al-imane

Vie du Prophète Mohammad ﷺ

La Conduite de 'Âyechah et de Hafçah

Dans la maison du Prophète, les épouses formaient deux groupes distincts. D'un côté, il y avait 'Âyechah et Hafçah, respectivement les filles des éminents compagnons Abû Bakr et 'Omar. De l'autre, se trouvaient toutes les autres épouses. Ces deux femmes, en raison de la position privilégiée de leurs pères auprès du Prophète, cherchaient à exercer une certaine influence sur lui. Parfois, leur comportement envers le Prophète manquait de respect. Elles lui adressaient tant de demandes qu'il lui était impossible de les satisfaire toutes.

Un jour, Abû Bakr et 'Omar rendirent visite au Prophète et le trouvèrent assis parmi ses épouses, l'air triste et sombre. Chacun d'eux réprimanda sa fille pour son comportement. Une autre fois, lors de la distribution du butin d'une guerre, 'Âyechah demanda au Prophète quelque chose qu'il ne pouvait lui accorder en toute justice. Elle insista avec tant de persistance que le Prophète en fut attristé et déprimé. 'Alî tenta de la raisonner, mais elle perdit son sang-froid et lui parla avec une certaine brutalité. Le Prophète, en colère, déclara qu'il répudierait ses épouses dès que 'Alî en exprimerait le désir.

Une révélation divine vint alors condamner cette attitude des femmes du Prophète : « Ô Prophète! Dis à tes épouses: "Si vous désirez la vie de ce monde et son faste, venez: je vous procurerai quelques avantages, puis je vous donnerai un généreux congé ». (Sourate al-Ahzâb, 33:28)

Certaines épouses du Prophète se laissèrent aller à des comportements indignes, adoptant des attitudes qui le tourmentaient. Voici quelques exemples de leurs comportements :

a) Zaynab Bint Johach, l'une des épouses du Prophète, avait reçu en cadeau un peu de miel de bonne qualité. Lorsqu'il se rendit chez elle, elle lui prépara un breuvage qu'il appréciait particulièrement. Cependant, la préparation du miel dilué dans l'eau prenait du temps, ce qui fit que le Prophète resta plus longtemps que prévu chez elle. Cela suscita la jalousie de 'Âyechah. Après avoir consulté les membres de son clan, elle trouva un moyen de discréditer Zaynab. Ainsi, lorsque le Prophète vint chez elle, elle insinua qu'une odeur désagréable de "Maghâfîr" émanait de sa bouche. Le Prophète, incommodé par cette remarque, répondit qu'il n'avait pas mangé de "Maghâfîr" mais seulement bu un breuvage à base de miel. 'Âyechah suggéra alors que les abeilles avaient sucé le jus de la fleur de Maghâfîr, ce qui avait donné ce goût au miel. Lorsqu'il se rendit ensuite chez Hafçah, elle lui fit la même remarque. Le lendemain, Zaynab lui offrit à nouveau le breuvage, mais il refusa de le boire.

b) À peu près à la même époque, il arriva qu'un jour Hafçah se rendit chez son père. En son absence, le Prophète se retrouva avec Marya dans les appartements de Hafçah. Lorsqu'elle rentra chez elle et vit Marya avec le Prophète, elle fut prise d'une violente colère. Pour la calmer, le Prophète lui proposa d'abandonner définitivement Marya.

c) Un troisième exemple concerne un abus de confiance et une divulgation de secret dont Hafçah se rendit coupable vis-à-vis du Prophète. Ce dernier avait pour habitude de présager des événements futurs et de parler des troubles qui surviendraient après sa mort. Un jour, il confia à Hafçah qu'après sa mort, Abû Bakr assumerait le Califat, et qu'après lui, ce serait son père 'Omar qui lui succéderait. Bien que surprise par cette prédiction, Hafçah retint son émotion. Le Prophète lui interdit formellement de divulguer ce secret. Elle accepta, mais dès que le Prophète fut parti, elle se rendit chez 'Âyechah. Elle la félicita d'abord de s'être débarrassée de sa rivale, Marya, puis continua à parler jusqu'à mentionner le secret, contre l'ordre du Prophète.

Après ces incidents, le Prophète reçut les Révélations suivantes : « Ô Prophète! Pourquoi interdis-tu ce que Dieu a rendu licite (c'est-à-dire l'abandon de Marya) en cherchant à satisfaire tes épouses? Dieu est Celui Qui pardonne. IL est Clément. Dieu vous a autorisés à vous libérer de vos serments, Dieu est votre Maître! IL est le Connaisseur, le Sage. Lorsque le Prophète confia un secret (sur le Califat) à l'une de ses épouses (Hafçah), et qu'elle le communiqua à une autre ('Âyechah) et que Dieu en informa le Prophète (de la divulgation du secret), celui-ci en dévoila une partie et garda l'autre cachée. Lorsqu'il l'eut avertie (Hafçah) de son indiscrétion, elle dit: "Qui donc t'as mis au courant?" Il répondit: "Celui Qui sait tout et Qui est bien informé m'en a avisé". (Il vaudrait mieux) "Si toutes les deux (Hafçah et 'Âyechah), vous revenez à Dieu, étant donné que vos cœurs ont déjà dévié (de la droiture), mais si vous vous soutenez mutuellement contre le Prophète, sachez que Dieu est son Maître et qu'il a pour soutien Gabriel et l'homme juste ('Alî) parmi les Croyants et même les anges. Il se peut que, s'il vous (Hafçah et 'Âyechah) répudie, son Seigneur lui donne en échange des épouses meilleures que vous, soumises à Dieu, croyantes, pieuses, repentantes, adoratrices, pratiquant le jeûne; qu'elles aient été déjà mariées ou qu'elles soient vierges ». (Sourate al-Tahrîm, 66:1-5)

Ces versets constituent une véritable menace de répudiation adressée aux femmes du Prophète. On pourrait croire que le Prophète aurait dû répudier effectivement ses épouses indisciplinées, mais il ne le fit pas, par compassion. Il savait qu'une fois répudiées, leur vie aurait été ruinée, car elles n'auraient jamais pu se remarier avec un Musulman.

945 motsRéférences coraniquesRéférences hadithiques