حَدَّثَنَا أَبُو بَكْرِ بْنُ أَبِي شَيْبَةَ، وَابْنُ، نُمَيْرٍ وَعَمْرٌو النَّاقِدُ جَمِيعًا عَنِ ابْنِ إِدْرِيسَ، - قَالَ عَمْرٌو حَدَّثَنَا عَبْدُ اللَّهِ بْنُ إِدْرِيسَ الأَوْدِيُّ، - عَنْ هِشَامٍ، عَنِ ابْنِ سِيرِينَ، قَالَ سُئِلَ أَنَسُ بْنُ مَالِكٍ هَلْ خَضَبَ رَسُولُ اللَّهِ صلى الله عليه وسلم قَالَ إِنَّهُ لَمْ يَكُنْ رَأَى مِنَ الشَّيْبِ إِلاَّ - قَالَ ابْنُ إِدْرِيسَ كَأَنَّهُ يُقَلِّلُهُ - وَقَدْ خَضَبَ أَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ بِالْحِنَّاءِ وَالْكَتَمِ .
IsnādAbu al-Yaman a rapporté, Shuʿayb nous a informés, d'après az-Zuhri, qui a dit : ʿAwf ibn Mālik ibn al-Tufayl — (il est fils d'al-Hārith et est apparenté du côté maternel à ʿAïcha, l'épouse du Prophète) — que ʿAïcha a été informée.
On informa ʿAïcha qu'Abd Allāh ibn az-Zubayr avait dit, à propos d'une vente ou d'un don qu'elle lui avait fait : «Par Allāh, tu vas cesser, ʿAïcha» (ou des paroles similaires), et elle demanda : «Est-ce ce qu'il a dit ?» Ils répondirent : «Oui.» Elle dit alors : «C'est pour Allāh un vœu porté sur moi : que je ne parlerai jamais à ibn az-Zubayr.» Ibn az-Zubayr chercha alors à obtenir son intercession auprès d'elle, mais quand la séparation s'éternisa il parla à al-Miswar ibn Makhrama et à ʿAbd ar-Raḥmān ibn al-Aswad ibn ʿAbd Yaghūth, qui sont de Banu Zuhra, et leur dit : «Je vous implore par Allāh, quand vous me ferez entrer auprès de ʿAïcha, dites-lui que ce n'est pas licite pour elle de faire un vœu sur ma tête.» Al-Miswar et ʿAbd ar-Raḥmān vinrent donc, couvert tous deux de leurs manteaux, et demandèrent la permission d'entrer auprès de ʿAïcha en disant : «As-salāmu ʿalayki wa raḥmatu Allāh wa barakātuh, pouvons-nous entrer ?» ʿAïcha répondit : «Entrez.» Ils dirent : «Nous tous ?» Elle dit : «Oui, entrez tous.» Ils ne savaient pas qu'ibn az-Zubayr était avec eux ; lorsqu'ils entrèrent, ibn az-Zubayr pénétra derrière le voile, prit ʿAïcha dans ses bras, la supplia et pleura. Al-Miswar et ʿAbd ar-Raḥmān le supplièrent aussi et lui rappelèrent tout ce qu'elle lui avait dit et ce qu'elle accepta de sa part, et lui dirent : «Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a interdit ce que tu sais au sujet de l'éloignement prolongé ; il n'est pas licite à un musulman d'abandonner son frère plus de trois nuits.» Après qu'ils eurent beaucoup insisté auprès de ʿAïcha par le rappel et la pression, elle se mit à leur rappeler son vœu et pleura en disant : «J'ai fait un vœu, et le vœu est contraignant.» Ils ne cessèrent de la presser jusqu'à ce qu'elle parla à ibn az-Zubayr et qu'elle affranchisse, pour satisfaire son vœu, quarante captifs/esclaves. Par la suite elle évoquait souvent son vœu en pleurant, au point que ses larmes mouillaient son voile.