Vie du Prophète Mohammad ﷺ
Le Prophète Empêché de Transcrire sa Volonté
C'était un jeudi, peu avant que le Prophète ne quitte ce monde. Une atmosphère lourde régnait dans la chambre où il se trouvait, entouré de plusieurs de ses principaux Compagnons. Allongé sur son lit, le Prophète ressentait l'urgence de transmettre un message crucial. Il demanda qu'on lui apporte de quoi écrire, exprimant son désir avec ces mots : « Apportez-moi du papier et de l'encre afin que je puisse consigner pour vous un document qui vous évitera de retomber dans l'erreur. »
Cependant, 'Omar, l'un de ses Compagnons les plus influents, s'interposa immédiatement, affirmant : « L'homme est en délire. Le Livre de Dieu nous suffit. » Cette déclaration provoqua une division parmi les présents. Certains pensaient qu'il fallait répondre à la demande du Prophète et lui fournir le matériel nécessaire, tandis que d'autres se rangeaient du côté de 'Omar. La discussion s'enflamma, les voix s'élevant de plus en plus fort, au point de perturber le Prophète.
Derrière les rideaux, les femmes présentes, émues par la situation, tentèrent de fournir l'encre et le papier. Mais 'Omar les rabroua sévèrement : « Silence ! Vous êtes comme les femmes de l'histoire de Joseph. Lorsque votre maître tombe malade, vous fondez en larmes et dès qu'il va un peu mieux, vous vous mettez à faire des taquineries. » Ces paroles résonnèrent dans la pièce, mais le Prophète, ayant entendu, intervint : « Ne les grondez pas : elles valent sûrement beaucoup mieux que vous cependant. »
Certaines personnes présentes commencèrent alors à demander au Prophète ce qu'il souhaitait consigner. En réponse, le Prophète, manifestant son mécontentement, récita le verset 2 de la sourate al-Hujurât : « Ô vous les croyants ! N'élevez pas la voix au-dessus de celle du Prophète. Ne lui adressez pas la parole d'une voix haute, comme vous le faites entre vous, de crainte que vos œuvres ne soient vaines, sans que vous vous en doutiez. » (Sourate al-Hujurât, 49:2) Puis, il leur ordonna : « Allez-vous en ! Laissez-moi seul ! Car ma condition présente est meilleure que celle à laquelle vous m'appelez. »
Après un moment de silence, le Prophète reprit la parole pour énoncer trois injonctions importantes : « Faites attention aux trois injonctions suivantes : un, chassez tout Infidèle de la Péninsule ; deux, recevez avec hospitalité les délégations et offrez-leur le repas avec largesse, de la même façon que je le faisais. » Quant à la troisième injonction, elle demeure un mystère, car le narrateur de cet événement l'a soit oubliée, soit omise.
Ibn 'Abbâs, témoin de cet épisode poignant, se lamenta profondément sur la perte irréparable subie par les Musulmans ce jour-là, en raison de l'empêchement du Prophète d'écrire ce qu'il avait à cœur de transmettre pour guider ses adeptes. En se remémorant cet événement, il pleura abondamment, ses joues et sa barbe se mouillant de larmes.
Pendant ce temps, l'état de santé du Prophète se dégradait de jour en jour, et il en était pleinement conscient. Malgré sa maladie, il restait préoccupé par l'expédition de Syrie. Il insistait auprès de ceux qui l'entouraient : « Envoyez rapidement l'armée d'Osâmah. »
