskafi Hanafi
Al-Fadl Yahya ibn Yahya Haskafi est un savant distingué du VIe siècle A.H., mort en 551 A.H. Yaqut al-Hamawi a évoqué sa vie dans Mu‘jam al-Udaba’ (Dictionnaire des hommes de lettres). Haskafi est probablement l’un des premiers à désigner, en langue poétique, l’Imam Mahdi par le nom de « douzième Imam » et comme « ce Mahdi en qui croient les chiites ». Dans une longue ode écrite en arabe éloquent, il déclare la sainteté de l’Ahl al-Bayt et la guidance du douzième Imam, al-Mahdi.
Cette ode a été citée par Ibn al-Jawzi al-Hanafi dans Al-Muntazam (vol. 3, p. 183), par ‘Imad al-Isfahani dans Kharidat al-‘Asr, et par Shams al-Din ibn Tulun dans Al-A’immah al-Ithna ‘Ashar.
Shams al-Din ibn Tulun
Shams al-Din ibn Tulun (mort en 955 A.H.) était un savant sunnite qui se consacra aux sciences littéraires ainsi qu’aux sciences islamiques de son temps. Il jouissait d’un haut rang parmi les savants de Damas et aimait profondément l’infaillibilité et la pureté des membres de la Maison du Prophète. Il écrivit un livre intitulé Al-A’immah al-Ithna ‘Ashar, présentant les personnalités et les modes de vie de la Maison du Prophète, avec des questions complètes sur les douze Imams – que la paix soit sur eux. Cet ouvrage fut édité par le célèbre savant sunnite Salah al-Din al-Munjid (auteur du livre distingué Le Rôle de l’Église dans les Pays Arabes) et publié par Dar al-Sadir à Beyrouth en 1958. Un point intéressant est qu’il mentionne des sujets relatifs à l’Imam promis al-Mahdi, selon des sources sunnites, sous le titre « Nombre 12 ».
Il composa un excellent poème de six vers dans la section finale du livre susmentionné, montrant son amour, sa foi et sa sincérité envers les Douze Imams, exhortant les gens à suivre la Maison du Prophète.
Ahmad Jami (le Sheikh de Jam)
Ahmad Jami (mort en 536 A.H.)
Connu comme Sheikh al-Islam, parfois appelé Jendepeel, le Sheikh de Jam, et le Guide Spirituel de Jam, Ahmad Jami était un grand soufi. Il est, outre un distingué caractère et un célèbre homme sunnite de lettres, celui qui a reconnu la naissance d’al-Mahdi le Promis et croyait qu’il paraîtrait un jour pour améliorer le monde. En outre, Sheikh Jam a accentué la direction des Douze Imams dans une ode élégante.
Fadl ibn Ruzbahan al-Shafi’i
Fadl ibn Ruzbahan al-Shafi’i était originaire de Shiraz et appartenait à l’école shafi’ite et à la trajectoire soufie. Il était connu comme Khwajah Mulla et est mort en 927 A.H. Il a écrit un livre détaillé qui critique le livre d’Allamah Hilli Minhaj al-Karamah, et relevant les questions contre l’Imamat. Cependant, il a composé une ode excellente de quinze vers en l’honneur des Quatorze Infaillibles, envoyant des salutations de paix sur eux au commencement de chaque couplet. À la fin du poème, après avoir envoyé des salutations sur l’Imam al-Mahdi, il a parlé de l’augmentation de l’éclairage du soleil de son Élévation et de la dispersion de la justice au temps de son apparition.
Abd al-Mu’min al-Shabalanji al-Shafi’i
Sayyid Abd al-Mu’min al-Shabalanji al-Shafi’i était un savant égyptien célèbre qui vivait dans la première partie du quatorzième siècle A.H. Il a composé un livre intitulé Nur al-Absar fi Manaqib Al Bayt al-Nabi al-Mukhtar. C’était un savant sunnite qui a mentionné les Douze Imams et fait référence à l’Imam al-Mahdi en particulier.
