Vie du Prophète Mohammad ﷺ
La Nakhlah
C'est dans un climat de tensions grandissantes que le Prophète, ayant reçu l'autorisation divine de prendre les armes contre ses ennemis, entreprit d'organiser de petites expéditions parmi ses fidèles compagnons. Ces groupes de partisans, animés par une loyauté indéfectible, avaient pour mission de partir en éclaireurs afin de surveiller de près les activités des Mecquois. Leur attention se portait particulièrement sur le mouvement des caravanes qui quittaient la Mecque ou y retournaient. Bien que le Prophète ait expressément ordonné à chaque groupe d'éviter toute violence inutile, il semblait inévitable que des accrochages surviennent avec les Quraych.
C'est ainsi qu'un petit groupe, composé de huit à douze hommes, fut envoyé à Nakhlah, un lieu stratégique situé entre la Mecque et Tâ'if. Leur mission était de recueillir des informations précieuses sur le passage des caravanes en ce lieu. Cependant, lors de cette mission, ces hommes rencontrèrent quatre Mecquois transportant des raisins secs de Tâ'if à la Mecque. Un affrontement éclata, au cours duquel un noble distingué, nommé 'Amr Ibn 'Abdullâh, trouva la mort. Un autre Mecquois parvint à s'enfuir, tandis que les deux derniers furent capturés indemnes et ramenés au Prophète.
Malheureusement, une erreur de calcul sur la date du jour de l'accrochage fut commise par le groupe. Ils pensaient que cet événement s'était produit le dernier jour de Jamadî II. Cependant, les Mecquois soutenaient que c'était en réalité le premier jour du mois sacré de Rajab, une période durant laquelle toutes formes d'hostilités étaient strictement interdites. Cette action fut alors perçue comme une violation flagrante de l'immunité sacrée accordée à ce mois.
Face à cette situation, le Prophète exprima sa colère envers 'Abdullâh Ibn Johach, le chef du groupe, pour avoir manqué de respect envers ce privilège sacré. En signe de réparation, il dédommagea la famille de la personne tuée. Cependant, le Prophète reçut entre-temps une révélation divine qui tendait à justifier l'action, en raison de l'éloignement forcé des croyants de l'édifice sacré, la Ka'bah, causé par la malveillance des Quraych.
Quant aux deux prisonniers capturés, l'un d'eux, touché par la foi, embrassa l'Islam et choisit de rester à Médine. L'autre, quant à lui, retrouva sa liberté après le paiement d'une rançon. Ainsi se conclut cet épisode complexe et délicat, marqué par des erreurs humaines et des révélations divines.
