Vie du Prophète Mohammad ﷺ
L'Emigration du Prophète
Mohammad, le Prophète de l'Islam, passa trois jours empreints d'incertitude, mais toujours avec une confiance inébranlable et sereine en Dieu. Il se trouvait dans une grotte nichée sur les roches arides de cette région montagneuse et sauvage, en compagnie fidèle d'Abû Bakr. À la fin de ce troisième jour, alors que l'ardeur des poursuivants s'était quelque peu apaisée et que la curiosité effervescente des premiers moments avait commencé à se dissiper, 'Alî parvint à leur fournir des chameaux. Il avait également engagé un guide chargé de les mener à Médine par un sentier peu fréquenté, loin des regards indiscrets.
C'est ainsi que, le soir du lundi 5 Rabî' al-Awwal, correspondant au 21 juin 622 après Jésus-Christ, ils reprirent leur périple. Le deuxième jour de leur voyage, alors qu'ils se sentaient enfin à l'abri du danger d'être pourchassés, ils aperçurent au loin, derrière eux, la silhouette d'un homme qui se rapprochait inexorablement. Cet homme n'était autre que Soraqah Ibn Mâlik, toujours attiré par la récompense promise pour la capture du Prophète, et qui n'avait jamais cessé ses recherches.
À la vue de cet homme, Abû Bakr, pris de panique, s'exclama à nouveau : « Nous sommes perdus ». Mais Mohammad, avec une assurance calme, le réconforta une fois de plus en lui disant : « N'aie pas peur ! Allâh est avec nous ». Le Prophète invoqua alors Dieu pour leur protection. Tandis que leur poursuivant continuait d'avancer, son cheval se cabra soudainement et s'effondra au sol, incapable de bouger. Soraqah, déconcerté et stupéfait, se retrouva sans recours. Convaincu qu'une intervention divine avait eu lieu, il implora le pardon du Prophète, promettant de ne pas le trahir. Le Prophète pria pour lui, et le cheval se releva. Soraqah remonta en selle et fit demi-tour pour retourner à la Mecque.
Libéré de cette menace, Mohammad put poursuivre sa route en longeant le rivage de la mer, le cœur allégé et l'esprit tourné vers l'avenir.
