al-imane

Vie du Prophète Mohammad ﷺ

L'Entrée du Prophète à la Mecque

L'armée du Prophète avait reçu l'ordre de se diriger vers la Mecque, et c'est avec une détermination sans faille qu'elle avançait. Arrivé à Thû Towâ, aux abords de la ville sainte, le Prophète, n'ayant rencontré aucune résistance jusqu'à ce point, manifesta sa gratitude envers Dieu. Monté sur son chameau, il s'arrêta pour accomplir la prière, un geste symbolique de remerciement pour le succès de leur progression pacifique.

Dans son ouvrage "Life of Muhammad", à la page 150, W. Irving décrit avec précision cette entrée historique du Prophète dans la Mecque. Conscient de l'incertitude quant à la résistance qu'il pourrait rencontrer, Mohammad avait pris soin de déployer stratégiquement ses forces avant de pénétrer dans la ville. Tandis que le corps principal de l'armée avançait directement vers le cœur de la Mecque, de puissants détachements se déployaient sur les hauteurs environnantes. 'Ali, à la tête d'un important contingent de cavaliers, avait reçu la mission cruciale de porter le drapeau sacré jusqu'à la Montagne de Hajun et de l'y maintenir jusqu'à l'arrivée du Prophète.

Des instructions claires avaient été données à tous les généraux : faire preuve de patience et ne jamais attaquer en premier. Mohammad aspirait à conquérir la Mecque par la modération et la clémence, plutôt que par la violence. Ceux qui choisissaient de résister armés étaient effectivement abattus, mais ceux qui se rendaient pacifiquement étaient épargnés. Lorsque Sa'd b. 'Obâdah, l'un de ses capitaines, dans un excès de zèle, déclara qu'il n'y avait pas de lieu sacré le jour de la bataille, il fut immédiatement remplacé par un commandant plus mesuré.

Le corps principal de l'armée avançait sans violence. Mohammad, vêtu d'une veste écarlate et monté sur son chameau favori, al-Qaswa, suivait à l'arrière-garde. Le mouvement de l'armée était ralenti par la foule immense qui se pressait autour de lui. Parvenu à la Montagne de Hajun, où 'Ali avait planté l'étendard de la foi, une tente fut dressée pour le Prophète. Il descendit de son chameau, ôta sa veste et revêtit le turban noir et le costume de pèlerinage.

Depuis cette hauteur, il observa avec une profonde affliction et indignation les éclats des sabres et des lances. Khâlid, qui commandait l'aile gauche, se trouvait en pleine course de carnage. Ses troupes, composées d'hommes de tribus bédouines nouvellement convertis à l'Islam, avaient été provoquées par une volée de flèches lancée par l'armée de Quraych. Enragé, Khâlid chargea avec sa lance et son sabre le regroupement le plus dense de l'ennemi, suivi de près par ses hommes qui mirent l'adversaire en déroute, traversant pêle-mêle avec eux les portes de la Mecque.

Seuls les appels incessants du Prophète à la modération purent préserver la ville d'un massacre généralisé. Dans cette échauffourée, seuls vingt-huit Mecquois perdirent la vie, témoignant de la volonté de Mohammad de minimiser les pertes humaines et de privilégier la clémence dans cette conquête historique.

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