Ibn Hajar al-Haythami al-Makki al-Shafi’i
Ibn Hajar al-Haythami est un grand savant sunnite qui était habile dans les traditions prophétiques, dont les écritures, telles que les al-Zawa’id Majma’, sont devenues partie des sources traditionnelles. Il a aussi écrit d’importants ouvrages au sujet des personnalités et des vies des Douze Imams.
Al-Qadi al-Shawkani
Il est l’auteur d’al-Fath al-Qadir, Nail al-Awtar et al-Tawdih fi Tawatur ma Jaa fi al-Mahdi al-Muntazar wa al-Dajjal wa al-Masih.
Mustafa Rafi’i
Dr. Mustafa Rafi’i, un savant contemporain sunnite, a compilé un livre intitulé Islamuna concernant les problèmes contemporains des musulmans. Dans son livre, il a complètement enquêté sur la question de l’Imam al-Mahdi, son occultation et son gouvernement.
Conclusion
Les savants qui ont discuté au sujet d’al-Mahdi, écrit dans cet article, qui ont acclamé et célébré des mystiques musulmans, ont tous exprimé leur dévouement, leur loyauté et leur amour envers la sublime place de l’Imam al-Mahdi. Ils ont exprimé leurs attitudes à travers des mots sublimes, comme le grand Sheikh Sa‘ad al-Din Hamuyah a dit :
Al-Mahdi ne paraîtra pas jusqu’à ce que les secrets de l’unité divine soient entendus, déjà mentionnés dans les liens de ses pantoufles.
Tel que mentionné auparavant, ils ont récité des odes et des vers en l’honneur d’al-Mahdi et l’ont appelé le Pôle du Temps, le Gardien de l’Âge, l’Imam du Temps, al-Mahdi, le Guide et le Sceau des Saints, le Secret des Secrets Sublimes, le plus Grand Nom Divin, la plus Grande Loi d’Allah, et à travers le dévoilement et les témoignages (al-kashf et al-shuhud) ils prouvent son existence. Même quelques-uns, comme Ibn Arabi et Sheikh Hasan al-Iraqi, ont demandé qu’ils aient eu l’honneur de rencontrer et d’être avec son éminence.
La généalogie de l’Imam al-Mahdi et l’unanimité des savants
Ils ont aussi décrit clairement la généalogie de son excellence, et presque tous d’entre eux acceptent unanimement qu’al-Mahdi est vivant au temps présent, qu’il est le fils de l’Imam al-Hasan al-Askari, et qu’il est le descendant de l’Imam al-Husayn (que la paix soit sur lui). Ces principes sont professés par les chiites duodécimains presque à l’unanimité.
Quelques grands savants sunnites ont aussi fait référence aux vues des mystiques sur al-Mahdi. Par exemple, Ibn Khaldun, le sociologue célèbre et historien, écrit :
« Les soufis contemporains suivent un autre chemin pour prouver l’existence du Gardien Fatimide. Ils prouvent son existence sur la base du dévoilement et du témoignage, qui est la fondation de leur chemin. Un des soufis contemporains qui a parlé plus que d’autres au sujet de ce Gardien Fatimide est Muhyi al-Din ibn Arabi dans son « Anqa’ al-Maghrib » (« L’Aigle du West ») et Ibn Qissi dans son « Da’ al-Na’layn » (« Retirez vos sandales »). »
Conclusion sur les points de vue sunnites et imâmites
En conclusion, les points de vue des rapporteurs parmi les sunnites au sujet d’al-Mahdi le Promis ne sont pas très différents des points de vue des imâmites. Également, les croyances des partisans de la Maison des Ahl-ul-Bayt dans le respect des vertus, des attributs et de l’absence de son éminence sont aussi admises par les mystiques des autres écoles islamiques.


