al-imane

Vie du Prophète Mohammad ﷺ

La Délégation de Quraych auprès d'Abû Tâlib

Après la conversion de Hamzah et de 'Omar, un changement notable s'opéra dans la dynamique de la prédication de Mohammad. Le Prophète, fort du soutien de ces deux figures influentes, osa deux fois s'aventurer à prier publiquement avec ses fidèles à la Ka'bah. Désormais, la nécessité de tenir les rassemblements religieux dans le secret, notamment chez al-Arqam, ne s'imposait plus avec la même urgence. L'Islam, dans cette atmosphère de relative ouverture, commença à se répandre de manière assurée parmi les diverses tribus arabes.

Cependant, cette expansion de l'Islam ne manqua pas de susciter l'ire des Quraych, qui, voyant leur influence menacée, décidèrent de changer de stratégie. Ils jugèrent plus avisé de s'adresser directement à Abû Tâlib, l'oncle et protecteur du Prophète, ainsi que le chef respecté de sa famille. Avec une approche empreinte de chaleur, ils le prièrent d'imposer le silence à Mohammad. En cas d'échec, ils lui demandèrent de retirer sa protection. Abû Tâlib, habilement, parvint à les apaiser sans toutefois révéler à Mohammad leurs exigences.

Le Prophète, ignorant de ces tractations, poursuivit sa mission avec la même détermination. Les Quraych, d'abord observateurs, finirent par perdre patience en constatant l'absence de changement dans l'attitude de Mohammad. Ils se rendirent à nouveau, en groupe, chez Abû Tâlib, cette fois avec un ton plus menaçant. Ils exigèrent qu'il convainque son neveu de cesser d'attaquer leurs dieux, ou qu'il le laisse à leur merci.

Face à cette pression, Abû Tâlib convoqua Mohammad pour lui faire part des revendications des Quraych. Il lui suggéra de modérer ses critiques pour éviter un conflit familial. Cependant, Mohammad, fidèle à ses convictions, exprima avec force sa détermination à suivre les Commandements de Dieu jusqu'à la fin de sa vie. Il déclara avec fierté : « Même s'ils mettaient le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche pour me faire abdiquer ma tâche, je ne le ferais pas, et ce jusqu'à ce que Dieu la couronne de succès, ou que je me sacrifie pour elle » ("Abul-Fidâ'").

En entendant ces paroles, Mohammad crut que son oncle envisageait de lui retirer sa protection pour éviter un conflit familial. Il lui confia alors qu'il ne comptait que sur la protection et l'aide de Dieu, le Tout-Puissant, même si Abû Tâlib ne souhaitait plus le défendre. Le cœur lourd, Mohammad se tourna pour partir, mais Abû Tâlib le retint. Sans plus de discussion, il lui promit de le soutenir contre tous ses ennemis et de le défendre jusqu'à sa mort contre toute agression.

Convaincu par la foi inébranlable de son neveu, Abû Tâlib fit comprendre aux Mecquois que Mohammad était véritablement un Messager de Dieu et qu'ils devraient le considérer comme leur dirigeant et guide spirituel. Cette réponse ferme et froide laissa les Mecquois désemparés, incapables de trouver une nouvelle stratégie contre Mohammad et ses adeptes.

Abû Sufiyân, le chef des Omayyades, profita de cette situation pour tenter de discréditer non seulement Mohammad, mais aussi l'ensemble de la lignée de Hâchim, qui, bien que ne partageant pas ses croyances, le protégeait par solidarité clanique. L'hostilité d'Abû Sufiyân n'était pas seulement motivée par une haine personnelle ou des scrupules religieux, mais aussi par une rivalité familiale. Il ambitionnait de transférer à sa propre famille les honneurs de la cité, longtemps détenus par les Hachimites. Selon les témoignages historiques disponibles, c'est à cette époque que l'opposition à la propagation de la Foi de Mohammad atteignit son paroxysme.

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