al-imane

Vie du Prophète Mohammad ﷺ

La Fin de la Bataille

Lorsque la nouvelle se répandit que le Prophète n'avait pas été tué mais seulement blessé, les Musulmans, animés d'un nouvel espoir, commencèrent à se rassembler autour de lui. Les Mecquois, quant à eux, dépourvus du courage nécessaire pour achever leur victoire, se contentèrent de priver Mohammad de la victoire finale. Ils quittèrent alors le champ de bataille, laissant derrière eux un spectacle de désolation, ayant mutilé et profané les corps des Musulmans tombés au combat.

Sur le chemin du retour, les Mecquois firent une halte à Rawha, à treize kilomètres d'Ohod. Abû Sufiyân, leur chef, ressentit une profonde insatisfaction face à l'issue infructueuse de cette campagne. Il envisagea alors de lancer un raid sur Médine pour compenser leur échec. De son côté, le Prophète, toujours vigilant, soupçonna une possible trahison derrière ce retrait précipité de l'ennemi. Il décida donc de prendre des mesures immédiates et mit son armée en marche pour les poursuivre jusqu'à Hamra al-Asad. Le lendemain matin, il apprit que les Mecquois, informés de son avancée, avaient déjà repris leur chemin vers la Mecque.

Durant cette bataille, les Mecquois déplorèrent la perte de vingt-huit hommes, dont douze tombèrent sous l'épée redoutable de 'Alî. Les Musulmans, de leur côté, pleurèrent soixante-dix martyrs. Parmi eux se trouvaient des figures héroïques telles que Hamzah Ibn 'Abdul-Muttalib, Moç'ab Ibn 'Omayr, Sa'd al-Rabî', Ammara Ibn Ziyâd, et Handhalah, fils d'Abû Amir. Ce dernier fut le premier à sortir des rangs mecquois pour charger les Musulmans avec cinquante archers.

Parmi les martyrs musulmans, l'oncle du Prophète, Hamzah Ibn 'Abdul-Muttalib, subit une mutilation post-mortem. Hinda, l'épouse d'Abû Sufiyân, animée par une soif de vengeance pour la mort de son père tué par Hamzah lors de la bataille de Badr, alla jusqu'à arracher et sucer son foie.

Le Prophète, avec une grande tristesse, rassembla les corps de tous les martyrs musulmans, les enterra avec respect et offrit des prières pour chacun d'eux. Il affirma que ces martyrs étaient ses compagnons et qu'il témoignerait de la perfection de leur foi le Jour du Jugement. Abû Bakr, touché par ces paroles, demanda au Prophète s'il était également considéré comme son compagnon. Le Prophète lui répondit affirmativement, ajoutant toutefois : « Mais je ne peux pas voir ce que tu innoveras après moi. »

Après avoir accompli ses devoirs à Ohod en cinq ou six jours, le Prophète retourna à Médine. Là, il fut accueilli par les lamentations des femmes des Banî 'Abdul-Achhal pleurant leurs morts. Le Prophète exprima alors son regret que Hamzah n'eût personne pour pleurer sa mort. Sa'd Ibn Mo'az, touché par ce chagrin, alla chercher les femmes de sa famille et les amena à la maison du Prophète pour qu'elles pleurent la mort de Hamzah. Le Prophète les bénit pour leur compassion. Cet exemple fut suivi par toutes les femmes des Ançâr et des Muhâjirin à Médine, témoignant ainsi de l'amour et du respect qu'elles portaient à Hamzah et à tous les martyrs.

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