Vie du Prophète Mohammad ﷺ
Quelques-uns des Miracles les Plus Remarquables
Dans son ouvrage intitulé "Life of Mohammad", W. Irving relate avec une plume captivante comment le Prophète de l'Islam, par sa sagesse et son charisme, parvint à convertir de nombreux individus à la nouvelle religion. Ces convertis, en retournant dans leurs régions respectives, disséminèrent les enseignements qu'ils avaient reçus, semant ainsi les graines de la foi islamique. Parmi eux se trouvaient même des princes et des chefs de tribu, dont l'exemple inspirait leurs partisans à embrasser la nouvelle croyance. Les récits arabes, empreints de légendes, décrivent avec faste la conversion d'un de ces princes, un événement lié à l'un des miracles les plus remarquables attribués à Mohammad.
Le prince en question, Habîb Ibn Mâlik, était surnommé le Sage. Ce titre lui avait été conféré en raison de son immense érudition et de sa connaissance approfondie des sciences et de la magie. Il était réputé pour sa maîtrise des religions, ayant étudié leurs fondements avec une rigueur sans égale. Habîb avait exploré le Judaïsme, le Christianisme et le Zoroastrisme, et avait acquis une compréhension pratique de chacune de ces religions. Selon la légende arabe, il avait eu amplement le temps d'accumuler une telle sagesse, puisqu'il aurait vécu cent quarante ans.
Un jour, Habîb se rendit à La Mecque, à la tête d'une puissante armée de vingt mille hommes. Il était accompagné d'une jeune fille d'une grande beauté, nommée Satihah, pour laquelle il offrit des prières à la Ka'bah. La pauvre enfant était devenue sourde, muette, aveugle et paralysée, et son père espérait qu'un miracle pourrait la guérir.
Les figures influentes de La Mecque, Abû Sufiyân et Abû Jahl, virent dans la présence de ce prince puissant, idolâtre, âgé et sage, une occasion en or pour nuire à Mohammad. Ils informèrent Habîb de l'hérésie du prétendu prophète et le persuadèrent de le convoquer à son campement dans la vallée de "Flints". Ils espéraient que Mohammad, en persistant dans ce qu'ils considéraient comme une erreur, s'attirerait la mort ou le bannissement.
La légende décrit avec éclat la parade des Quraychites idolâtres, fièrement ornés, se rendant à cheval et à pied à cette grande inquisition. Abû Sufiyân et Abû Jahl dirigeaient cette procession, et ils furent accueillis par Habîb le Sage, installé sous une tente de tissu cramoisi, sur un trône d'ébène incrusté d'ivoire et de santal, couvert de plaques d'or.
Mohammad, qui se trouvait chez Khadîjah, reçut alors la convocation pour comparaître devant ce tribunal redoutable. Khadîjah, inquiète, l'avertit avec insistance, tandis que ses filles s'accrochaient à son cou, pleurant et se lamentant, craignant qu'il ne marche vers une mort certaine. Cependant, Mohammad les rassura doucement, leur demandant de placer leur confiance en Allâh.
Contrairement à l'ostentation de ses adversaires, Abû Sufiyân et Abû Jahl, Mohammad se présenta à la scène du procès vêtu simplement. Il portait une longue chemise blanche, un turban noir et un voile d'étoffe d'Aden. Ses cheveux tombaient sur ses épaules, et son visage rayonnait de la mystérieuse lumière de la prophétie. Bien qu'il n'eût pas parfumé sa barbe, sauf avec un peu de musc et de camphre sur sa lèvre supérieure, un doux parfum émanait de sa personne partout où il passait.
Lorsque le Prophète s'approcha, un silence empreint de crainte s'installa dans l'assemblée. Pas un murmure, pas un chuchotement. Même les animaux sauvages semblaient respecter ce silence; les hennissements des chevaux, les cris des chameaux et les braiments des ânes s'étaient tus.
Le vénérable Habîb accueillit gracieusement Mohammad. Sa première question était prête : "Ils disent que tu prétends être envoyé par Dieu. Est-ce ainsi ?" Mohammad répondit avec assurance : "Certainement, Allâh m'a envoyé pour proclamer la Véritable Foi."
Habîb, prudent, répliqua : "Bien. Mais chaque prophète a donné la preuve de sa mission par des signes et des miracles. Noé avait son arc-en-ciel; Salomon, son anneau mystérieux; Abraham, le feu de la fournaise qui devint froid sur son ordre. Ismâ'îl, le bélier qui fut sacrifié à sa place; Moïse, son bâton magique, et 'Issâ ressuscitait les morts et calmait les tempêtes par de simples mots. Donc, si tu es vraiment un prophète, fais-nous un miracle en guise de preuve."
Les partisans de Mohammad tremblèrent de peur pour lui en entendant cette demande, tandis qu'Abû Jahl battait des mains, louant la sagacité de Habîb le Sage. Mais le Prophète le réprimanda avec mépris : "Paix! Chien de ta lignée! Disgrâce de ta famille et de ta tribu!" Puis, avec calme, il se mit à exécuter les désirs de Habîb.
Le premier miracle demandé à Mohammad consistait à révéler ce que Habîb gardait dans sa tente et pourquoi il l'avait amené à La Mecque. Selon la légende, Mohammad se pencha vers le sol et traça des figures sur le sable. Puis, relevant la tête, il répondit : "Ô Habîb! Tu as amené ici ta fille, sourde-muette, estropiée et aveugle, Satihah, dans l'espoir d'obtenir du Ciel qu'elle soit soulagée. Va à ta tente, parle-lui et écoute sa réponse, et sache que Dieu est Tout-Puissant."
Le vieux prince se hâta vers sa tente. Sa fille le reçut d'un pas léger et les bras ouverts, en pleine possession de toutes ses facultés. Ses yeux brillaient de joie, son visage était illuminé d'un sourire, et elle paraissait plus belle que la lune d'une nuit sans nuage.
