al-imane

Vie du Prophète Mohammad ﷺ

La Violation du Traité de Hudaybiyyah

En vertu du Traité de Hudaybiyyah, un accord de paix avait été scellé entre le Prophète et les Quraych, stipulant qu'aucune agression ne devait être commise pendant une période de dix ans. Dans ce contexte, les Banû Khozâ'ah s'étaient alliés au Prophète, tandis que les Banû Bakr avaient choisi de soutenir les Quraych. Ces deux tribus, vivant dans des vallées voisines de la Mecque, étaient depuis longtemps en conflit, chacune cherchant à venger les assassinats perpétrés par l'autre.

Cependant, malgré la paix apparente instaurée par le traité, certains notables des Quraych avaient secrètement soutenu leurs alliés des Banû Bakr. Ces derniers, profitant de l'obscurité de la nuit, attaquèrent un campement des Banî Khozâ'ah, qui ne se doutaient de rien, et tuèrent plusieurs de leurs membres. Cet acte de trahison provoqua l'indignation des Khozâ'ites, qui envoyèrent une délégation de quarante hommes auprès du Prophète pour demander justice et punition des meurtriers.

Le Prophète, profondément affecté par cet incident, le considéra comme une violation flagrante du Traité de Hudaybiyyah. Il promit aux Khozâ'ites de défendre leur cause comme s'il s'agissait de la sienne. Lorsque les Quraych apprirent l'arrivée de cette délégation à Médine, ils furent pris de panique. Dans une tentative désespérée de réparer la situation, ils envoyèrent Abû Sufiyân auprès de Mohammad pour restaurer l'accord de paix.

Arrivé à Médine, Abû Sufiyân se rendit d'abord chez sa fille, Om Habîbah, l'une des épouses du Prophète, espérant trouver en elle un soutien. Cependant, il fut rapidement confronté à une humiliation cuisante. En effet, lorsqu'il tenta de s'asseoir sur un tapis dans sa maison, Om Habîbah le retira brusquement en déclarant : « C'est le lit du Prophète de Dieu et il est trop sacré pour être souillé par un idolâtre impur ». Cette réprimande frappa durement Abû Sufiyân, qui quitta les lieux, maudissant sa fille.

Abû Sufiyân se rendit ensuite directement chez le Prophète, cherchant à obtenir son écoute pour rétablir l'accord de paix. Mais le Prophète refusa d'entendre ses explications, laissant Abû Sufiyân sans aucune garantie. Désespéré, il sollicita l'intervention de 'Alî et d'Abû Bakr, mais eux aussi le renvoyèrent sans ménagement. Ne se décourageant pas, il tenta d'obtenir l'appui de Fâtimah, la fille bien-aimée du Prophète et épouse de 'Alî, en la suppliant de faire de son jeune fils al-Hassan son protecteur. Fâtimah lui répondit qu'al-Hassan, âgé d'environ six ans, était bien trop jeune pour accorder une telle protection et ajouta qu'aucune protection ne pouvait être valable contre la volonté du Prophète.

Persistant dans sa quête, Abû Sufiyân retourna voir 'Alî pour obtenir des conseils sur sa mission délicate. 'Alî lui suggéra de proclamer publiquement, au nom des Quraych, leur désir de maintenir des relations amicales et de continuer à bénéficier de sa propre protection en tant que chef des Quraych. Abû Sufiyân suivit ce conseil et se leva dans la cour de la mosquée du Prophète pour proclamer à haute voix ce message. Il retourna ensuite à la Mecque pour rendre compte de ses actions aux Quraych.

Cependant, à son retour, il fut accueilli par le sarcasme et la moquerie des Quraych, qui lui firent remarquer que sa proclamation n'était pas valable sans l'assentiment du Prophète. Ils lui reprochèrent d'avoir été manipulé par 'Alî, le traitant de simple jouet. Abû Sufiyân, conscient de son échec, répliqua qu'il en était bien conscient, mais qu'il ne savait pas quoi faire d'autre pour résoudre cette situation complexe.

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