Vie du Prophète Mohammad ﷺ
La Fermeture des Portes Ouvrant sur le Masjid
Au fil du temps, plusieurs des compagnons du Prophète prirent l'initiative de bâtir leurs demeures à proximité du Masjid, ouvrant leurs portes directement sur la cour sacrée. Mais un jour, une voix résonna, appelant les fidèles : « Ô gens ! Fermez vos portes ouvrant sur le Masjid. » Cette injonction soudaine les surprit. Ils restèrent immobiles, silencieux, hésitant à obéir à cet ordre mystérieux. Cependant, lorsque l'injonction fut répétée, accompagnée d'une menace de Colère Divine pour ceux qui ne s'y conformeraient pas, la peur s'empara d'eux.
Terrifiés par cet avertissement céleste, ils se dirigèrent vers le Prophète, qui se trouvait alors dans son appartement. 'Alî, dont la demeure était séparée des chambres du Prophète par un simple mur depuis son mariage avec Fâtimah, sortit également et se tint aux côtés du Prophète. C'est alors que le Prophète ordonna que toutes les portes ouvrant sur le Masjid soient fermées, à l'exception de la sienne et de celle de 'Alî.
Cette décision provoqua des murmures parmi les fidèles. Le Prophète, voyant leur mécontentement, s'emporta et leur expliqua : « Dieu avait ordonné à Son Prophète Mûsâ de construire un masjid sacré, permettant à lui-même, à Hârûn et à ses deux fils, Chabbar et Chabir, d'y vivre. De même, j'ai reçu l'ordre de construire un masjid sacré où moi, mon frère 'Alî, ainsi que ses deux fils, al-Hassan et al-Hussayn, avons la permission de résider. Je ne fais que suivre les ordres divins. Je n'agis jamais selon mon propre désir. Ce n'est pas moi qui ai décidé de fermer vos portes et de laisser ouverte celle de 'Alî. C'est Dieu qui a accordé à 'Alî une demeure dans le Masjid sacré. »
Suite à cette explication, les compagnons dont les maisons bordaient la cour du Masjid se conformèrent à l'ordre et fermèrent leurs portes. Selon Sa'd, le Prophète aurait déclaré à 'Alî : « Il n'est permis à personne d'autre que moi et toi d'être à la Mosquée sans se soumettre à l'obligation de faire une ablution consciencieuse. » ("History of Califat", p. 175, traduction de M. Jarret d'al-Suyûtî, op. cit.)
'Omar Ibn al-Khattâb, quant à lui, souligna les privilèges de 'Alî en ces termes : « 'Alî est favorisé par trois qualités dont, si je n'avais qu'une seule, elle me serait plus précieuse qu'un cadeau de chameaux de race supérieure. » Lorsqu'on lui demanda de préciser ces qualités, il répondit : « Son mariage avec Fâtimah, la fille du Prophète ; le fait de demeurer dans la cour de la Mosquée, ce qui lui permet ce qui ne m'est pas permis ; et le fait qu'il ait porté l'Étendard le jour de Khaybar. » (Ibid.)
