al-imane

Vie du Prophète Mohammad ﷺ

La Soumission d'Abû Sufiyân

Abû Sufiyân, accompagné de Hâkim, le neveu de Khadîjah, et de Bodayl, un chef de la tribu Khozâ'ite, entreprit une mission de reconnaissance. Leur chemin les mena directement vers Marr al-Zohrân, où ils rencontrèrent 'Abbâs. Ce dernier, animé par un profond attachement pour les habitants de sa ville, s'était éloigné de l'armée avec l'espoir de croiser un voyageur à qui il pourrait confier la lourde tâche d'avertir les Mecquois de l'approche imminente d'une grande armée. Il souhaitait les conseiller de se rendre pour éviter une destruction certaine. Reconnaissant la voix d'Abû Sufiyân, 'Abbâs s'approcha de lui. Abû Sufiyân, visiblement inquiet, demanda à 'Abbâs ce qui se passait sur les hauteurs des montagnes environnantes. 'Abbâs lui révéla que Mohammad campait là avec dix mille partisans, prêts à envahir la ville dès le lendemain matin. Face à ces nouvelles, Abû Sufiyân fut plongé dans une profonde réflexion.

'Abbâs, voyant l'état de son interlocuteur, lui conseilla de se soumettre immédiatement au Prophète. Conscient qu'il n'avait aucune chance de résister à l'avancée de la force musulmane, Abû Sufiyân se résigna à suivre les recommandations de 'Abbâs. Ce dernier le fit monter derrière lui sur son cheval et l'emmena jusqu'au camp, où il informa le Prophète de la visite de cet éminent personnage. Le Prophète ordonna à 'Abbâs de ramener Abû Sufiyân le lendemain matin. Tandis que 'Abbâs se dirigeait vers la tente du Prophète, ils passèrent devant la tente de 'Omar. Celui-ci, apercevant Abû Sufiyân aux côtés de 'Abbâs, se précipita vers eux, déterminé à tuer Abû Sufiyân. Bien que 'Abbâs l'en empêcha en lui rappelant qu'Abû Sufiyân était sous sa protection, 'Omar continua à les suivre, brandissant son épée, jusqu'à ce qu'ils atteignent le Prophète. Ce n'est qu'après avoir entendu le Prophète garantir un refuge à Abû Sufiyân sous la protection de 'Abbâs, à condition qu'il soit ramené le lendemain matin, que 'Omar se retira.

Certains s'étonnèrent de voir 'Omar, qui n'avait jamais tué aucun ennemi sur le champ de bataille, prêt à dégainer son épée pour exécuter un prisonnier. Le lendemain, Abû Sufiyân se présenta à nouveau devant le Prophète, accompagné de 'Abbâs. On lui demanda s'il croyait qu'il n'y a de dieu que l'Unique et Tout-Puissant Dieu. Il répondit par l'affirmative. Mais lorsqu'on lui demanda s'il croyait que Mohammad était le Prophète du Seigneur, Abû Sufiyân hésita, avouant qu'il avait encore des doutes. 'Abbâs, voyant le danger de cette hésitation, lui dit : « Malheur à toi ! Ce n'est pas le moment de faire montre de fierté futile ni d'avoir de scrupules ! Atteste et professe une fois pour toutes et très clairement qu'il n'y a de dieu qu'Allâh et que Mohammad est Son Prophète, sinon ta tête sera séparée de ton corps. » Abû Sufiyân, conscient de la gravité de la situation, s'exécuta immédiatement. Ainsi, le grand dirigeant des Quraych se retrouva aux pieds du Prophète en tant que converti. Dans le même temps, Hâkim et Bodayl embrassèrent également l'Islam.

Le Prophète renvoya rapidement Abû Sufiyân à sa ville pour annoncer aux habitants que quiconque se réfugierait dans sa maison, dans le Sanctuaire de la Ka'bah ou dont les portes resteraient fermées ne serait pas inquiété. Il est aisé de se rappeler les positions extrêmement hostiles qu'Abû Sufiyân avait eues envers l'Islam et son fondateur. Il avait été l'un des pires ennemis du Prophète, n'hésitant pas à attenter à sa vie. Désormais, la Providence le plaçait à la merci du Prophète, qui aurait pu se venger en un seul mot ou ordre, le faisant exécuter ou enchaîner pour servir d'exemple et terrifier les Mecquois. Cependant, le contraste entre les nobles Hâchimites et les Omayyades était manifeste, la magnanimité du Prophète envers son adversaire déchu étant incomparable. Notre noble et bienveillant Prophète Mohammad (Que la Paix soit sur lui et sur ses nobles descendants) non seulement pardonna à Abû Sufiyân, mais il lui permit de rehausser sa position parmi son peuple en lui accordant le privilège de donner refuge à ceux qui le lui demanderaient. Quelle autre attitude pourrait être aussi magnanime ?

Avant qu'Abû Sufiyân ne quitte le camp, les forces musulmanes avaient été placées en rangs. Se tenant aux côtés de 'Abbâs, il observa chaque colonne avec admiration et, impressionné par le spectacle, s'exclama : « Ton neveu est un roi puissant, sans aucun doute ! » 'Abbâs répondit avec un ton de reproche, affirmant qu'il était plus qu'un roi, un Prophète puissant. Ayant reconnu la vérité, Abû Sufiyân retourna rapidement à la Mecque. Là, il proclama à haute voix que Mohammad était aux portes de la ville avec une grande armée, que toute résistance était vaine et que la seule issue raisonnable était une reddition inconditionnelle. Il annonça également que Mohammad avait garanti la sécurité de ceux qui se cloîtreraient dans leurs maisons, se réfugieraient dans le Sanctuaire de la Ka'bah ou dans sa propre maison. Terrifiés, les habitants n'eurent d'autre choix que de suivre son conseil, se précipitant dans toutes les directions pour s'enfermer chez eux ou chercher refuge à la Ka'bah.

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